On les appelle les « Triple Zéro » : pour zéro antibiotique, zéro kilomètre et zéro rejet polluant. Elles ont la taille d'un gambas (20 à 25 grammes) et auraient le goût d'une langoustine. « Beaucoup moins salées que les crevettes tropicales importées surgelées avec de la saumure, et cuites à la demande. Leur chair est aussi plus ferme», affirme Gabriel Boneu, président et cofondateur de LisAqua (Low-Impact & Sustainable Aquaculture), startup nantaise créée en 2018 avec Caroline Madoc, ingénieur des Mines de Paris et Charlotte Schoelinck, docteure en biologie marine, dont les travaux de recherche au Ministère des Pêches et Océans du Canada ont inspiré la création de ce projet d'élevage de crevettes « Made in Nantes » hors norme.
Lors de son post-doctorat, au Canada, Charlotte Schoelinck découvre la problématique de l'aquaculture intensive où les nombreux traitements antibiotiques et les rejets d'élevage créent des zones mortes. A l'image de la prolifération des algues vertes produites par les rejets azotés qui étouffent le littoral breton. Dans le même temps, elle constate que l'aquaculture multi trophique intégrée dont le principe consiste à utiliser des espèces filtreuses et détritivores (moules, huitres, oursins...), sous les cages de saumons et de bars permet d'assainir l'environnement. La transposition de ce modèle sera le point de départ de LisAqua, implantée à Saint-Herblain, dans la banlieue nantaise, loin des lacunes, mangroves et autres environnements maritimes.