Elections régionales : en Île-de-France, le patronat s'implique dans la campagne

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Les entreprises franciliennes contribuent à hauteur de 46% aux recettes du Conseil régional d'Île-de-France
Les entreprises franciliennes contribuent à hauteur de 46% aux recettes du Conseil régional d'Île-de-France (Crédits : Décideurs en région)
Les antennes régionales d’Île-de-France du Medef et de la CGPME ainsi que la Chambre de commerce ont rédigé un véritable cahier de doléances des entreprises franciliennes qui sera distribué à tous les candidats à la présidence du conseil régional.

C'est une première au niveau de la région parisienne : Le Medef Île-de-France, la Chambre de commerce de Paris Ile-de-France et la CGPME Ile-de-France ont décidé de s'unir pour « interpeler » les candidats de tous les partis à la présidence de la région Île-de-France. Pour ce faire, les trois institutions se sont unies pour rédiger un fascicule d'une soixantaine de pages, véritable cahier de doléances des entreprises franciliennes, qui sera remis à tous les candidats à la présidence de la région-capitale. Le contenu de ce document servira aussi de fil rouge lors de la conférence-débat organisée au siège du Medef Île-de-France, le 29 septembre, qui réunira tous les postulants, dont Claude Bartolone (Parti Socialiste), Valérie Pécresse (« Les Républicains »-UDI-MoDem), Emmanuelle Cosse (Europe-écologie/Les Verts), Pierre Laurent (Parti Communiste), etc.

« Si nos organisations ont décidé de s'impliquer pour la première fois de cette façon dans le débat électoral en Île-de-France, c'est parce que l'heure est grave. Il ne faut jamais oublier que les entreprises franciliennes apportent 46% des recettes du Conseil régional » a rappelé la présidente du Medef Île-de-France Agnès Lo Jacomo qui va d'ailleurs très prochainement démissionner de sa fonction pour, officiellement, mieux se consacrer à la marche de son entreprise.

Le conseil régional doit avoir une gestion plus rigoureuse

« le Conseil régional, avec ses 5 milliards d'euros de budgets auxquels il convient d'ajouter les 5 milliards du budget des transports collectifs, a un vrai rôle à jouer pour favoriser et dynamiser l'emploi, les déplacements, la formation, l'innovation et, plus largement, l'activité économique au sens large ».


Les organisations patronales appellent donc à « une gestion plus rigoureuse » des comptes du Conseil Régional dont la dette est passée de deux milliards d'euros en 2004 à plus de 5 milliards en 2015. Une accumulation « qui réduit progressivement la capacité de désendettement de la Région qui atteint maintenant 7 à 8 ans, se rapprochant du seuil de 10 ans considéré comme critique ». Et de dénoncer également les charges de personnel qui ont progressé de 27 % en six ans.
Elles estiment être tout à fait légitimes à déclencher ce droit d'alerte sur la gestion, en rappelant que les entreprises contribuent à hauteur de 1,1 milliard d'euros aux recettes, ce qui en fait le premier contributeur.
Aussi, parmi leurs doléances, les organisations patronales demandent un certain nombre de clarifications : « desserrer » la fiscalité pesant sur les entreprises, mettre fin au décalage de trois ans dans le calcul de la Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), etc.

Davantage de représentants des entreprises au Stif

S'agissant des transports, le patronat rappelle que le budget annuel des transports en commun en Île-de-France s'élève à 9 milliards d'euros et que cette somme est financée pour près de la moitié (48%) directement par les entreprises. Mais, surtout, le versement transport acquitté par les entreprises contribue à hauteur de 65,5% des recettes budgétaires du Syndicat des transports d'Île-de-France (Stif). Or un seul représentant des entreprises siège au conseil d'administration du Stif. Elles estiment donc que cette présence doit être renforcée.
Le patronat demande aussi que soit réalisée le plus rapidement possible la liaison Charles de Gaulle Express qui doit relier directement le centre de Paris à l'aéroport de Roissy.
Sur les sujets de la formation en alternance et de l'apprentissage, les demandes patronales sont également nombreuses. Dans leur document, les organisations patronales regrettent que le nombre des effectifs d'apprentis continuent de décliner. Elles réclament davantage d'autonomie. Par exemple, il conviendrait de déconnecter l'autorisation d'ouverture d'un centre de formation d'apprentis (CFA) de l'obligation de financement régional quand la profession s'engage à financer intégralement la formation. Dans le domaine de la formation, elles réclament aussi la création de « modules de formation à destination des conseillers d'orientation de l'Education Nationale pour améliorer leurs connaissance du monde économique et leur permettre de relayer l'information sur les métiers porteurs ».

