A Nantes, trois ingénieures en agroalimentaire viennent de fonder la biscuiterie Handi-Gaspi. Avec l’ambition de valoriser des invendus de pains biologiques pour produire des biscuits bio, et ouvrir de nouvelles perspectives aux travailleurs en situation de handicap. Rodée dans les locaux de l’école d’agroalimentaire Oniris, une ligne de fabrication doit être prochainement déployée dans un Esat (Etablissement de Service d’Aide au Travail). La commercialisation démarre en octobre. Objectif : dupliquer le concept en France dès 2022.C'est un projet qui associe à la fois économie circulaire, inclusion et alimentation biologique, auréolé du premier prix du Concours national de la création agroalimentaire biologique. Un sérieux coup de pouce pour la jeune pépite de l'économie sociale et solidaire nantaise, Handi-Gaspi, fondée par Louise Doulliet, Alix Guyot et Katia Tardy, trois ingénieures en agroalimentaire, réunies un peu par hasard au sein de l'association Handicap Travail Solidarité.
Leurs parcours - à travers leurs études et leurs emplois dans l'association - sont à l'origine du concept d'Handi-Gaspi, une SAS créée en janvier dernier avec un capital de 15.000 euros. « Nous nous nous sommes rendu compte des énormes gaspillages produits par la filière agroalimentaire, tant en fabrication qu'en distribution, et du peu de perspectives épanouissantes offertes aux travailleurs en situation de handicap », explique Katia Tardy, co-fondatrice de la biscuiterie Handi-Gaspi dont l'ambition est de produire des biscuits à partir des invendus de pains biologiques.
La fabrication sera, elle, confiée aux travailleurs d'un Etablissement de Service d'Aide au Travail (ESAT). Le concept a muri au cours des neuf derniers mois et devrait permettre de commercialiser les six premières recettes (chocolat, chocolat/noisettes, citron/amandes, beurre sarrazin...) en octobre dans les magasins Biocoop de la région nantaise... avant d'aller plus loin.
Sécuriser un schéma d'économie circulaire
Pour éviter le non-sens écologique d'une collecte des invendus (qui par la multiplication de déplacements peut contredire l'intérêt écologique) et sécuriser des approvisionnements de produits bio, les fondatrices de la biscuiterie ont noué un partenariat avec la boulangerie biologique La Panetière des Hameaux, dont les deux fournils, à Pornic et à Nantes, seraient en mesure de leur fournir 20 à 30 tonnes d'invendus, soit 7% à 9% de sa production annuelle. Une part difficilement compressible selon Quentin d'Allonville, l'un des fondateurs de La Panetière des Hameaux.