Tourisme : se réinventer pour renaître
Lysiane J. Baudu
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L'annonce a valeur de symbole. Le 25 mars dernier, dans un communiqué commun, les ministres de la Culture, du Tourisme, de l'Environnement et des Infrastructures italiens ont déclaré que les paquebots ne pourraient plus s'approcher du centre historique de Venise et devraient, dans un premier temps, jeter l'ancre au port industriel. La décision, prise « afin de protéger un patrimoine culturel et historique qui appartient non seulement à l'Italie, mais au monde entier », ont-ils souligné, a été saluée par les 260 000 Vénitiens, qui manifestaient leur mécontentement et leur inquiétude depuis plusieurs années, face à ces immeubles flottants qui déversaient d'un coup des milliers de plaisanciers place Saint-Marc. Si certains - cafetiers et restaurateurs, boutiquiers et vendeurs de souvenirs, gondoliers et guides - vivaient du tourisme, d'autres n'y voyaient qu'une foule encombrante, une moisson de papiers gras et des dommages pour l'écosystème fragile de la lagune. Venise, qui engrangeait 3 milliards d'euros par an provenant du tourisme, a vu cette manne se tarir l'an dernier. Mais ce vide laissé par les hordes de visiteurs a été l'occasion de réfléchir à une nouvelle façon de les accueillir et à une activité plus durable.
Lysiane J. Baudu