Je ne surprendrai personne en disant que je suis passionné d'aviation, mais je ne suis pas non plus dupe devant le besoin impérieux de la rendre compatible avec les enjeux écologiques. L'aéronautique est à mon sens l'une des plus fantastiques avancées dans l'histoire de l'humanité. Au-delà de son rôle fondamental dans les échanges économiques et des millions d'emplois qu'elle a créés, son avènement a eu des bénéfices majeurs sur notre ouverture au monde et nos échanges culturels. Symbole de l'innovation s'il y en a, elle doit continuer à inspirer tous les pionniers qui pourront la faire évoluer.
On ne peut aujourd'hui que constater le déclin dans lequel est plongé ce secteur depuis plus d'un an, combinaison de deux crises successives. Alors même que l'avion était accusé de tous les maux pour son empreinte écologique et que naissait la "honte de prendre l'avion", une pandémie mondiale a cloué au sol la grande majorité des aéronefs, entraînant avec elle une "impossibilité de prendre l'avion". Aujourd'hui l'enjeu n'est autre que la survie du secteur et il faut pour cela revenir à la raison.
L'étude des sources mondiales de CO2 montre que les plus importantes proviennent des moteurs à combustion, des bâtiments mal isolés, des chauffages et climatisations inefficients. Mais l'impuissance à résoudre ces énormes problèmes de façon systémique a poussé certains à se retourner contre des cibles de moindre importance, en cherchant des boucs-émissaires, comme les sapins de Noël et les avions. Au risque de ridiculiser la cause qu'ils veulent défendre.
Quand on parle de trafic aérien, il faut savoir que les émissions de CO2 par passager ont diminué de 80% au cours des 70 dernières années pour ne plus représenter, avant la crise du Covid-19, que 2 à 3% des émissions globales. Moins que le secteur numérique dont les tenants du streaming vidéo ne sont jamais montrés du doigt. Et pourtant l'aviation subit des attaques sans commune mesure avec son impact réel sur le climat. Elle est devenue l'otage d'une idéologie qui prône la décroissance comme seule solution aux enjeux environnementaux et qui déroule un « avion-bashing », un dénigrement, qui frôle le fanatisme, comme pour se donner bonne conscience et oublier qu'on pollue ailleurs.