ENTRETIEN. Décarbonation de sa flotte à poursuivre, chute d’Urby, avenir de la logistique urbaine face au rétropédalage des Zones à faibles émissions (ZFE), axes de diversification possibles avec l’avènement de la consigne ou encore esquisse d’une « slow logistique » qui se fait désirer… Au sein du groupe La Poste, les grandes enveloppes d’investissements annoncés en novembre 2022 pour la logistique urbaine se sont heurtés à la baisse des exigences des ZFE et à la crise immobilière. Mais qu’importe : le groupe postal est bien déterminé à poursuivre sa mue vers une logistique « zéro émission...
... alors même que ce secteur représente encore 30% des émissions de gaz à effets de serre (GES) et 40% des émissions de particules en ville, comme l'explique, à La Tribune, Christelle Savignat, directrice de la logistique urbaine pour le groupe La Poste, et référente Auvergne Rhône-Alpes.
LA TRIBUNE - Il y a un an et demi, le groupe La Poste annonçait justement une série d'engagements, dont celui de « décarboner d'ici 2025, 100% de ses flottes de livraison urbaine (zéro et faible émission) dans 350 villes en Europe, dont les 22 métropoles françaises ». Où en est-on à ce sujet aujourd'hui en matière de décarbonation de la flotte ?
CHRISTELLE SAVIGNAT - Le premier levier de décarbonation reste les véhicules. La logistique urbaine du dernier kilomètre va s'exercer uniquement sur de l'électrique et notamment du vélo cargo. La Poste possède à ce sujet la flotte en propre la plus importante en France, avec près de 700 vélos cargos au niveau national, dont 100 en Auvergne Rhône-Alpes, et 30 dans la Métropole de Lyon. Onze nouveaux équipements sont en déploiement à Grenoble, six à Saint-Étienne, six à Clermont-Ferrand.
Il s'agit d'un enjeu majeur car le vélo cargo a une acceptabilité bien supérieure et nous permet de travailler avec les métropoles sur les aspects réglementation, puisque typiquement, il peut entrer dans certaines zones où ne pénètrent plus les véhicules utilitaires.
Les contours et exigences des Zones à faibles émissions (ZFE) se sont finalement considérablement amincies : la Métropole de Lyon a été confirmée comme l'une des deux seules villes, avec Paris, à devoir se conformer à un calendrier plus strict de sorties des véhicules Crit'Air 3 en janvier 2025. Cela ne remet pas en cause la pertinence de la transition nécessaire ?
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Notre objectif reste de décarboner les flux à l'échelle des 22 métropoles françaises, à horizon fin 2025. Cet objectif est confirmé, et ce, indépendamment des cibles communiquées pour les ZFE. Nous avons toujours contribué en ce sens au niveau national, en nous basant sur une position qui était la mieux-disante et de toute façon en avance, en termes d'objectifs, sur la réglementation, puisque les véhicules à faibles émissions n'étaient, de fait, pas rendus obligatoires dans les villes avant 2030.