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Erytech Pharma se lance sur le Nyse Euronext pour financer ses derniers essais cliniques contre la leucémie aigüe

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Le traitement par chimiothérapie, qui en est au stade des essais cliniques de phase III en Europe, a montré, sur les premiers patients, « un taux de survie doublé au bout d'un mois, c'est considérable », selon Yann Godfrin, le directeur scientifique de la biopharma lyonnaise © Erytech Pharma
Le traitement par chimiothérapie, qui en est au stade des essais cliniques de phase III en Europe, a montré, sur les premiers patients, « un taux de survie doublé au bout d'un mois, c'est considérable », selon Yann Godfrin, le directeur scientifique de la biopharma lyonnaise © Erytech Pharma (Crédits : © Erytech Pharma)
Cette biopharma lyonnaise, qui a mis au point un traitement contre la leucémie aigüe, veut lever entre 15 et 19,8 millions d'euros auprès des investisseurs financiers. Ses premières ventes sont prévues début 2016, en Europe.

Erytech Pharma, qui a mis au point un traitement original de la leucémie aigüe principalement chez les adultes, et notamment les plus de 55 ans, avait renoncé début 2012 à faire appel au marché financier, en raison de la crise grecque. Cette fois, ses dirigeants estiment que le moment est venu pour la société, qui emploie 40 collaborateurs, de s'introduire en Bourse, sur le Nyse Euronext. La période de placement lancée jeudi 18 avril se prolongera jusqu'au lundi 29 avril. Objectif : lever entre 15 millions d'euros et 19,8 millions bruts en cas d'exercice intégral de la clause d'extension et de l'option de surallocation. Ses deux principaux actionnaires financiers (Idingest et Auriga) se sont engagés à souscrire jusqu'à 4 millions d'euros.
Depuis sa création en 2004, après une incubation au sein de Crealys (incubateur public lyonnais), la jeune pousse a collecté 22 millions d'euros auprès de business angels et de fonds de capital risque. Ces apports en capital ont été complétés par des soutiens divers. Au total « nous avons appelé 34 millions. Il nous reste près de 6 millions correspondant à onze mois de consommation », précise Pierre-Olivier Goineau, co-fondateur (le manageur) avec Yann Godfrin, le scientifique. Ce dernier, qui présente à son actif 18 ans d'expérience en recherche médicale, a inventé tous les paramètres ayant permis l'industrialisation et donc la reproductibilité de l'encapsulation de l'asparaginase (un enzyme) dans les globules rouges, afin de le rendre moins toxique tout en « ayant une efficacité avérée et prolongée », sur les tumeurs cancéreuses, assure Yann Godfrin.

Un accord stratégique avec Recordati

Le Graspa, nom de cette chimiothérapie, qui est au stade des essais cliniques de phase III en Europe, a montré, sur les premiers patients, « un taux de survie doublé au bout d'un mois, c'est considérable », savoure le directeur scientifique. Aux Etats-Unis, la vénérable Food and drug administration (FDA) a autorisé, en mars 2013, le démarrage des tests cliniques. Mais dans les deux cas, il reste du chemin à parcourir : la mise sur le marché en Europe n'interviendra pas avant début 2016.
En attendant l'entreprise, qui, n'encaissera pas de chiffre d'affaires d'ici cette échéance, va brûler du cash. En spécialiste des partenariats pharmaceutiques stratégiques, Gil Beyen, qui a rejoint la start-up en qualité de PDG, a conclu, en novembre 2012, un bel accord de distribution avec Orphan Europe, filiale du groupe Recordati. Ce puissant acteur dans la lutte contre les maladies dites orphelines (rares) lui a versé d'emblée 5 millions d'euros. Le montant total des paiements échelonnés, au fur et à mesure des validations, pourrait dépasser les 50 millions auxquels s'ajoutera un partage des profits, par la suite et si tout va comme prévu.

50 000 nouveaux patients par an

La production, sur mesure - le sang du donneur doit être compatible avec le receveur - du Graspa, est réalisée dans l'unité de fabrication de la jeune pousse, dans le 8e arrondissement de Lyon, dimensionnée pour répondre aux besoins des deux premières années de ventes. Outre-Atlantique, les lots sont produits par l'American Red Cross de Philadelphie. Les dirigeants de Erytech Pharma font valoir que, chaque année, 50.000 nouveaux patients souffrent d'une leucémie aigüe, sur le Vieux Continent et aux Etats-Unis. De plus, son médicament pourrait s'étendre à d'autres cancers. Autant de perspectives encourageantes.
 

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