La 5è Journée start-up du dispositif médical fait le plein d’innovations

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(Crédits : DR)
Le grand rendez-vous annuel du secteur, organisé par le Snitem, a primé deux pépites medtech pour leurs technologies révolutionnaires. L’événement visait également à fournir des clés aux jeunes pousses tricolores pour transformer leurs idées en produits commercialisés au service des patients.

C'est la crème de la crème de l'innovation française dans le domaine du dispositif médical qui s'est réunie le 14 mai à la Cité des sciences et de l'industrie à Paris, à l'occasion de la cinquième Journée « Start-up innovantes », organisée sous l'égide du Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem). Douze jeunes pousses étaient invitées à « pitcher » leurs projets devant un public rassemblant l'écosystème de la filière à l'occasion de cet événement. Suspens... Et voici les vainqueurs !

Lattice Medical et Archeon, lauréats 2019

Le Prix du Jury 2019, avec à la clé un chèque de 5000 euros remis par Urgo Medical, a été décerné à Lattice Medical, une start-up lilloise à l'origine d'une bioprothèse de régénération cellulaire, baptisée Mattisse. A partir des tissus graisseux, celle-ci permet la reconstruction naturelle du sein après une mastectomie. Un dispositif imprimé en 3D, adapté à la morphologie de la patiente, qui s'inspire de la dentelle de Calais. Et une ambition planétaire : la jeune société, pour l'heure en développement pré-clinique, compte peser à terme 10 % du marché mondial.

De son côté, la start-up Archeon, basée à Besançon, a séduit le public avec son dispositif d'aide à la ventilation pour la réanimation cardiaque, une technologie innovante fondée sur un capteur et une intelligence embarquée afin d'aider les premiers secours à délivrer la bonne dose d'oxygène aux victimes d'un arrêt cardiaque. Elle devrait prochainement être testée par les pompiers de Paris. Deux innovations prometteuses qui illustrent l'excellence et le dynamisme du secteur du dispositif médical en France.

Des défis à relever entre l'idée et la commercialisation

Mais si l'Hexagone est un terreau fertile pour de beaux projets, encore faut-il qu'une innovation se transforme en succès industriel et commercial. C'était tout l'enjeu de cette journée inaugurée par Stéphane Regnault, président du Snitem, la principale organisation professionnelle du secteur, qui s'est déroulée en présence de la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher. « Le marché des dispositifs médicaux est un marché d'avenir », s'est réjouie la ministre, en constatant que les dépenses dans les dispositifs médicaux progressent de 5 % par an depuis plusieurs années, mais en dressant aussi quatre défis à relever, liés au réglementaire, à l'accès au marché, au financement et à l'innovation, notamment en matière d'intelligence artificielle. « La France a des atouts pour être un leader mondial dans les dispositifs médicaux », a-t-elle souligné. « Je voudrais que dans trois ans, lancer un produit en France devienne une évidence ».

Autant de problématiques qui ont été décortiquées lors de multiples conférences, tables rondes et rendez-vous B to B pour mieux éclairer les entrepreneurs et leur donner des clés pour réussir le parcours délicat qui sépare une innovation de sa commercialisation.

Une réglementation renforcée

A commencer par l'aspect réglementaire, long et complexe, qui jalonne le chemin d'un dispositif médical - de la qualification du produit à sa commercialisation. D'autant que nombre de ces étapes se voient renforcées par le nouveau règlement 2017/745 européen, qui entrera en application en 2020. « Les étapes sont multiples et il faut les anticiper le plus tôt possible », a souligné Cécile Vaugelade, directrice des affaires technico-réglementaires du Snitem à l'occasion d'une table ronde dévolue à la stratégie pour l'obtention du marquage CE médical.

Même mot d'ordre en ce qui concerne le remboursement, voie royale pour accéder au marché en France. « Une stratégie d'accès au marché se prépare très en amont, bien avant d'avoir obtenu le marquage CE médical », a pointé, lors d'une conférence consacrée à ce sujet, Anne-Aurélie Epis de Fleurian, directrice accès au marché du Snitem. Et Chantal Belorgey, directrice de l'évaluation médicale économique et de santé publique de la Haute Autorité de santé (HAS) d'inciter les jeunes pousses à venir aux « rencontres précoces » de la HAS pour mieux « anticiper les exigences » de l'évaluation.

Savoir s'entourer

Autre clé pour réussir : savoir s'entourer. Le géant mondial Medtronic et la start-up lyonnaise Maela, spécialisée dans le suivi médical connecté, sont venus témoigner de la réussite de leur partenariat, malgré des difficultés telles que les différences de temporalité entre un grand groupe et une jeune pousse. Chacun apporte sa pierre à l'édifice... « Maela apporte son expertise digitale et technologique. Medtronic apporte son expertise technique, thérapeutique et opérationnelle », a relevé le jeune patron de Maela, Hubert Viot. Pour Antoine Groheux, responsable innovation de Medtronic, la fidélité est cruciale. « Vous vous êtes battus pour que cette collaboration puisse faire émerger des projets, allez jusqu'au bout ! », s'est-il exclamé. Pas question, donc, de se laisser séduire par une autre innovation qui n'apporterait qu'une petite amélioration...

Convaincre les investisseurs

Enfin, le nerf de la guerre pour toute start-up reste le financement. « Pour convaincre les investisseurs, le projet ne suffit pas. Une équipe qui n'est pas assez complémentaire n'ira pas loin », a insisté Armelle Graciet, directrice des affaires industrielles du Snitem, lors d'une table ronde sur l'écosystème du financement des medtech. Compléter les compétences scientifiques avec celles du business est essentiel, a déclaré cette experte, en rappelant que la santé représente le deuxième secteur d'investissement des business angels en France.

L'IA au cœur des nouveaux enjeux

Big Data, objets connectés, algorithmes... le développement des dispositifs médicaux passe de plus en plus par l'intelligence artificielle. Celle-ci est capable d'analyser les données, de faciliter le diagnostic et d'accélérer les processus voire de prendre des décisions thérapeutiques. Elle soulève aussi de nouvelles questions : qualification en dispositif médical ou non, consentement à l'exploitation des data, avènement du préventif grâce au prédictif, nouveaux modèles économiques... Autant d'enjeux aussi bien juridiques que sociétaux, culturels qu'économiques qui sont le signe d'une révolution en marche.

Le prochain rendez-vous est d'ores et déjà donné à la profession le 12 mai 2020 à la Cité des sciences et de l'industrie pour une nouvelle Journée « Start-up innovantes » du dispositif médical, toujours plus riche en innovations.

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