Loi Pacte, profit et réalité : une dure leçon pour Danone
Marc Guyot et Radu Vranceanu
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Marc Guyot et Radu Vranceanu.
Reuters
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Dans le cadre du positionnement en économiquement correct le gouvernement a proposé dans la loi PACTE la création d'entreprises dites à missions. Ces entreprises doivent annoncer une « raison d'être » qui est censée dépasser l'objet d'activité étroit - la production de tel bien ou tel service -, pour poursuivre en complément des objectifs « sociétaux » et « environnementaux ».
Le principe selon lequel les agents économiques agissent conformément à l'intérêt du plus grand nombre et dans un grand souci et une exigence éthique est en soi quelque chose de très positif. C'est une évolution standard de nos sociétés économiquement avancées de se préoccuper de fins supérieures.
Ainsi, de même que des étudiants et des travailleurs peuvent s'engager dans l'économie sociale et solidaire et choisir de gagner moins d'argent pour mener des missions qui les nourrissent à un autre niveau, des actionnaires peuvent être désireux de financer ces entreprises et accepter des rémunérations moindres pour leur capital.
Danone est l'une des premières grandes entreprises françaises à donner le bon exemple. En juin 2020, un vote quasi-unanime de ses actionnaires l'a fait passer d'entreprise « classique » à entreprise à mission. Danone s'engage dorénavant à « apporter la santé par l'alimentation au plus grand nombre », et pour ce faire, va investir pour changer les habitudes alimentaires supposées nocives, préserver la planète, lutter contre le changement climatique et construire le futur.
Sans bien sûr qu'il y ait un lien de causalité, les performances de Danone fléchissent depuis un an et le cours de l'action est passé sur la période de 75 euros à moins de 55 euros en début de semaine, la baisse lente mais continue de Danone se fait à contrecourant du CAC 40.
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Face à cette chute, Danone vient d'annoncer, non pas des licenciements boursiers mais des licenciements tout court, 2.000 au niveau mondial dont 500 en France. Ces licenciements ne sont pas destinés à augmenter le profit mais à réduire les coûts d'au moins 1 milliard d'euro d'ici à 2023. Un calcul de CM2 peut toutefois montrer que la baisse des coûts augmente le profit économique. L'objectif explicite serait d'alléger l'organisation, de robotiser et digitaliser ce qui peut l'être et de renouer avec la croissance du chiffre d'affaire (3-5%) et l'obtention d'une marge opérationnelle de 15%.
Marc Guyot et Radu Vranceanu