Le mot de la semaine : atypiques

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Surdoués, intuitifs, curieux... Les talents à multiples potentiels peuvent apporter la créativité dont l'entreprise à besoin. Reste à savoir comment manier ces pépites qui ont, bien sûr, les défauts de leurs qualités.

Enthousiastes, curieux de tout, capables de tout faire, toujours partants, dotés d'une pensée flexible et rapide cernant simultanément tous les aspects d'une problématique... Les fées se sont penchées sur le berceau des profils « atypiques ». Surdouées, ces personnalités intuitives et créatives à potentiel multiple sont aussi qualifiées de « Renaissance soul » (esprits de la Renaissance), de haut quotient intellectuels, de « polymathes », voire de « slasheurs ». Bref, ces belles pépites nagent à contre-courant des hyperspécialistes.D'un côté, ils sont capables de percevoir ce que personne ne peut imaginer, d'avoir cette étincelle qui fait toute la différence et peut sauver l'entreprise. D'un autre côté, ils sont assaillis par le doute et la remise en question permanente, voire en proie à un sentiment d'éternel inachèvement et à d'incessantes sautes d'humeur.

Ils ne sont pas dans la norme. Ils s'ennuient vite et zappent à la vitesse de la lumière d'un sujet à l'autre, d'une entreprise ou d'un métier à l'autre. À l'instar de cette hautboïste (joueuse de hautbois) qui, en douze ans, est devenue ingénieure du son, patronne d'un restaurant puis directrice d'une galerie d'art. Forts de leur hypersensibilité et de leur rapidité à apprendre, à s'adapter à des contextes sans cesse mouvants, ces profils ultrasensibles ont bien sûr les défauts de leurs qualités. Une chose est sûre : les entreprises ont toutes les peines du monde à gérer ces « empêcheurs de tourner en rond »

Des caméléons créatifs rarement pris en compte

Pas étonnant : ce sont avant tout des « personnalités qui sortent de la norme, capables de penser en dehors des clous, de penser autrement », décrit Myriam Ogier, auteure du livre Un cerveau droit au pays des cerveaux gauches. Atypiques, intuitifs et créatifs : trouver sa place quand on ne rentre pas dans le moule (éditions Eyrolles). Les entreprises font rarement la place nécessaire à ces caméléons créatifs dotés d'une vision globale pour qu'ils puissent exprimer à fond leur originalité et leurs potentiels.

On peut parfois comprendre les réticences. « Il y a les atypiques "intéressants" et ceux qui ne le sont pas. Au mieux, l'entreprise cherche le premier en espérant qu'elle tombera sur une mine d'or peu exploitée. Quant à l'atypique bohème qui ne vient au boulot que lorsqu'il lui tombe un oeil, elle ne sait pas l'intégrer, explique Philippe Bloquet, PDG de Peoplespheres, cabinet conseil et éditeur d'une plateforme RH. Le multipotentiel doit donc s'adapter à l'entreprise. À cette dernière de faire en sorte qu'il s'y sente bien. »

Sans forcément être aussi disruptifs que Steve Jobs ou Elon Musk, ces « Think out of the box » sont pourtant un puissant atout pour innover à l'heure de l'intelligence artificielle et de la transformation digitale ou écologique. Il peut alors être intéressant de diversifier les filières de recrutement. Car les atypiques sont partout. « Il faut savoir les écouter et transformer leurs idées en vision, en stratégie de développement pour l'entreprise, reprend Philippe Bloquet, qui a embauché une thésarde en sociologie. Elle réalise des études cognitives comportementalistes. À cet égard, elle pourrait parfaitement, un jour, être à la tête d'un département d'intelligence artificielle. »

Favoriser l'éclosion des talents

Reste à bien encadrer l'atypique pour le conduire à fondre son originalité dans le métal d'un comportement business. Un exercice de management délicat. À commencer par savoir identifier ces profils innovants. Pas toujours évident. Par peur du harcèlement, les multipotentiels se cachent parfois, se coulent dans l'anonymat.

Pis : souvent, ils ignorent la valeur de leur potentiel, par manque d'information, de culture ou de dialogue. Les entreprises ont alors intérêt à développer les valeurs qui favorisent l'éclosion de tous les talents. « Les multipotentiels ne peuvent se révéler que dans l'environnement décloisonné où l'on autorise les gens à proposer et à se tromper, poursuit Philippe Bloquet. Il faut aussi se donner le temps d'un horizon d'au moins un an. » Encore faut-il en avoir les moyens.

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Commentaires
a écrit le 10/09/2019 à 8:52 :
"Surdoués, intuitifs, curieux..."

Ne sert à rien quand on dépend d'un petit, ou grand d'ailleurs, chef belliqueux.

Or en oligarchie c'est la norme ! Un planqué fils de va écarter autant que possible un surdoué qui ne pourra que lui mettre sa médiocrité sous son nez et sous celui des autres.

Impasse !

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