La Métropole de Lyon héberge aujourd'hui l'une des plus importantes zones industrielles de France, avec en premier lieu, sa Vallée de la chimie. Un an après son arrivée, le président EELV Bruno Bernard a démontré contre toute attente qu'il souhaitait réindustrialiser oui, mais en faisant de l'industrie un exemple de transition. Avec pour cela, un autre projet emblématique, celui des ex-ateliers Bosch de Vénissieux, qui hébergent désormais un projet d'activités industrielles (Usin) au coeur de la métropole.A la Ville comme à la Métropole, les exécutifs EELV arrivés au pouvoir en juillet dernier à Lyon sont désormais en contact avec les réalités du terrain. Et ils doivent composer avec un territoire fortement industrialisé, comprenant des zones emblématiques, comme la Vallée de la chimie.
Répartie sur un bassin de vie englobant 14 communes, cette plateforme de 25 kilomètres linéaires, établie le long du Rhône, accueille par exemple 18 grands groupes et près de 50.000 salariés (dont 10.000 emplois industriels). Avec parmi eux, 7 sites classés Seveso, mais aussi 6 centres de R&D de rayonnement mondial.
De prime abord, la question du développement de cette vallée industrielle, dont une partie de la gestion du foncier était jusqu'ici gérée par la métropole (à travers sa mission dédiée "Vallée de la Chimie"), n'est pourtant pas aussi incompatible qu'elle en avait l'air, avec les ambitions du nouvel exécutif écologiste.
Car le président EELV du Grand Lyon, Bruno Bernard, n'est lui-même pas étranger à la thématique de l'industrie et même de la chimie : en 2007, il avait même fondé une société spécialisée dans la dépollution et le désamiantage, avant de se lancer en politique. C'est donc avec une forme de pragmatisme que l'élu écologiste s'est saisi de la question industrielle, avec un message qui pourrait se résumer ainsi : oui à l'industrie, tant qu'elle devient propre et moins polluante.
Car en 2020, les émissions de CO2 de la Vallée de la Chimie représentaient 26% des émissions de la Métropole de Lyon (selon des données communiquées par ATMO AuRA). Pour sa première vice-présidente de la Métropole de Lyon déléguée à l'économie, Emeline Baume, il y avait donc nécessité à réaliser un accompagnement vers "la sobriété et l'efficacité des matières énergétiques".
Pour justifier sa propension à conserver ces industries à l'échelle de son territoire, celle-ci ajoutait cependant :
« Il vaut mieux promouvoir l'activité productive en France, dans une démocratie qui dispose notamment d'une réglementation environnementale. Notre logique n'est pas de favoriser la délocalisation, mais de maintenir au contraire les entreprises présentes et développer l'accompagnement », souligneÉmeline Baume.
Zoé Favre d'Anne et Marie Lyan