Engie et ArianeGroup s'unissent sur un projet de bateau à hydrogène

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(Crédits : CHARLES PLATIAU)
Les deux industriels ont signé un accord pour présenter un premier bateau d'ici 2025. L'hydrogène doit être produit avec de l'électricité renouvelable, plus cher que l'hydrogène d'origine fossile.

Les groupes spatial ArianeGroup et énergétique Engie ont annoncé jeudi un partenariat dans le domaine de l'hydrogène liquide d'origine renouvelable, qui doit se traduire dans un premier temps par la construction d'un liquéfacteur à Vernon (Eure).

Les partenaires vont ainsi développer ce projet sur ce site industriel d'ArianeGroup, qui utilise déjà de l'hydrogène pour la propulsion de ses lanceurs spatiaux Ariane, ont expliqué les dirigeants des deux entreprises lors d'une conférence de presse.

Vernon est "le plus grand site d'essai opérationnel hydrogène en Europe", a souligné André-Hubert Roussel, directeur général d'ArianeGroup (coentreprise entre Airbus et Safran).

Des bateaux à l'hydrogène

Dans un deuxième temps, les deux entreprises souhaitent proposer des produits et services en lien avec l'hydrogène liquide, en priorité pour le transport maritime et fluvial.

Le projet se traduira par une phase de recherche et développement jusqu'en 2024, puis de démonstration commerciale dans un port à partir de 2025 pour alimenter un premier bateau. Les solutions doivent ensuite être déployables à partir de 2030.

Cet hydrogène "vert" doit être produit par une électricité d'origine renouvelable, alors qu'il est aujourd'hui beaucoup plus cher que l'hydrogène d'origine fossile, dont la production est très polluante.

"Il y a un facteur deux à trois à trouver sur le coût de production de l'hydrogène vert", a souligné Claire Waysand, la directrice générale par intérim d'Engie.

Ce partenariat intervient au moment où l'Allemagne, l'Union européenne et récemment la France ont annoncé des plans massifs de soutien au développement de la filière hydrogène.

Mme Waysand a ainsi salué "une prise de conscience" sur ce sujet.

Lire aussi : Industrie, transports, recherche: le gouvernement détaille son plan hydrogène

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Commentaires
a écrit le 11/09/2020 à 18:13 :
"L'hydrogène doit être produit avec de l'électricité renouvelable"
Si on veut, mais ça fait 'obsession' (ou annonce "politique" allant dans l'air du temps), c'est de l'hydrogène ELECTRIQUE.
Imaginons que l'Allemagne [autre pays] produise en 2020 50% de son électricité en renouvelable et 50% en centrale charbon, si elle veut consacrer 10% de sa production pour faire H2 par électrolyse électrique, et si elle prend 10% des 50% "verts" elle doit faire produire 10% de plus par le charbon pour la consommation du pays [les 10% prélevés servaient il faut bien les compenser, ou faire des économies de consommation, le bilan "vert" est donc artificiel. "Mon hydrogène est issu d'électricité renouvelable mais je génère encore plus de CO2 !" :-)
Mais le jour où la production électrique du pays sera renouvelable à 100%, rien ne changera au niveau de la production, gestion du gaz, distribution, seule l'électricité sera d'origine homogène (verte verte verte).
a écrit le 10/09/2020 à 14:05 :
La France a une chance unique avec son parc de centrales nucléaires et ses barrages hydrauliques elle peut plus facilement basculer dans la production d'hydrogène decarbonné et réduire ses coûts en évitant d'importer des panneaux solaires et des éoliennes produits en Asie dans des économies fortement dépendantes des énergies fossiles pour la production industrielle.

D'une pierre deux coups on réduit les importations et on diminué notre dépendance aux énergies fossiles pour les transports (voiture, train, camion, bateau, avions à hydrogène)
Réponse de le 10/09/2020 à 20:34 :
Avec les déperditions liées à chaque étape, est-il souhaitable de produire de l'électricité (nucléaire ou hydraulique) pour utiliser cette électricité pour produire de l'hydrogène ? Pourquoi ne pas vouloir utiliser directement l'élecricité ?
L'intérêt principal de l'hydrogène est de pouvoir indirectement stocker l'énergie de productions aléatoires : il me semble donc que l'hydrogène doit donc être associée au contraire à des énergies solaires ou éoliens ou d'autres productions irrégulières... me trompe-je ?
Réponse de le 11/09/2020 à 14:54 :
@le lyonnais
Votre raisonnement a du sens, cependant j'avais entendu que les condensateurs nécessaires à la production de l'hydrogène doivent en gros fonctionner "au max" de leur puissance pour être rentable ou ne pas être dégradés. Malheureusement, les ENRi (solaire+éolien) ne produiront jamais une puissance constance d'électricité (même avec le foisonnement qui ne lisse la courbe de production que de quelques % tout au plus), ainsi produire de l'hyrdogène avec les ENRi est apparemment HYPER pas-rentable !
Mieux faudrait-il donc le produire avec le nucléaire, tant d'un point de vue rentabilité carbone que économique.
Mais je suis pas un pro dans le domaine je peux me tromper !
Réponse de le 11/09/2020 à 21:17 :
@ Lyonnais

On cherche ici à decarbonner notre économie. Vous avez d'un côté notre électricité en France qui est déjà quasiment 100% decarbonné du fait de notre parc nucléaire et de nos barrages hydrauliques qui produisent la quasi totalité de l'électricité utilisée en France.

Reste à décarbonner la mobilité, le logement et l'agriculture qui dépendent tous essentiellement des énergies fossiles.

En ce qui concerne la mobilité le problème de l'électricité est son stockage. Donc au lieu d'avoir des éoliennes et des panneaux solaires que nous importons et qui ne produisent que de manière discontinue et non pilotable la centrale nucléaire de construction française peut produire en continue et de manière pilotable. Donc on pourrait rediriger une partie de l'électricité nucléaire vers des "parcs" à électrolyse où l'hydrogène, une fois produit, pourrait être stocké (sous forme de gaz ou sous forme solide, voir ce que fait la société française McPhy dans ce domaine) et distribué en réseaux aux points de ravitaillement des véhicules, bateaux, avions etc... Et ce tout en favorisant l'économie de notre pays car nous maîtriserions alors toute la chaîne de valeur de la filière sans dépendre d'importations qui plus est de pays très pollueurs.
a écrit le 10/09/2020 à 11:52 :
On comprend que l'on ne puisse pas mettre un terme immédiat à ces aberrations mécaniques, une véritable honte à l’ingénierie, que sont les bateaux cargos, tankers et autres bateaux croisières mais de grâce faites le au plus vite, merci.

Pour les marchandises n'ayant pas besoin d'immédiateté le transport à voiles reste la plus belle des options sinon.
Réponse de le 11/09/2020 à 18:02 :
mettre un terme càd supprimer ? Ou changer de carburant ? On voit des navire au GNL apparaitre (en ai pris un en Suède <-> Ile Gotland), ça ne supprime pas le CO2 mais le SO2. Vu les normes de plus en plus sévères une astuce consiste à laver les gaz émis (pour fixer SO2) et de rejeter ça à la mer, "j'en rejette plus du tout du SO2 par la cheminée !".
Les transports depuis la Chine ça demande 2 mois ? S'il en faut 6 à la voile (de bonne taille) c'est juste une question d'organisation, comme le ferroutage, c'est moins direct que "du camion à la destination à toute heure", mais pour de la routine, ça va bien.
Réponse de le 12/09/2020 à 9:14 :
On sent en vous un maître ingénieur, respect......

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