La réalité augmentée entre dans les usines

 |  | 590 mots
Lecture 3 min.
(Crédits : DR)
De quoi DEMAIN sera-t-il fait ? Bpifrance s'est lancé le défi de mener une réflexion sur les sujets d'innovation qui révolutionneront notre quotidien dans les années à venir, du point de vue de notre transport, notre alimentation, notre santé, notre façon de commercer et de travailler. Pour cela, Bpifrance anime une démarche collective en mode projet, pilotée par les collaborateurs Bpifrance et associant les acteurs des écosystèmes concernés. L’un des sujets stratégiques récemment traité est le développement de la réalité augmentée (RA) comme nouvelle opportunité business. Illustration avec la société Diota qui fournit des logiciels de RA à l’industrie.

La réalité augmentée entre dans les usines. C'est ce genre de solutions à destination des industries automobile, aéronautique, nucléaire ou navale que propose la société Diota créée en 2009 par trois cofondateurs, dont Lionnel Joussemet, ingénieur et docteur en informatique. Cette startup de l'Industrie 4.0 devenue PME emploie aujourd'hui 70 personnes et dispose d'une filiale à Stuttgart en Allemagne. « Nous récupérons des données issues des bureaux d'ingénierie et les mettons à disposition des opérateurs de terrain. Par ailleurs, nous faisons remonter les informations recueillies auprès des opérateurs, cette « intelligence des mains » que nous transmettons aux ingénieurs. C'est un cercle vertueux. » explique Lionnel Joussemet.

Les solutions de Diota mélangent la 3D interactive, l'intelligence artificielle et la réalité augmentée pour restituer la donnée digitale aux agents opérationnels afin de les aider dans leurs tâches. Concrètement, ces logiciels peuvent faciliter le travail des opérateurs dans les processus de fabrication de voitures d'avions. Chez Dassault Aviation, par exemple, les compagnons doivent réaliser un grand nombre d'opérations d'usinage et de montage pour assembler les panneaux du Rafale. Auparavant, un compagnon se servait d'une notice papier où figurait une impression de la maquette numérique annotée de labels, symboles et positions. « C'est un peu comme monter un meuble Ikea. Or, même un compagnon expérimenté ne peut mémoriser toutes les opérations. De plus, il va écrire à la craie ou au feutre sur le panneau toutes les actions à exécuter. C'est une source significative d'erreurs : un simple décalage de quelques centimètres peut avoir des implications tout à fait significatives sur le process de fabrication et la qualité du produit fini » décrit le cofondateur de Diota.

Gain de temps et réduction des erreurs

Avec la réalité augmentée, le logiciel reconnaît et localise le panneau en face de lui, puis un projecteur fait apparaître en surimpression toutes les opérations que le compagnon doit réaliser. « C'est un gain de temps significatif, de l'ordre de 30 %, et une réduction des erreurs quasiment à zéro » ajoute Lionnel Joussemet. Deuxième cas d'usage : la maintenance chez Safran Landing Systems, qui fabrique et maintient des trains d'atterrissage d'avion. Lorsqu'un train est envoyé pour maintenance dans un atelier, les opérateurs réalisent certaines opérations et s'assurent de leur traçabilité. Le technicien de maintenance est équipé d'une tablette et peut faire un tour d'inspection du train d'atterrissage en visualisant en superposition les zones critiques sur son écran. Ce qui lui permet de ne rien oublier, de le guider dans les tâches à réaliser et de faire des captures d'écran pour garder en mémoire les opérations effectuées. Diota se positionne comme un éditeur de solutions logicielles qui vend ou loue des licences d'exploitation.

La nouvelle génération de produits Diota 4X est une suite de modules qui peuvent être personnalisés et assemblés en fonction des besoins de l'industriel. La société, dont le siège se situe à Massy dans l'Essonne, propose également son App Factory, un environnement de développement applicatif. Après une première levée de fonds en 2016 de 3 M€, abondée d'1 M€ par Bpifrance, Diota a réalisé un second tour de table en 2018 de 5 M€ auprès de quatre fonds d'investissement, plus 2M€ pour Bpifrance. Des sommes qui doivent lui permettre d'asseoir sa position de leader européen de la réalité augmentée pour les applications industrielles.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :