Après vingt mois de crise sanitaire, le BTP a repris ses niveaux d'avant-crise et observe même un fort rattrapage de son activité. En effet, en région, l'activité du troisième trimestre 2021 pour les entreprises artisanales du bâtiment enregistre une hausse d'activité de +4 % par rapport au même trimestre de l'année précédente et a déjà retrouvé son niveau de 2019, notamment grâce aux activités de rénovation, confirme la Capeb Auvergne Rhône-Alpes.
Même si malgré cette reprise, la pénurie et la flambée du prix des matériaux a "des effets préoccupants sur la visibilité", estime la filière. D'autant plus que cette industrie, qui fait déjà face à la pénurie de compétences et à la hausse du coût des matières premières, s'apprête à rencontrer un défi supplémentaire : celui du papy-boom à venir.
"En France, 25 % des dirigeants de PME ont plus de 60 ans, tandis qu'en Auvergne Rhône-Alpes, ce sont 18% de chefs d'entreprises artisanales qui ont plus de 55 ans", affirme la Capeb Rhône et Grand Lyon (Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment), qui compte 1.700 adhérents.
D'après la CMA Rhône, ce sont même jusqu'à 20,5% des chefs d'entreprises du BTP auraient aujourd'hui plus de 55 ans. Une vague de transmission est donc à prévoir et à préparer, et pourrait constituer un enjeu majeur pour la conservation des emplois et des savoir-faire du bâtiment dans les années à venir.
"Après la création de l'ICRE BTP (Institut du Créateur Repreneur d'entreprise), on s'est rendus compte du papy-boom à venir", rappelle Arthur Brac de la Verrière, à la tête de cet organisme, créé il y a onze ans, pour faciliter la reprise et la création d'entreprise.