Tout juste sortie de deux années de crise sanitaire, qui s'étaient soldées par des mois d'arrêt d'activité et de chômage partiel, puis par une reprise en dents de scie, freinée elle-même par les pénuries de matériaux, la filière du bâtiment régionale tournait à plein régime depuis quelques mois. Et ce sont désormais les conséquences de la guerre en Ukraine qui heurtent à nouveau ce marché, qui s'estimait déjà fortement fragilisé.
"C'est une histoire qui se répète car on a déjà connu, avec la crise du Covid, une désynchronisation totale du marché mondial, avec la difficulté de trouver certains matériaux et une crise de l'énergie qui avait commencé dès 2021. Ces deux facteurs ont accéléré la hausse des prix, car beaucoup de matériaux nécessaires à notre filière sont électro ou gaz intensifs, et les producteurs nous ont répercuté cette hausse", explique Samuel Minot, président de la Fédération BTP du Rhône et de la Métropole de Lyon.
Quatre semaines après le démarrage de l'invasion russe en Ukraine, c'est donc une nouvelle destabilisation du marché qui se profile et qui se traduit déjà concrètement dans les chiffres. Avec en ligne de mire, des augmentations pouvant atteindre +40% sur certains produits comme l'acier, le zinc, ou l'aluminium.