Plus propre et moins coûteux Depuis 2015, le logisticien Prelocentre, filiale de l'enseigne alimentaire Grand frais basée près d'Orléans dans le Loiret, a équipé ses quelque 80 chariots de manutention de réservoirs à hydrogène. A la clé, une empreinte CO2 de ces engins réduite au minimum et des économies sensibles grâce à l'absence de salle de charge pour les batteries électriques classiques. Première plate-forme européenne fonctionnant entièrement à l'hydrogène, Prelocente réfléchit désormais à s'équiper en interne d'un poids lourd de transferts de marchandises également alimenté par ce biais.
C'est en tablant sur le futur développement exponentiel des camions mais aussi des véhicules de tourisme fonctionnant à l'hydrogène, synonyme de ravitaillement rapide et d'autonomie importante, que la société de moulages industriels Raigi, située en Eure-et-Loir à Rouvray-Saint-Denis, a développé des prototypes d'intérieurs de réservoirs. Six salariés (sur 60) ont été affectés depuis 2019 à la recherche et développement sur ce type de produits au sein de l'entreprise familiale (9 millions d'euros de chiffre d'affaires). Les « liners », en cours d'homologation, viendront équiper les contenants fabriqués par Ullit à Châteauroux dans l'Indre. Le leader mondial des réservoirs pour gaz à haute pression a été racheté l'année dernière par l'équipementier Faurecia.
L'implantation d'Ullit dans l'Indre s'inscrit dans un environnement favorable à l'hydrogène. La métropole de Châteauroux est ainsi la première collectivité (et la seule) de la région Centre Val de Loire à avoir commencé à déployer un véritable écosystème autour du gaz issu des énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, biomasse, hydro-électricité). Son projet de production et de stockage d'hydrogène, réalisé en partenariat avec le département de l'Indre, le Syndicat départemental de l'énergie, et douze entreprises dont Storengy (Engie), a ainsi été déclaré recevable par l'antenne régionale de l'Agence de la transition numérique (Ademe), suite à son dernier appel à projet national lancé fin 2019. A la clé, un financement de quatre millions d'euros sur les 17 millions représentant le coût total du chantier. Le Conseil régional prendra aussi 1,7 million d'euros à sa charge. Les travaux comprennent l'installation en 2021 d'une station de production et d'une autre installation de distribution à Châteauroux. Opérationnel en 2022, le dispositif alimentera les 98 véhicules des collectivités participantes ainsi que six bus de la métropole. A partir de 2024, il sera ouvert aux autres collectivités et entreprises du département. Les poids lourds en transit dans l'Indre pourront aussi s'approvisionner dans les stations.