Sécurité des aliments : Kersia veut se renforcer aux États-Unis et en Chine
Pascale Paoli-Lebailly, à Rennes
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Le site de Dinard produit des solutions hydroalcooliques fortement demandées en 2020.
Kersia
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Le site de Dinard produit des solutions hydroalcooliques fortement demandées en 2020.
Kersia
Chez Kersia, la crise du Covid-19 a généré un impact inattendu. Elle a doublé l'activité de niche dédiée au secteur de la santé (5% de son chiffre d'affaires) du groupe dinardais spécialisé dans la sécurité alimentaire.
Kersia, dont les produits et les solutions visent à éviter les maladies et les contaminations animales et humaines à toutes les étapes de la chaîne agroalimentaire, pourrait à terme investir davantage dans ce segment. Nettement supérieur aux prévisions de croissance annuelle et porté par les produits d'hygiène, le boom de l'activité en 2020 a compensé les pertes dans le segment de la restauration hors domicile.
Si le groupe fournit par exemple du gel et des solutions hydroalcooliques pour le métro de Montréal, il entend rester, pour les quatre ans à venir, concentré sur son métier principal : celui de la sécurité alimentaire.
Son nouvel actionnaire, arrivé en décembre en lieu et place d'Ardian, l'attend sur cette feuille de route. En prenant 90% des parts du groupe (via un LBO et une montée au capital du management et des salariés), le fonds suédois IK Investment Partners investit dans une structure en plein essor. Constitué depuis 2016 autour de la société Hypred, le groupe, rebaptisé Kersia en 2018, a agrégé sept nouvelles entreprises en quatre ans et triplé sa taille. De 90 millions d'euros de chiffre d'affaires, il est passé en novembre dernier à 375 millions d'euros avec le rachat de Sopura. Six mois après l'acquisition d'Holchem en Grande Bretagne (alimentation, boisson, produits laitiers), l'entreprise belge spécialisée dans l'agroalimentaire lui ouvre aussi le marché de l'industrie brassicole. Aujourd'hui présent dans plus de 120 pays, avec un effectif total de 1.800 personnes (200 recrutements en 2020), Kersia vise un chiffre d'affaires de 600 millions à 700 millions d'euros à horizon 2025.
« Kersia est né du rachat de la société dinardaise Hypred, ancienne filiale du groupe de fertilisants Roullier, qui a développé une activité de biosécurité, à destination de deux segments, les agriculteurs d'un côté et les industries alimentaires de l'autre », explique Sébastien Bossard, président de Kersia et ancien dirigeant de la filiale Roullier. « Nous construisons un pure player de la sécurité alimentaire, de la fourche à la fourchette. En adressant les marchés de l'agriculture, de l'agro-alimentaire, de la restauration hors domicile et de la purification de l'eau, avec des clients comme l'Unicef ou la Croix Rouge, Kersia couvre l'ensemble du spectre. L'acquisition de Sopura, qui se situe dans le top 3 des fournisseurs de l'industrie brassicole, permet au groupe de se renforcer dans la partie boissons (Beverages) avec et sans alcool, où il était sous-représenté. » La transaction repose aussi sur une complémentarité commerciale et géographique, puisque Sopura offre au groupe une présence en Australie.
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