Les obligations "corporate" : une valeur sûre ?

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Malgré les incertitudes économiques et politiques, les émissions obligataires des entreprises sont particulièrement courues.

Malgré la multiplication des facteurs d'incertitudes économiques et politiques depuis le début de l'année, les émissions d'obligations d'entreprises confirment leur attractivité auprès des gérants. « En mai, environ 23 milliards d'euros ont été émis, ce qui constitue une bonne surprise au regard des tensions sur le marché secondaire liées à la crise de la zone euro, à la période de ?black-out? correspondant à la publication des résultats et des congés », souligne Thibaut Cuillière, responsable de la stratégie crédit chez Natixis. « Le rythme des émissions est reparti à la hausse depuis la mi-avril, en particulier sur le compartiment ?spéculatif? et sur le ?non-noté? », ajoute-t-il. En mai 2010, seulement 3 milliards d'euros avaient été placés dans un environnement rendu particulièrement difficile par l'éclatement de la crise grecque. Mais depuis, l'attractivité du couple rendement/risque des dettes d'entreprises semble de moins en moins remise en cause par les inquiétudes macroéconomiques, y compris sur les segments les plus spéculatifs. Depuis le début de l'année, 71,2 milliards d'euros ont été placés, dont plus de 30 % pour les segments « spéculatifs » et « non-notés ».

Résilience

La semaine dernière, alors que les rumeurs de restructuration de la dette grecque continuaient d'agiter les marchés, Groupe Seb a ainsi reçu plus de 600 millions d'euros de demande et s'est acquitté d'un taux de seulement 4,54 % pour placer 300 millions d'obligations arrivant à maturité en 2016, pourtant non notées par les agences de notation. Noté B?, c'est-à-dire en catégorie hautement spéculative, Rexel a de son côté payé 7 % pour placer 500 millions d'euros de dette à échéance 2018. Affublés d'un solide AA, les 500 millions d'euros de titres à 10 ans émis mardi dernier par l'opérateur ferroviaire allemand Deutsche Bahn ont eux attiré 1 milliard d'ordres, pour un taux d'environ 3,80 %.

Dans un contexte de marché volatil, les marchés obligataires d'entreprises se montrent en outre plus résilients. Évoluant en sens inverse des prix, le taux moyen des obligations d'entreprises est ainsi passé d'environ 3,15 % à 3,37 % depuis le début de l'année, selon les indices Merrill Lynch. « Tout le marché du crédit s'est très bien tenu sur le secondaire malgré les catastrophes naturelles au Japon, les tensions géopolitiques et la hausse des prix de l'énergie, qui risquent de peser sur la croissance. Le crédit aux entreprises en général donne aujourd'hui presque plus confiance aux gérants que les titres d'État », note Jean-Marc Delfieux, gérant obligataire chez Tikehau IM. Un point de vue partagé par Bernard Aybran, directeur général délégué en charge de la multigestion d'Invesco A M. « De plus en plus d'entreprises, notamment en Europe du Sud et au Royaume-Uni, émettent à des taux inférieurs à ceux de leurs pays d'origine. Il s'agit là d'un phénomène nouveau mais qui prend de l'ampleur », explique-t-il.

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