À Lille, Euratechnologies freinée par le manque d'accélérateurs privés

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Le site lillois Euratechnologies bénéficie déjà d'une forte renommée internationale.
Le site lillois Euratechnologies bénéficie déjà d'une forte renommée internationale. (Crédits : DR)
La capitale des Flandres dispose de l'un des écosystèmes numériques les plus aboutis de France, qu'elle doit à la volonté des acteurs institutionnels. Mais les grosses entreprises manquent à l'appel pour aider les start-up.

« Si les métropoles régionales ont toutes un écosystème numérique actif, peu ont commencé à le densifier autour de lieux "étendards" servant de point de ralliement à l'ensemble des acteurs et disposant d'une taille critique, à l'instar d'Euratechnologies à Lille. Ce lieu est connu dans 96 pays et s'affiche comme une belle réussite de ville numérique »...

Ce ne sont pas les élus du territoire lillois qui le disent, mais la Caisse des dépôts et consignations dans son rapport de mission de préfiguration sur les quartiers numériques, et ce avant même que ce projet d'aide au développement des start-up françaises ne devienne celui de la French Tech.

Ce pôle d'excellence économique - géré conjointement par la communauté urbaine de Lille, la région Nord-Pas-de-Calais et la ville de Lille - est à la fois incubateur et accélérateur de start-up, laboratoire d'innovations, studio numérique tous services, espace de formation et mentorat. Il abrite des équipes de l'Inria et le Centre d'innovation des technologies sans contact (CITC), le seul institut de recherche entièrement consacré aux sciences du numérique.

Il héberge plus de 130 entreprises spécialisées dans les technologies de l'information et de la communication, dont plusieurs start-up de renommée internationale comme Adictiz - qui fait le buzz avec le jeu Paf le chien - et Giroptic, qui vient de lever plus de 1,2 million de dollars sur une plate-forme américaine de financement participatif.

Un pôle d'excellence reconnu, mais à reformater

En seulement cinq ans d'existence, Euratechnologies a réussi à attirer les géants américains Microsoft, Cisco, IBM et l'indien Tata. La réussite de cet écosystème lillois du numérique a servi d'exemple pour définir le projet de la French Tech. Pour Lille, la labellisation

« Métropole French Tech » paraissait ainsi gagnée d'avance. D'autant que la grande cité du Nord dispose de bien d'autres atouts. Construit plus récemment sur le même modèle qu'Euratechnologies, La Plaine Images, son autre pôle d'excellence voué à l'animation, à l'audiovisuel et aux jeux vidéo, regroupe 70 entreprises dont la fameuse société Ankama, créatrice des jeux Dofus et Wakfu. Plusieurs de ses start-up connaissent un succès fulgurant, comme Clic and Walk, qui vient de se placer dans le top 10 des start-up mondiales les plus innovantes, selon le classement Unesco Netexplo.

Tant que l'implication du secteur privé n'entrait pas dans les priorités, Lille avait donc toutes les bonnes cartes en main. Mais la copie du gouvernement a changé. Il a décidé d'attribuer les aides financières aux initiatives privées d'accélération de la croissance des futurs champions du numérique. Or, l'écosystème lillois du numérique est surtout fondé sur l'implication des acteurs publics.

Où sont les mentors ?

À part Octave Klaba, le dirigeant d'OVH très impliqué auprès de Bercy sur la stratégie française du cloud, et Mongi Zidi, PDG du groupe Archimed et président du PRN (Pôle régional numérique), il n'y a pas d'entrepreneurs de renom international réellement engagés dans la candidature French Tech de Lille. Et parmi les trois programmes privés d'accélération existants, aucun n'apporte d'aides financières aux start-up. L'accélérateur Tektos est basé à Calais, à plus de 100 kilomètres de Lille. Porté par Rabot Dutilleul, Orange et Veolia Environnement, TIA permet simplement aux PME de s'adosser à ces groupes pour avoir accès à des gros marchés. Et ICC est surtout un organisme de formation.

Heureusement, deux nouveaux acteurs se sont récemment engagés. Le fonds de développement Via-ID de Mobivia Group, dont fait partie Norauto, soutient les nouveaux concepts d'entreprise en lien avec la mobilité. Créé en juin 2014 par trois associés dont Martin Toulemonde, le fondateur de Chronodrive, l'accélérateur Sparkling Partners accompagne déjà quatre start-up lilloises de manière opérationnelle ainsi qu'en les aidant financièrement par une entrée au capital. Il faudrait que Lille arrive à attirer des mentors fortunés de dimension internationale « Métropole French Tech » l'y aiderait.

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>>> Pour en savoir plus sur la French Tech en métropoles

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Commentaires
a écrit le 12/09/2014 à 8:00 :
Il faut partir de l'idée contraire: à bon concept, il ne manque jamais de moyens. Mais il y a énormément de déchets parmi les différents projets. Le XXI siècle, c'est le siècle de l'innovation, capital et travail ne sont plus des facteurs limitants.
a écrit le 11/09/2014 à 17:55 :
Comment "attirer des mentors fortunés de dimension internationale" quand on est ennemi de la finance ?
Réponse de le 12/09/2014 à 8:44 :
Propos débiles et hors sujet. Fustigez plutôt l'inertie des banques Françaises incapables d'investir dans des projets à risque préférant les rentes de bons pères de famille pour satisfaire ses actionnaires. Là votre commentaire est plus pertinent.

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