C'est une forme d'industrialisation de la collecte, du tri et de la valorisation des déchets alimentaires. Expérimentée à Stains et Réau, en région parisienne depuis dix ans, la solution imaginée par la société Moulinot débarque dans les régions. A Bordeaux, où les collectes ont déjà démarré, et à Angers, l'entreprise a en effet lancé la construction de sites de collecte et de tri.
Objectif, capter respectivement 30.000 tonnes de biodéchets en Nouvelle-Aquitaine et 15.000 tonnes dans le Maine-et-Loire. A travers ces quatre sites, Moulinot devrait ainsi absorber 125.000 tonnes de déchets alimentaires par an. Un chiffre qui paraît encore loin des dix à douze millions de tonnes de biodéchets produits chaque année en France. Pour rappel, loi AGEC (lutte contre le gaspillage alimentaire pour une économie circulaire) impose désormais, à tous les producteurs de déchets, de trier à la source, les biodéchets, et ce, dès le 1er janvier 2024.
«Autant vous le dire tout de suite, on ne sera pas prêt, mais le sujet avance. La prise de conscience des restaurateurs de la nécessité de gérer les déchets, de faire progresser l'économie circulaire et d'allonger la durée de vie des produits pour limiter le gaspillage est bien là »,assure Catherine Quérard, vice-présidente du Groupement des Hôtelleries & Restaurations de France (GHR) et présidente du GRH Ouest.
Face aux solutions techniques (assécheur, désyhdrateur, digesteur), cette dernière préfère militer pour une massification des collectes, plus facile à organiser et moins coûteuse. Pour la représentante des restaurateurs, un des objectifs majeurs est donc de renégocier avec les communautés de communes une tarification adaptée. En clair, la taxe des ordures ménagères (TOM), ainsi qu'une redevance spéciale, selon la quantité réelle de déchets générés par le professionnel, et non forfaitaire, comme c'était le cas jusqu'à présent.