Concours i-Lab : Wizama dans le jeu des 14 grands prix

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De février à octobre 2019, Wizama lancera une opération sur le site de financement participatif Kickstarter, avant un lancement commercial en fin d'année avec un catalogue de dix jeux. Ceux-ci seront des créations originales imaginées par le studio de création de Wizama ou des jeux connus issus d'éditeurs partenaires.
De février à octobre 2019, Wizama lancera une opération sur le site de financement participatif Kickstarter, avant un lancement commercial en fin d'année avec un catalogue de dix jeux. Ceux-ci seront des créations originales imaginées par le studio de création de Wizama ou des jeux connus issus d'éditeurs partenaires. (Crédits : DR)
À l’occasion de ses 20 ans, i-Lab, le concours national d’aide à la création d’entreprises de technologies innovantes, a récompensé le 5 juillet, 64 lauréats. Spécialiste du jeu de société sur console numérique, la jeune pousse rennaise Wizama fait partie des 14 grands prix. Avec six autres entreprises dans le palmarès, le millésime 2018 est un bon cru pour la Bretagne et pour l’incubateur Emergys.

Le refus de sa fillette de 5 ans de jouer à un jeu de société, pour rester le nez sur sa tablette, l'a mis échec et mat sur le coup, mais pas complètement hors jeu. Il a surtout donné à Franck Botta l'envie d'imaginer le moyen technologique de retrouver la convivialité et le plaisir du jeu en famille.

Via la petite structure rennaise Wizama, fondée en mars 2017, l'entrepreneur et ses sept associés et collaborateurs issus de groupes comme Technicolor et Ubisoft, ont développé une console interactive qui combine jeux de société et jeux vidéo. La promesse de cet écosystème connecté et autonome permet à Wizama de gagner quelques belles parties. Déjà lauréate du dernier Start West en avril à Nantes, la jeune pousse fait partie des 14 grands prix du concours d'aide à la création d'entreprises de technologies innovantes, i-Lab 2018, qui a récompensé, le 5 juillet dernier, 64 lauréats.

Outre une subvention pouvant aller jusqu'à 450.000 euros, Wizama va pouvoir passer le tour suivant. L'entreprise, dont le chiffre d'affaires 2017 s'élève à 250.000 euros, se verra accompagnée dans son développement par un parrain-entrepreneur, en vue du lancement de la commercialisation en 2019 de son produit. Dans cette optique, elle cherche à lever 800.000 euros.

Jeux originaux et d'éditeurs tiers

« Cette console vise à recréer du lien en utilisant la technologie et en se positionnant au croisement de deux marchés dynamiques, ceux du  jeu de société et du jeu vidéo », soulignait le président de l'entreprise lors de la journée de rencontre avec des investisseurs Start-up on The Beach, organisée par Le Poool (ex French Tech Rennes Saint-Malo) le 6 juillet à Saint-Malo.

« Composée d'un écran tactile, la console interagit avec des cartes, des pions et des dés connectés, et fait évoluer le jeu de société traditionnel. Elle proposera tout un écosystème intégrant un magasin en ligne de jeux et d'accessoires. »

La console sera vendue au tarif de 399 euros et la commercialisation s'effectuera dans un premier temps sous forme de préventes. De février à octobre 2019, Wizama lancera une opération sur le site de financement participatif Kickstarter, avant un lancement commercial en fin d'année avec un catalogue de dix jeux. Ceux-ci seront des créations originales imaginées par le studio de création de Wizama ou des jeux connus issus d'éditeurs partenaires.

« Les premiers prototypes fabriqués, dont la technologie a été brevetée, ont été testés cette année sur des salons professionnels et grand public tels que le Salon international du jouet à Nuremberg et au festival international du jeu à Cannes. L'accueil a été positif » ajoute Franck Botta.

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Console de jeu Wizama

[« Composée d'un écran tactile, la console interagit avec des cartes, des pions et des dés connectés, et fait évoluer le jeu de société traditionnel », explique Franck Botta, le président de Wizama.]

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Startups accompagnées par Emergys Bretagne

Sur les 383 candidatures reçues, le concours i-Lab a également distingué six autres entreprises bretonnes, toutes issues de l'écosystème rennais, dans les domaines des technologies médicales, du numérique et des logiciels, ou encore de la mécanique et des procédés industriels. ScaleDynamics transforme le cloud ordinaire en supercalculateur, Bialtis a mis au point un alliage à mémoire de forme sans nickel dédié aux dispositifs médicaux, Biosenscy développe un dispositif de suivi des insuffisants respiratoires chroniques

Acklio IoT (Rennes) travaille, de son côté, sur l'amélioration de l'interopérabilité et de la sécurisation des réseaux IoT à longue portée LPWAN (transition énergétique, ville intelligente...).

Présentes à Start-up on the beach, Dilepix donne des yeux aux équipements et robots agricoles en permettant un contrôle, en temps réel, grâce à la vision par ordinateur et l'intelligence artificielle. La société, issue de l'Inria et en recherche de 600.000 euros, vise les coopératives agricoles avec un abonnement de 9.000 euros par an et table sur un chiffre d'affaires de 10 millions d'euros en 2022.

Bialtis (CA 2017 de 179.000 euros) a pour sa part mis au point un alliage à mémoire de forme sans nickel dédié aux dispositifs médicaux et prévoit de lever 5 millions d'euros en vue d'un déploiement à l'international.

Quant à Immersive Therapy, qui développe, en lien avec le CHU de Rennes, une application smartphone destinée aux acouphéniques chroniques, elle livrera son produit baptisé Diapason en 2018 aux professionnels. Le lancement grand public est prévu pour janvier 2019 et un déploiement en Allemagne suivra quelques mois plus tard. Pour cela, l'entreprise envisage de lever un million d'euros.

Toutes ces jeunes pousses lauréates sont soutenues par l'incubateur Emergys, pour lequel « le résultat du concours i-Lab 2018 est un millésime exceptionnel » s'est d'ailleurs félicité dans un tweet Sylvain Coquet, responsable du pôle Entreprise de Rennes Atalante. « La Région Bretagne se place sur la 3e marche du podium », ajoute la technopole.

Porté par la fédération des sept technopoles de Bretagne, Emergys Bretagne soutient l'incubation de jeunes entreprises de technologies innovantes. Il fédère 22 établissements de recherche et d'enseignement supérieur ainsi que des partenaires financiers, des acteurs de l'innovation et des institutionnels. L'incubateur est financé par l'État, les collectivités locales et le Conseil régional de Bretagne.

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Par Pascale Paoli-Lebailly,
correspondante de La Tribune pour la région Bretagne

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