Le tour du monde en ballon

Créée en 1993, la société Aerophile propose des voyages en ballon aux touristes, dans 37 pays. Silencieux et non-polluants, certains de ces engins volants permettent aussi, grâce à des capteurs, de mesurer la qualité de l'air.

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(Crédits : DR)

La passion de l'envol est venue très tôt pour Jérôme Giacomoni. Enfant, il découvre le club de montgolfière près de chez son grand-père - et devient pilote de montgolfière... Puis il décide, avec Matthieu Gobbi, étudiant comme lui à l'École polytechnique, de créer d'abord un club. Ensuite, à leur sortie des Ponts et chaussées, ce sera une société, Aerophile. Leur but : faire découvrir du ciel les beautés de la terre, le tout à un prix abordable. Première échappée, en 1994, avec un ballon à Chantilly, qu'ils ont conçu et construit eux-mêmes, puis une deuxième, en 1995, au château de Cheverny. Les ballons ont tant de succès qu'ils s'envolent d'un peu partout en France - de Paris, puis de Disneyland Paris, puis des Etats-Unis, au parc Disney, en Floride, et au zoo de San Diego, en Californie.

Aujourd'hui, la société gère huit ballons captifs, en a vendu plus de 100, fait voler chaque année plus de 500 000 personnes et opère dans 37 pays. Car elle n'en est pas restée à son premier concept. « J'aime inventer », résume le co-fondateur de l'entreprise devenue leader mondial dans son domaine. La société innove en effet avec de nouveaux ballons, puis, en 2013, avec l'aerobar, le premier bar aérien au monde, installé au Futuroscope. « Les Emirats en raffolent », se réjouit Jérôme Giacomoni. En 2014, les deux co-équipiers lancent également un parc d'attractions, en Alsace, le Parc du Petit Prince, le premier parc aérien au monde.

Défense de l'environnement

En 2013, ils initient un projet de recherche avec le CNRS pour mesurer la qualité de l'air grâce à des capteurs. Avec ces données, en changeant de couleur, pour indiquer le niveau de pollution, le ballon Generali informe les Parisiens sur l'état de l'air qu'ils respirent en temps réel. « Nos ballons sont silencieux et non-polluants et nous sommes très attachés à l'environnement. La mauvaise qualité de l'air est responsable du décès de 9 millions de personnes par an dans le monde, souligne Jérôme Giacomoni. Nous voulons sensibiliser sur ce sujet ». L'imagination, la beauté, mais aussi la science et « l'esprit pionnier de ceux qui ont lancé l'aviation », sont autant de 'moteurs' pour les co-fondateurs d'Aerophile. D'ailleurs, ils ont lancé, en partenariat avec la municipalité de Cracovie, un ballon pour dépolluer l'air.

L'autre passion des deux associés, c'est l'international. Avec une satisfaction tout particulière pour Angkor, où, comme aux Etats-Unis, la société a ouvert une filiale, en 2018, avec 27 emplois à la clé (sur un effectif total de 150 salariés et un chiffre d'affaires de 16 millions d'euros, dont 80% réalisé hors de France) « Et nous sommes sans doute le plus vieux client de Bpifrance ! », s'exclame Jérôme Giacomoni, puisque la banque publique, avant même de prendre ce nom, a accompagné les aventures d'Aerophile depuis ses débuts. Prêts, avances remboursables, assurance pour le développement, notamment aux Etats-Unis, et pour finir, une prise de participation de 5% au capital de l'entreprise, en 2016. « Nous avons encore beaucoup à faire », enchaîne Jérôme Giacomoni. D'abord trouver de nouveaux terrains de jeux, en Asie et en Amérique latine, par exemple, où il rêve de survoler les chutes d'Iguaçu. Mais aussi s'engager toujours plus pour l'environnement, avec notamment des études d'impact. « Nous sommes à l'écoute de la musique du monde », conclut-il.

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Commentaire 1
à écrit le 07/06/2021 à 15:20
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Silencieux quand les bruleurs ne fonctionnent pas !

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