Le logement, ce fardeau pour les classes moyennes

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La Tribune publie chaque jour des extraits issus des analyses diffusées sur Xerfi Canal. Aujourd'hui, le logement, ce fardeau pour les classes moyennes

 Se loger coûte cher. De plus en plus cher. Pour 38% des Français, les dépenses consacrées au logement sont ainsi devenues trop lourdes, d'après un sondage réalisé par Elabe. En d'autres termes, c'est une charge à laquelle certains ménages ont parfois du mal à faire face. Ce qui confirme bien que l'alourdissement du budget logement est de plus en plus mal vécu par une part croissante de la population, notamment les classes moyennes.

 Près de 200 euros de plus à sortir tous les mois

Mais comment pourrait-il en être autrement ? En douze ans seulement, les prix des logements se sont envolés de 36% dans l'ancien et de 42% dans le neuf. Les loyers ont suivi la même trajectoire avec, notamment en région parisienne, une hausse de 46% à Paris et de 35% environ en banlieue.

Cette envolée des prix de l'immobilier ne serait bien sûr pas un problème si les revenus des ménages avaient suivi la même trajectoire. Or, le revenu disponible brut ajusté par unité de consommation, c'est-à-dire en intégrant les évolutions démographiques et la composition des familles, a seulement progressé de 22%. Et encore, ces données rendent compte de la réalité seulement en partie. Outre le coût stricto sensu du logement, il faut aussi compter l'ensemble des frais liés : dépenses en eau, chauffage, taxe d'habitation, charges de copropriété, etc. Des frais qui ont rapidement pris de l'embonpoint ces dernières années. Bilan : le taux d'effort net en logement, soit le rapport entre les dépenses liées à l'habitation principale et les revenus moyens des ménages nets des aides au logement, est passé de 16% au début des années 2000 à environ 18,5% aujourd'hui, soit une hausse de 2,4 points.

Cela n'a l'air de rien, mais en bout de course c'est près de 190 euros à payer en plus chaque mois ou 2 250 euros par an, l'équivalent de presque deux SMIC mensuels nets.

Les classes moyennes inférieures sont les perdantes de la politique du logement

Et encore, il ne s'agit là que d'une moyenne. En effet, la progression du taux d'effort a été beaucoup plus forte en bas de l'échelle des revenus, c'est-à-dire sur le premier et le deuxième quartile, où se situent les classes populaires et la partie inférieure des classes moyennes. C'est une évidence, les classes moyennes ne sont plus la priorité de la politique du logement, sauf à constater l'échec patent, en particulier pour les strates inférieures qui sont écartelées.

Leur niveau de revenu ne leur permet pas d'avoir accès (ou partiellement) aux aides qui se concentrent sur les moins favorisés, mais ils ne disposent pas non plus des ressources suffisantes pour bénéficier des avantages fiscaux liés aux différents mécanismes mis en place par les gouvernements successifs. Bref, trop « riches » pour profiter des prestations, mais pas assez pour bénéficier des avantages fiscaux.

Quelle leçon en tirer ? C'est simple : le budget logement devient un fardeau pour un nombre croissant de Français. C'est d'autant plus mal vécu que l'augmentation de cette dépense contrainte laisse moins d'espace aux autres. Et c'est sans doute l'une des explications de la morosité des classes moyennes.

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Commentaires
a écrit le 07/04/2017 à 15:17 :
Sauf erreur, si 2,4% du revenu c'est 190€, ça nous fait un revenu moyen a 8k€ net mensuel.
j'aimerais bien la croiser cette "classe moyenne"
a écrit le 07/04/2017 à 14:09 :
Je suis effaré que aucun poliitque (candidat ou pas) ne comprenne pas que le logement est le problème nmr 1 de tous les français. La part dédiée au logement ponctionne une grande partie des revenues des classes moyennes et supérieures. (Je considère même si c' est faux que les logements sociaux vont aux revenus les plus faibles).
Il y urgence a trouver des solutions pour que les français vivent mieux.
1) Pour faire baisser les prix, favoriser les emplois dans les zones ou les prix des logements sont moins élevés. mettre des taxes sur les bureaux dans les zones tendues.
2) mettre les frais de mutation à 0 pour les déménagements de résidence principale d' une zone ITI >>1 vers les zones à faible ITI.
3) Donner un prime pour les déménagements suite à changement d' emploi en région non tendue.
4) taxer très lourdement les agences immobilières au delà de 2% de frais par vente. (qui alimente la spéculation)
5) créer un site Internet pour favoriser les ventes de particulier à particulier avec le suivi de toutes les opérations.
Réponse de le 07/04/2017 à 15:22 :
sacrés Français, qui demandent que les collectivités publiques fassent tout pour eux ! il faut qu'on leur paie/organise le déménagement pour aller là ou les entreprises ne trouvent pas de candidats et ou le coût du logement est faible !
il faudrait aussi probablement que les collectivités paient/organisent le déménagement des entreprises vers les zones moins chères !!!
a écrit le 07/04/2017 à 12:20 :
Certes, les prix de l'immobilier sont insupportables pour un salaire moyen faible, ceux-ci étaient chers dans les années 90, ils se sont ensuite effondrés puis sont à nouveaux devenus chers jusque vers 2010 et stagnent depuis. Mais il ne faut pas oublier que l'immobilier est surtaxé. Si l'on ajoute taxe d'habitation et taxe foncière on arrive dans une ville comme Marseille à l'équivalent de trois mois de loyers. Ensuite les charges d'entretien, de mises aux normes sont de plus en plus élevées, ce qui est normal. Ce n'est pas en considérant les bailleurs comme des rentiers alors que le rendement est plus faible que celui d'une assurance vie, avec plus de risques et en continuant à surtaxer comme le prévoit notre candidat économiste de salon, que l'on résoudra le problème.
a écrit le 07/04/2017 à 9:13 :
Merci beaucoup pour cet article.

Hé oui il serait temps que les classes moyennes bénéficient d'aides au lieu d'être ponctionnés sans arrêt afin d'engraisser les milliardaires et autres multimillionnaires qui eux ne payent pas d'impôts.

Cette inégalitarisme permanent institutionnalisé par le traité constitutionnel européen que nous avions pourtant refusé en 2005 ne va plus pouvoir durer bien longtemps malgré l'entêtement des possédants.
a écrit le 07/04/2017 à 9:01 :
s'il veut parler de fardeau, qu'il s'intéresse au UK.
on construit 375 000 logements (pour 240 000 nouveaux ménages), contre 190 000 au UK, alors que leur croissance démographique est plus importante (du fait de l'immigration).
la France a le 3e parc de logements rapporté à la population et le 2e taux de construction de l'UE (Deloitte Property Index 2016).
le taux de vacance des logements sociaux, y compris le taux structurel (plus de 3 mois), a augmenté depuis 2008.
la France est un des pays européen ou le logement pèse le moins dans le budget des ménages (Crédit Foncier, 11/2016).

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