Comment le français Ingenico espère devenir un géant du paiement en ligne

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Le groupe français sera présent sur tous les canaux de vente, et plus seulement les terminaux, en Amérique du Nord.
Le groupe français sera présent sur tous les canaux de vente, et plus seulement les terminaux, en Amérique du Nord.
Le fabricant de terminaux de paiement en boutiques va racheter pour 820 millions d’euros le néerlandais GlobalCollect, spécialiste des transactions d’e-commerce transfrontalières. La Bourse applaudit ce mouvement stratégique : l’action Ingenico bondit ce jeudi à son plus haut niveau depuis 2000 !

C'est une success story française discrète qui réalise un mouvement stratégique d'envergure : Ingenico, connue essentiellement pour ses terminaux de paiement en magasins, a annoncé jeudi soir être entrée en négociations exclusives en vue du rachat du néerlandais GlobalCollect, un des leaders mondiaux des services de paiement en ligne et concurrent de PayPal (eBay), pour 820 millions d'euros. Cette acquisition d'un business très complémentaire intervient dix-huit mois après l'annonce du rachat du belge Ogone, spécialiste du paiement en ligne et mobile, pour 360 millions d'euros. Les investisseurs applaudissent l'opération : l'action Ingenico bondit de 7% ce vendredi matin autour des 70 euros, son plus haut niveau depuis 2000. Sa capitalisation boursière atteint 3,7 milliards d'euros, soit 1 milliard de plus qu'Air France, TF1 ou Havas...

Transformation du modèle économique vers les services

GlobalCollect, dont le siège se trouve à Amsterdam, emploie plus de 500 salariés dans le monde et a réalisé un chiffre d'affaires net de 111 millions d'euros et un bénéfice brut opérationnel de 50 millions. L'entreprise « a développé une expertise reconnue dans les services de paiement, en particulier dans le commerce en ligne transfrontalier, permettant aux grandes marques de vendre leurs produits sur Internet à travers le monde » explique Ingenico. C'est un fournisseur de services de paiement en ligne intégrés (« Payment Service Provider » ou « PSP ») qui prend aussi en charge le transfert, le processing et la réconciliation des fonds entre consommateurs et marchands.


Le rachat de GlobalCollect, qui devrait être finalisé au début du quatrième trimestre, va permettre à Ingenico de « rééquilibrer sa couverture géographique vers le marché nord-américain sur l'ensemble de la chaîne de valeur du paiement », l'entreprise néerlandaise réalisant 65% de son activité hors d'Europe, dont 36% en Amérique du Nord, « tout en accentuant son exposition aux marchés à forte croissance d'Asie Pacifique et d'Amérique Latine », d'accéder à « près de 600 e-commerçants internationaux de premier plan », (Levis', KLM, Emirates, LinkedIn, etc), mais aussi d'« accélérer la transformation de son business modèle vers les services de paiement », un marché en forte croissance et plus prometteur que les machines en points de vente. Ingenico vient ainsi clairement sur le terrain de Wordline la filiale d'Atos, entrée le mois dernier en Bourse. Un marché qui aiguise aussi l'appétit de nombreux acteurs, des banques aux géants du Net, Amazon, Google et Facebook.

Objectifs 2016 revus à la hausse

« L'acquisition de GlobalCollect est de nature à accélérer la mise en œuvre à l'échelle mondiale de notre stratégie sur tous les canaux, en particulier dans les services de paiement et le paiement mobile. [...] Cela changerait notamment la donne en Amérique du Nord, où nous pourrions fournir des solutions de paiement sur tous les canaux de vente, au-delà des terminaux » a expliqué le PDG du groupe Ingenico, Philippe Lazare.

L'opération aura un impact positif sur le bénéfice par action de l'ordre de 15% dès l'an prochain. Elle conduit Ingenico à revoir en hausse ses objectifs 2016 : son chiffre d'affaires pro forma devrait dépasser 2,2 milliards d'euros, contre 1,3 milliard en 2013, et sa marge brute d'exploitation excéder 20%. Le rachat, réalisé auprès du fonds de private equity Welsh, Carson, Anderson & Stowe, l'actionnaire de GlobalCollect, sera financé en trésorerie à hauteur de 220 millions d'euros et de la dette bancaire pour 600 millions.

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