Avec sa plateforme, la startup française Stokelp offre aux industriels de l'agroalimentaire une débouchée pour leurs surstocks de viande, poissons ou encore légumes. Son objectif : réduire de moitié les 1,6 million de tonnes de matières premières gaspillées chaque année en Europe. La startup lève 3 millions d’euros afin d'accélérer son déploiement en Europe.Si la problématique du gaspillage alimentaire en bout de chaîne est maintenant bien connue du grand public grâce à des applications comme Too Good To Go ou Phénix, elle reste peu adressée en début de chaîne, chez les industriels de l'agroalimentaire. C'est ici qu'intervient Stokelp, une startup française lancée en 2020. Sa mission : faciliter la vente des « surstocks » de légumes, viandes et autres poissons qui partiraient autrement à l'incinération.
Pour remplir cet objectif, la startup a levé ce jeudi 3 millions d'euros auprès de AFI Ventures (le fonds impact d'amorçage de Ventech), OneRagtime, Better Angle et Rothschild & co. Cette somme doit financer son développement en Europe, et plus particulièrement sur le marché allemand, et lui permettre de doubler ses effectifs à plus de 24 employés d'ici à la fin de l'année.
Le surstock, « une aberration écologique et financière »
« Il y a une aberration écologique et financière dans l'industrie agroalimentaire » constate Tanguy de Cottignies, cofondateur de Stokelp, interrogé par La Tribune. « Tous les industriels sont confrontés au problème des surstocks. Parce qu'il n'y a pas de réseau de distribution entre eux, ils détruisent des quantités faramineuses de matières premières [viande, poisson, légumes, fruits...] » déplore-t-il. En tout, 1,6 million de tonnes de surstocks de matières premières finissent incinérés chaque année en Europe. Les raisons invoquées sont diverses : aléas de production, mécanismes qui poussent à garder du surplus pour garder un bon référencement sur le marché, chute de la demande...
Pour adresser cette situation, Stokelp a mis en place une plateforme de vente et d'achat en ligne, où les industriels peuvent revendre leur surplus de matières premières au lieu de les jeter. Les acheteurs -d'autres industriels- profitent quant à eux de prix environ 30% moins chers que ceux du marché, d'après le dirigeant. La plateforme prend également en charge la partie administrative de l'échange, souvent très lourde lorsqu'il s'agit de produits périssables, mais aussi les négociations et le transport des surplus. « Nous voulons nous attaquer au début de la chaîne de production, au début du problème du gaspillage alimentaire. Les quantités en jeu sont astronomiques et tout reste à optimiser », développe le dirigeant.