Rapprocher le monde de la recherche de celui de l'entreprise

Dans un tout autre domaine, le document patronal plaide pour une relance de l'industrie en Île-de-France. Au total, avec 450.000 emplois, l'industrie francilienne représente encore 11 % de l'emploi de la région mais l'effectif industriel francilien a baissé de 50 % en vingt ans. Le patronat propose donc de rapprocher le monde de la recherche - où l'Ile-de-France est très en pointe- et celui des entreprises. Le Conseil régional pourrait ainsi faciliter la mise en relation des étudiants et des jeunes chercheurs avec les entreprises. Il réclame aussi pour les entreprises "une politique de financement cohérente, ciblée, visible et accessible, en évitant le saupoudrage".

Bien entendu, le document patronal comporte bien d'autres demandes, tel un meilleur accès des TPE-PME à la commande publique du Conseil régional. Il formule également plusieurs propositions dans les domaines des transports, de l'urbanisme et du logement. Mais surtout, Pierre-Antoine Gailly, président de la CCI de Paris Île de-France s'inquiète pour la future métropole du Grand Paris dont la gouvernance n'est toujours pas définie: "Nous avons une formidable incertitude, alors qu'on devrait avoir un formidable projet". De fait, à ce stade, la métropole du Grand Paris, qui sera installée à compter du 1er janvier 2016, ressemble davantage à une coquille vide.

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Commentaires
a écrit le 26/09/2015 à 8:57 :
En France, les patrons sont tolérés sans plus. Ils sont les bouc-émissaires d'une société malade de son socialisme. Qui va écouter les patrons? Certainement pas les fonctionnaires au pouvoir qui ne pensent qu'à se protéger et à redistribuer pour assurer leur carrière. La France décline depuis 1981 et ce n'est pas près de finir...sauf si on fait la révolution libérale mais je ne la vois pas venir...
a écrit le 26/09/2015 à 6:19 :
Il y aurait des élections, dans le Nord on annonce le FN en 1, est-ce à cause d'une décomposition de l'ump, le p est-ce pour paroles ou promesses, aura-t-on un parti unique alors qu'on serait aux démocrates, ou bien un désistement, à gauche on voterait à droite, n'est-ce pas drole, on aurait une allochirie et une skyzophrénie nationale. On parle d'une politique d'offre en augmentant les impôts, on ne comprend pas bien. Ira-t-on veauter ou bien voeuter pieusement?
Réponse de le 27/09/2015 à 10:38 :
Vous pouvez repeter, j'ai rien compris ??
a écrit le 25/09/2015 à 22:51 :
Il y aurait des élections régionales, est-ce pour augmenter le nombre de fonctionnaires et de chômeurs ou bien sommes-nous chez fidèle castrat, le coq flotte sans croissance ? Pour la croissance 2015, on publie les prévisions de l’OCDE. Le Japon, la France et l’Italie feraient moins que les autres. Le modèle mondial est-ce celui qui déclare selon les périmètres variables des comptes, moins de croissance, et donc moins d’emplois et de bonheur pour l’homme ? La France pays des droits, n’est-ce pas frelaté ? Les américains première démocratie au monde ont un meilleur classement en IDH, en croissance, en taux de chômage en pib par habitant. N’avons-nous pas du chemin à faire pour suivre ? L’Europe est-elle un modèle avec son chômage de masse ? Est-ce la faute de Mme Merkel et des tradères ? Pour la croissance 2015, les USA dépassent l’Europe, sans surprise, la croissance française fut supérieure seulement entre 1960 et 1980. Qu’avons-nous fait ensuite ? Nous aurions décroché ? Les fonctionnaires créent-ils la croissance ? L’Angleterre et l’Allemagne feraient plus que la France. Autrefois la France faisait plus que l’Allemagne qui n’en a pas fait beaucoup naguère. Le but est-il de détruire la croissance en disant qu’on relance ? Les relances financières et travaux publics sont-elles efficaces ? En 2015 les allemands et les anglais ont une croissance double, n’avons-nous pas une remise en cause systémique à réaliser alors que la définition de croissance serait différente, la croissance fonctionnaire à 25% de pib, c’est quoi ?

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