Les femmes à la conquête de la Lune…

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(Crédits : DR)
Pour la première fois depuis plus de dix ans, l'Agence Spatiale Européenne (ESA) s'apprête à recruter de nouveaux astronautes. Trois mois après la présentation des neuf hommes et des neufs femmes de la “génération Artemis” de la NASA, l’ESA confirme son intention de placer la diversité au cœur du recrutement de sa nouvelle équipe d'experts. Tout semble donc réuni pour que la prochaine classe d'astronautes européens soit la première à respecter la parité !

Fort de ce constat, une conférence sur le rôle des femmes dans l'industrie spatiale est organisée sur Paris Space Week les 9 et 10 mars prochains.

Un espace largement dominé par les hommes ?


En effet, le dernier recrutement de l'ESA remonte à l'année 2008/2009. À cette époque, l'ancienne pilote de l'armée de l'air italienne Samantha Cristoforetti était la seule femme sélectionnée parmi les six chanceux retenus. Quatre ans plus tard, les États-Unis ont été le premier pays à faire un pas vers la diversité en recrutant quatre hommes et quatre femmes parmi plus de 6100 candidatures. C'est ainsi qu'en 2013, la 21ème promotion d'astronautes de la NASA est devenue la première composée d'un nombre égal d'hommes et de femmes.

1963 : la première femme dans l'espace

Depuis soixante ans, l'espace semble donc être resté une industrie majoritairement dominée par les hommes. En novembre 2020, seuls 11% des 568 astronautes qui sont allés dans l'espace étaient des femmes. Pourtant, peu de temps après le vol historique de Youri Gagarine en avril 1961, le Kremlin avait déjà compris l'importance du vol spatial féminin, autant pour servir la propagande du régime soviétique que pour prouver sa domination dans la course spatiale qui s'installe alors au cœur de la guerre froide.

Valentina Terechkova, pionnière de l'espace

Le 16 juin 1963, soit deux ans seulement après le vol historique de Gagarine, Valentina Vladimirovna Terechkova devient la première femme à atteindre l'espace à bord de sa capsule Vostok 6. Aujourd'hui, la députée de la Douma reste la plus jeune femme à avoir été dans l'espace et est encore la seule femme astronaute à avoir compléter un vol spatial en solitaire. Malgré le succès mondial de la cosmonaute soviétique à seulement 26 ans, il faudra attendre deux décennies de plus pour enfin voir une américaine dans l'espace.

Les femmes à la conquête de l'espace

Le 18 juin 1983, l'astronaute américaine Sally Ride entre dans l'histoire spatiale en devenant la première femme à s'envoler à bord de la navette Challenger. L'année suivante, l'Union soviétique reprend les devants dans le domaine du vol spatial féminin, lorsque Svetlana Savitskaya quitte la station spatiale Saliout 7 pour effectuer la première sortie extravéhiculaire (EVA) féminine, accompagnée de son collègue Vladimir Dzhanibekov. Trente-cinq ans plus tard, en octobre 2019, un nouveau record est établi lorsque les astronautes Jessica Meir et Christina Koch forment un binôme 100% féminin pour effectuer des opérations de maintenance autour de la Station spatiale internationale (ISS). Avec un total de 204 et 328 jours passés dans l'espace, c'est sans surprise que les deux femmes ont été sélectionnées pour rejoindre les rangs du programme Artemis.

Artemis: la prochaine étape du vol spatial féminin?

Sœur jumelle d'Apollon et déesse de la lune, la figure mythologique grecque a été choisie par la NASA pour nommer son futur projet d'exploration spatiale. Pour rappel, le programme Artemis annoncé le 14 mai 2019 vise à déposer sur la Lune la première femme astronaute d'ici 2024. En effet, parmi les 24 chanceux ayant voyagé au-delà de l'orbite terrestre pendant le programme Apollo, tous étaient des hommes.

Après la NASA, la parité pour l'Europe ?

C'est d'ailleurs pourquoi l'ancien vice-président Mike Pence a annoncé en décembre dernier que neuf des 18 recrues de la génération Artemis seraient des femmes, dont les deux astronautes du binôme composé de la biologiste Jessica Meir et de l'ingénieure Christina Koch. À la veille de la nouvelle campagne de recrutement de l'ESA, la course qui s'engage pour retourner sur la Lune semble donc une belle opportunité pour revoir des femmes marquer l'histoire de la conquête spatiale.

Objectif Lune !

Suite à l'élection de Joe Biden, et avec la récente décision de la NASA de repousser la sélection de leur atterrisseur lunaire, le doute semble pourtant s'installer sur le calendrier de la mission Artemis. Malgré tout, si les chances de voir des astronautes revenir sur la Lune d'ici 2024 semblent s'amincir, ce n'est qu'une question de temps avant que l'on puisse voir une femme faire un petit pas sur la Lune et un bon de géant pour l'humanité.

Dans ce contexte, la Paris Space Week accueillera du 9 au 10 mars prochains plus de 1000 acteurs du secteur de l'espace. Parmi la quarantaine d'intervenants prévus au programme, un panel de six expertes présentera lors d'une conférence en ligne comment les femmes relèvent les nouveaux défis de l'industrie spatiale, notamment pour préparer notre retour sur la Lune.

Pour plus d'infos : https://www.paris-space-week.com

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