Malgré l’opposition des élus de la métropole rouennaise, Jean Castex annonce qu’il lancera en janvier l’appel à candidature pour la concession de la liaison autoroutière A28/A13 censée désengorger la préfecture de la Normandie.Le lobbying insistant de la région Normandie et du département de Seine-Maritime, épaulés par une partie des milieux économiques favorables au projet, a donc fini par payer. Matignon a fait savoir mercredi, par voie de presse, que le gouvernement engagerait dès le mois de janvier la procédure qui doit conduire d'ici deux ans à la désignation d'un concessionnaire pour la liaison autoroutière A28/A13, connue sous le nom de contournement Est de Rouen. La fin annoncée des véhicules thermiques rebat les cartes, argumente en substance le Premier ministre dans un entretien au quotidien Paris Normandie.
Attendue de longue date par ses partisans, la décision constitue la première étape avant le lancement de la construction de ce tronçon à péage d'une quarantaine de kilomètres, maillon manquant de l'axe Calais-Bayonne fléché, en 2019, parmi les chantiers prioritaires de la Loi d'Orientation des Mobilités (LOM).
La Métropole rouennaise était contre
Comme il fallait s'y attendre, la pilule passe mal chez les opposants. En déclenchant le feu vert, Jean Castex inflige un camouflet aux élus de la majorité PS/EELV de la Métropole rouennaise (MRN). En février dernier, ils s'étaient prononcés contre ce projet vieux de cinquante ans, déchirant au passage le chèque de 66 millions d'euros promis sous la mandature précédente. Nicolas Mayer Rossignol, président de la MRN, avait pourtant pu croire l'idée enterrée après les déclarations de la ministre de l'Ecologie, Barbara Pompili. Laquelle avait assuré, à la suite du vote, que le gouvernement n'avancerait pas « contre les collectivités ». Dix mois plus tard, c'est la douche froide pour ce proche d'Anne Hidalgo qui ne décolère pas.
«Dans le contexte actuel, la priorité est-elle vraiment de financer pour près d'un milliard d'euros 41 kilomètres d'autoroute (soit l'une des autoroutes les plus chères de France), avec un péage au tarif prohibitif, et générant 50.000t de CO2 en plus par an ? La réponse est dans la question», fulmine t-il dans un communiqué.