83 actions et 213 millions d'euros engagés au profit de la transition énergétique, de la transformation numérique et de l'industrie. Engagé dans la dynamique des outils de relance imaginés par le ministère de l'Economie et des Finances, le "Business Act" conçu par la région Grand-Est est entré dans sa première phase opérationnelle. "Nous sommes en ordre de bataille", a résumé Josiane Chevalier, préfète de la région Grand-Est, à l'issue du premier comité de pilotage de ce programme de relance qui se veut collégial : l'opération consiste à réunir l'ensemble des services décentralisés de l'Etat (Ademe, Directte, agences de l'eau...) susceptibles d'intervenir dans l'action économique. "La mise en oeuvre du Business Act a démarré sur les chapeaux de roues le 9 juillet, le jour où ce projet a été voté par la Région", indique Lilla Merabet, vice-présidente du Conseil régional du Grand-Est en charge de la compétitivité, de l'innovation et du numérique. "Sur 83 opérations décidées, 56 sont déjà opérationnelles. La collectivité a engagé 143 millions d'euros sur l'économie et l'attractivité, 9 millions d'euros sur les mobilités, 2 millions d'euros sur la transition énergétique, 22 millions d'euros sur l'aménagement du territoire et 37 millions d'euros sur la formation", détaille l'élue.
La partie du "Business Act" qui se veut la plus originale n'est pas encore opérationnelle. Ce dispositif inédit permettrait aux pouvoirs publics de s'engager en fonds propres ou en quasi-fonds propres dans des entreprises de la région, PME ou ETI mises en difficulté par la crise. Les élus ont notamment pensé au secteur du tourisme. Mais les modalités ne sont pas encore finalisées. "Nous travaillons encore sur cette notion de fonds participatifs", confirme Jean Rottner, président (LR) du Conseil régional du Grand-Est, "mais on n'a pas atteint l'effet levier dont nous rêvions". Reste à définir le cadre juridique de ces prises de participation qui pourraient même, sous certaines conditions, dépasser le seuil majoritaire. Une telle situation n'est pas prévue avec les fonds d'intervention actuels des collectivités. "Nous étudions avec Bercy des outils qui permettraient de contourner cet écueil, autour d'une notion d'obligations convertibles pour consolider des hauts de bilan sur la durée. Ces obligations aideraient des ETI familiales à passer ce cap extrêmement difficile", propose Jean Rottner. "On a encore un peu de temps, compte tenu des outils nationaux qui existent et qui permettent de tenir à travers des PGE, des mesures de chômage partiel et des prêts rebonds. Il faut qu'on invente le meilleur outil possible". La Région vise entre 400 millions et 500 millions d'euros de levées potentielles. Elle entend emmener les banques dans son projet. Mais les groupes bancaires nationaux se sont jusqu'à présent montrés réticents.