Sécurité des aliments : Kersia veut se renforcer aux États-Unis et en Chine

En moins de quatre ans, Kersia a triplé sa taille et vient d’accueillir IK Investment Partners comme nouvel actionnaire majoritaire. Spécialisé dans la sécurité alimentaire avec des produits destinés à lutter contre les maladies et les contaminations animales et humaines, le groupe dinardais agrège huit entreprises dont Sopura. Rachetée en novembre dernier, cette entreprise belge lui ouvre le marché de l’industrie brassicole et renforce sa perspective de doubler son chiffre d’affaires sous cinq ans.
Le site de Dinard produit des solutions hydroalcooliques fortement demandées en 2020.
Le site de Dinard produit des solutions hydroalcooliques fortement demandées en 2020. (Crédits : Kersia)

Chez Kersia, la crise du Covid-19 a généré un impact inattendu. Elle a doublé l'activité de niche dédiée au secteur de la santé (5% de son chiffre d'affaires) du groupe dinardais spécialisé dans la sécurité alimentaire.

Kersia, dont les produits et les solutions visent à éviter les maladies et les contaminations animales et humaines à toutes les étapes de la chaîne agroalimentaire, pourrait à terme investir davantage dans ce segment. Nettement supérieur aux prévisions de croissance annuelle et porté par les produits d'hygiène, le boom de l'activité en 2020 a compensé les pertes dans le segment de la restauration hors domicile.

Si le groupe fournit par exemple du gel et des solutions hydroalcooliques pour le métro de Montréal, il entend rester, pour les quatre ans à venir, concentré sur son métier principal : celui de la sécurité alimentaire.

Son nouvel actionnaire, arrivé en décembre en lieu et place d'Ardian, l'attend sur cette feuille de route. En prenant 90% des parts du groupe (via un LBO et une montée au capital du management et des salariés), le fonds suédois IK Investment Partners investit dans une structure en plein essor. Constitué depuis 2016 autour de la société Hypred, le groupe, rebaptisé Kersia en 2018, a agrégé sept nouvelles entreprises en quatre ans et triplé sa taille. De 90 millions d'euros de chiffre d'affaires, il est passé en novembre dernier à 375 millions d'euros avec le rachat de Sopura. Six mois après l'acquisition d'Holchem en Grande Bretagne (alimentation, boisson, produits laitiers), l'entreprise belge spécialisée dans l'agroalimentaire lui ouvre aussi le marché de l'industrie brassicole. Aujourd'hui présent dans plus de 120 pays, avec un effectif total de 1.800 personnes (200 recrutements en 2020), Kersia vise un chiffre d'affaires de 600 millions à 700 millions d'euros à horizon 2025.

Investissements dans les biotechnologies et le numérique

« Kersia est né du rachat de la société dinardaise Hypred, ancienne filiale du groupe de fertilisants Roullier, qui a développé une activité de biosécurité, à destination de deux segments, les agriculteurs d'un côté et les industries alimentaires de l'autre », explique Sébastien Bossard, président de Kersia et ancien dirigeant de la filiale Roullier. « Nous construisons un pure player de la sécurité alimentaire, de la fourche à la fourchette. En adressant les marchés de l'agriculture, de l'agro-alimentaire, de la restauration hors domicile et de la purification de l'eau, avec des clients comme l'Unicef ou la Croix Rouge, Kersia couvre l'ensemble du spectre. L'acquisition de Sopura, qui se situe dans le top 3 des fournisseurs de l'industrie brassicole, permet au groupe de se renforcer dans la partie boissons (Beverages) avec et sans alcool, où il était sous-représenté. » La transaction repose aussi sur une complémentarité commerciale et géographique, puisque Sopura offre au groupe une présence en Australie.

 Au fil des acquisitions menées en quatre ans, Kersia a raccordé des segments et s'est déployée à l'international. En 2017, la société allemande Anti-Germ (porc, volaille) lui a ouvert les portes de la Chine et apporté sa technologie de purification de l'eau Aquatabs de Medentech, LCB Food Safety, dans l'Ain, lui a permis de couvrir la désinfection par voie sèche pour l'élevage, G3 au Brésil a ajouté les détergents et les désinfectants pour l'élevage laitier.

« Au quotidien, nous fournissons des solutions pour prévenir la contamination des aliments par des agents pathogènes. Dans l'élevage, la prévention permet d'éviter de passer à l'étape des antibiotiques ou de l'abattage. Pour compléter son expertise et ses moyens de diagnostic, Kersia investit aussi dans les biotechnologies et les outils digitaux. »

En juillet 2019, Kersia a acquis les Laboratoires Choisy, un fabricant canadien de solutions d'hygiène chimiques, biotechnologiques et de biosécurité pour les animaux. En juin 2020, le groupe a pris une participation minoritaire dans la startup hollandaise Connecterra, qui déploie des solutions numériques pour les éleveurs.

Parts de marchés aux États-Unis et en Amérique du Sud

« Notre plan stratégique à cinq ans maintient une croissance organique à un rythme de l'ordre de 6%. La stratégie de croissance externe pour 2021 porte sur le renforcement géographique en termes de segments, de sous-segments et de briques technologiques », ajoute Sébastien Bossard qui juge que les acteurs de l'agriculture ou de l'agroalimentaire sont globalement bien sensibilisés au sujet de la sécurité alimentaire, y compris dans les pays en développement. « Il y a encore des pratiques à développer car le monde des pathogènes évolue sans cesse, de nouvelles salmonelles peuvent par exemple apparaître. Les États-Unis sont un des pays où se produisent encore de nombreux accidents de sécurité des aliments », explique-t-il.

Au travers de ses vingt-quatre implantations, le groupe est présent sur tous les continents, y compris en Amérique, en Asie-Océanie, au Moyen-Orient et en Afrique, avec un socle solide en Europe de l'Ouest. Si les États-Unis apparaissent comme un territoire stratégique pour ses activités, Kersia entend se renforcer aussi en Amérique du Sud, en Asie et en Afrique. Intéressé par l'entreprenariat social, Sébastien Bossard souhaite exporter la sécurité des aliments dans des régions qui n'y ont pas accès.

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Commentaires 3
à écrit le 18/01/2021 à 21:14
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"couillonade" qui coûte un pognon de dingue, alors qu'il suffirait d'aider nos agriculteurs à produire localement ET sainement en quantité suffisante. La Technologie... à en regarder tous les aspects, est elle bien un progrès lorsqu'elle devient aus...

à écrit le 18/01/2021 à 17:57
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Kersia veut aller en Chine ? C'est trop tard. C'était il y a deux ans qu'il fallait y aller, pour peu qu'on croit la fable du pangolin et de la chauve-souris.

à écrit le 18/01/2021 à 8:39
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" Spécialisé dans la sécurité alimentaire avec ses produits destinés à lutter contre les maladies et les contaminations animales et humaines" Ouais c'est comme BAYER et ses "produits de conservation de la plante" hein ? Toujours profondément ...

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