BNP Paribas Banque Privée créé un espace "gestion de fortune" à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes

Frédéric Thual, à Nantes
Vaste d'une centaine de mètres carrés, l'endroit se veut résolument discret. Discret, mais stratégiquement situé, entre le théâtre Graslin, la fameuse brasserie La Cigale et le cours Cambronne, où le prix du mètre carré nantais culmine. Ouvert il y a quelques mois, l'espace de "gestion de fortune" implanté par BNP Paribas Banque Privée vise une clientèle pour le moins huppée. Des entrepreneurs, des dirigeants de PME, des cadres d'entreprises ou des particuliers, confrontés à la gestion ou à la transmission d'un patrimoine et dont les actifs financiers dépassent les 5 millions d'euros, quand 250.000 euros suffisent pour intégrer Banque Privée. Cette fois, on monte d'un cran. La création de cet espace reflète une certaine poussée de l'économie régionale et la présence d'investisseurs dans l'Ouest. A moins que ces derniers n'étaient, hier, moins rigoureux dans la gestion de leur patrimoine.
Pierre de Pellegars, responsable gestion de fortune de BNP Paribas Banque Privée, qui poursuit la décentralisation engagée depuis 2010, explique:
La première implantation fût réalisée à Bordeaux. Avec Rennes, créée en 2014 suite à la fusion avec la Banque de Bretagne, et Nantes dernièrement, l'activité "gestion de fortune" s'appuie aujourd'hui sur 8 espaces dédiés dans l'Hexagone. Même si Paris concentre encore 75% des 22 milliards d'euros d'actifs pour la gestion de fortune dont 1,2 milliard en Pays de la Loire, les régions sont devenues des pôles de développement où il devenait délicat d'être absent.
Implantée depuis plus de cent ans à Nantes, BNP Paribas a depuis tissé un réseau de 78 agences sur le territoire des Pays de la Loire, neuf espaces "Banque Privée", trois maisons des entrepreneurs à Angers, Le Mans et Cholet, un centre d'affaires pour entreprises à Nantes, et depuis l'an dernier, un pôle dédié à l'innovation et aux startups, lancé sur la métropole nantaise. Un réseau à travers lequel BNP Paribas dit toucher 5.000 PME.
Sur le très particulier marché de la gestion de fortune, principalement disputé par J.P.Morgan, BNP Paribas Banque Privée et la Compagnie financière Edmond de Rothschild, seule cette dernière était jusque-là physiquement présente à Nantes. Elle aussi, discrètement établie.
Dirigée par Eric Meylan, banquier privé dans la gestion de fortune, la structure nantaise se compose de quatre experts, spécialisés dans l'actionnariat familial dans le cadre de la cession et la transmission d'entreprise, dans la structuration et l'amélioration du patrimoine, et dans les relations au quotidien, quatre experts qui bénéficient de la logistique et du conseil du pôle parisien composé de cinquante banquiers privés et de spécialistes. Objectif: définir une stratégie en adéquation avec les enjeux personnels, professionnels et familiaux.
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Résolument tournée vers la proximité et un service personnalisé pour des questions relativement complexes, BNP Paribas Banque Privée propose à ses collaborateurs un parcours certifiant de 80 heures de formation, pour démystifier les arcanes de la gestion du patrimoine des grosses fortunes. D'un autre côté, l'établissement bancaire, dans un esprit qu'elle qualifie de "Family Office", propose aux enfants d'investisseurs, susceptibles d'être très tôt confrontés à de délicates décisions, une journée "académique", pensée pour les 17-25 ans. Sous une forme ludique, on aborde la gestion des actifs financiers, les contrats d'assurance, la fiscalité, les obligations et garanties du capital-investissement... Une journée à Paris où la banque a même dû, une fois, donner l'autorisation de sécher les cours à l'un de ses jeunes et futurs clients. Première leçon?
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