Agroalimentaire : Internet et les réseaux sociaux boostent la vente directe

FACE A LA CRISE. La vente en circuit court a révélé un potentiel qui ne demande qu'à grossir. Dans les Pays de la Loire, la plateforme Approximité qui a créé de la visibilité pendant la crise sanitaire pourrait s'enrichir d'un système de vente en ligne.
« Avec le déconfinement, nous sommes revenus à 100 commandes hebdomadaires, mais la dynamique est là » Isabelle Lore (Drive Fermier 49)
« Avec le déconfinement, nous sommes revenus à 100 commandes hebdomadaires, mais la dynamique est là » Isabelle Lore (Drive Fermier 49) (Crédits : DR)

« Le grand gagnant du confinement, c'est le circuit court ! », sourit Gaëtan Mérieau, éleveur de vaches charolaises, de veaux, volailles et producteur de mogettes, entre Le Poiré-sur-Vie et La Génétouze, au coeur du bocage vendéen, à 15 kilomètres de La Roche-sur-Yon. Loin d'être un novice de cette forme de distribution, l'éleveur, président du circuit court à la Chambre d'agriculture des Pays de la Loire, s'étonne encore de la longueur des files d'attente devant sa boutique, la Ferme de la Goichonnière. Du jamais vu.

« Privés de marchés et redoutant la promiscuité des grandes surfaces, les gens ont cherché sur Facebook. Certains ignoraient qu'ils pouvaient commander en ligne et venir chercher leur colis au drive. Bien sûr, il a fallu organiser les commandes, faire des photos des produits, les mettre en ligne, gérer les flux, faire respecter les distances physiques... Un vrai boulot dont on n'a pas l'habitude », raconte ce producteur, présent sur plusieurs plateformes (Bienvenue à la ferme, Approximité, Place Vendée...), en plus de son propre magasin, d'un drive et d'un point de vente collectif, créé avec neuf exploitants en 2012 à La Roche-sur-Yon où l'on écoule jusqu'à 1.000 paniers par semaine. « Ici et ailleurs, ça a été l'explosion ! », dit-il.

De fait, partout, les chiffres d'affaires ont été multipliés par deux ou par trois. Dans le Maine-et-Loire, le Drive fermier 49 a vu ses commandes passer de 50 à 200 par semaine et les paniers moyens enfler de 40 euros à 60 euros.

« Avec le déconfinement, nous sommes revenus à 100 commandes hebdomadaires, mais la dynamique est là », savoure Isabelle Lore, animatrice du lieu, qui a demandé des devis pour l'installation d'une chambre froide en dur pour remplacer les deux camions frigorifiques branchés à la hâte.

Dans le département voisin de la Mayenne, le Drive fermier 53 est lui passé de 80 à 350 commandes dès la deuxième semaine de confinement.

« Les producteurs avaient même du mal à suivre », mentionne Sylvia Goisbault, qui veille à ce que les producteurs ne mettent pas tous leurs oeufs dans le même panier.

Elle envisage de créer un poste de bureau pour faire face à ce nouvel afflux et suppléer les élans du bénévolat pour pérenniser l'activité.

« D'autres drives devront être ouverts à proximité pour maintenir la cohérence écologique », souligne-t-elle. Une filière à organiser.

La voix des producteurs sur les réseaux

« Alertés par la sécurité sanitaire, les particuliers ont pris conscience de la santé et de l'alimentation. Ils ont redécouvert qu'il existait des solutions de proximité et que ces productions étaient nos emplois », se réjouit Michel Brossier, pilote d'approximité.fr, un outil de référencement créé sur papier il y a dix ans par la Chambre d'agriculture, et digitalisé par l'intervention du conseil régional.

La plateforme recense aujourd'hui 1.500 producteurs et leur a donné de la visibilité sur les réseaux sociaux pendant la crise. Résultat : 150 nouvelles inscriptions, des consultations en croissance de 300% et une progression d'activité de 1.000% entre avril 2019 et avril 2020. Au-delà des particuliers, le circuit court est aussi devenu un débouché pour les producteurs habitués à fournir la restauration collective, à l'arrêt pendant le confinement. Et un moyen d'éviter les ruptures de stock. La dynamique a en tout cas fait germer des idées pour associer le non-alimentaire, le maraîchage, l'horticulture et la viticulture... et la volonté d'aller plus loin.

« Des analyses plus poussées devront être menées pour être plus pertinent sur le modèle économique, mais l'offre ne demande qu'à évoluer », indique Michel Brossier, qui n'exclut pas des discussions autour d'un outil de vente en ligne.

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