Logistique urbaine : « Le report des zones à faibles émissions (ZFE) constitue une grande déception » (Frédéric Delaval, Urby)

Marie Lyan
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Frédéric Delaval Urby
DR/ la Poste

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LA TRIBUNE - Vous avez créé Urby en 2019, soit un jet de pierre avant la crise sanitaire, à partir du bassin grenoblois à l'époque, avec l'objectif de « proposer des solutions de stockage et de livraison mutualisées pour les grandes métropoles ». Aujourd'hui, vous êtes déjà passé de 7 à 23 métropoles, qu'est-ce qui a changé depuis ?
FREDERIC DELAVAL - Tout, absolument. D'abord, le contexte économique a beaucoup évolué. La crise du Covid a en effet eu un impact très fort sur la commande digitale, l'impossibilité de se déplacer pendant plusieurs mois ayant entraîné un transfert des flux et des canaux de commandes du BtoB vers le BtoC.
Si bien qu'avant le Covid, notre modèle était tourné à 99% vers les flux BtoB, puis est passé à l'extrême inverse durant la pandémie. Aujourd'hui, nous sommes revenus vers un modèle hybride, en fonction des zones géographiques et des clients. Nous avons finalement appris de ces difficultés, qui sont survenues seulement un an après l'ouverture de notre première agence à Grenoble, et elles nous ont été très utiles.
A l'époque, l'un de vos objectifs était de tester de nouveaux usages et modèles économiques. Aujourd'hui, quel est justement le modèle de la livraison du premier et dernier kilomètre ? Dépend-il des territoires où vous êtes implanté ? Le patron du groupe La Poste, Philippe Wahl, reconnaissait lui-même récemment que « la logistique urbaine écologique est plus chère », notamment en raison du coût d'acquisition des véhicules électriques, des ruptures de charge et des temps de rechargement...
Les grands donneurs d'ordres nationaux qui gèrent des franchises dans le domaine de l'ameublement, l'habillement, etc, apprécient d'avoir un acteur capable de reproduire la même prestation partout. Et c'est ce que nous pouvons leur proposer avec notre présence au sein de 23 métropoles aujourd'hui.
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Si nous avons bien réussi notre conquête de clients nationaux et de grands comptes régionaux, celle des clients locaux est plus difficile, car leurs données économiques sont complètement différentes. Nous avons trouvé une solution en prenant une participation de 80 % au sein de Stock Nord, afin de proposer une offre de stockage dédiée aux petits clients ainsi que de recyclage attaché à leurs activités.
Marie Lyan