Altice/SFR : une semaine en enfer

 |   |  500  mots
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice (SFR).
Patrick Drahi, le fondateur et propriétaire d'Altice (SFR). (Crédits : REA)
Malgré la sortie de Patrick Drahi, ce mardi, qui a martelé que son groupe de télécoms et de médias mettait un terme aux acquisitions pour se concentrer sur son désendettement, le titre s’est de nouveau écroulé de 12% ce vendredi à 8,10 euros. En deux semaines, près de 11 milliards d’euros de capitalisation boursière se sont envolés.

Les marchés ne sont toujours pas rassurés. Loin de là. Ce vendredi à la Bourse d'Amsterdam, Altice a encore une fois essuyé une fronde des investisseurs. Pendant cette séance, le titre a plongé de 12% à 8,10 euros. Au total, depuis lundi, le titre a donc chuté de plus de 21%. Depuis le 2 novembre et la publication de mauvais résultats trimestriels, Altice est dans l'œil du cyclone. Aujourd'hui, sa capitalisation boursière est légèrement en dessous de 11 milliards d'euros, contre près de 22 milliards il y a deux semaines...

Les mesures fortes prises par le groupe n'ont pas permis d'en finir avec sa dégringolade boursière. La première grande décision date du 9 novembre dernier. Suite à une première fronde des marchés, Patrick Drahi a chamboulé la direction du groupe, n'hésitant pas à remercier Michel Combes, jusqu'alors DG d'Altice et Pdg de SFR. Le milliardaire, jusque-là en retrait, est revenu sous le feu des projecteurs en prenant la tête de la présidence du conseil d'administration. En replaçant ses vieux compagnons à des postes clés (Dexter Goei, le patron d'Altice USA, à la direction générale d'Altice, et Armando Pereira, actionnaire historique de la société, à la tête des activités télécoms du groupe), il a capitalisé sur ce « retour à l'organisation d'origine, qui avait permis le succès du groupe Altice », pour rassurer les investisseurs.

« Il n'y aura pas de fusions et acquisitions »

Mieux, quelques jours plus tard, Patrick Drahi et ses lieutenants n'ont pas hésité à faire leur mea culpa. Lors d'une conférence à Barcelone, Dennis Okhuijsen, le directeur financier du groupe, a affirmé que désormais, Altice allait « donner la priorité à la réduction de la dette », notamment concernant sa filiale SFR. « Il n'y aura pas de fusions et acquisitions, nous allons faire un retour à l'essentiel et éviter les dépenses opérationnelles inutiles », a-t-il embrayé selon l'AFP, conscient des craintes liées à la capacité du groupe à s'acquitter de sa dette de plus de 50 milliards d'euros. Lors de cette même conférence, Patrick Drahi a affirmé qu'il allait tout faire pour relancer SFR, dont les fuites de clients à la concurrence constituent la principale inquiétude des analystes et des investisseurs. Il a ainsi avoué « un problème de management » chez l'opérateur au carré rouge. « Nous devons nous concentrer sur tous les petits détails opérationnels importants, a-t-il poursuivi. Nous devons faire en sorte que les clients soient heureux d'être chez nous. »

Patrick Drahi a même reconnu que SFR avait également mal géré ses augmentations de tarifs pendant l'été, créant un mécontentement, et n'avait pas, en outre, vendu ses contenus de façon optimale. Côté objectifs, le fondateur d'Altice a indiqué qu'il visait une stabilisation du chiffre d'affaires l'année prochaine, avant de retrouver le chemin de la croissance et de la rentabilité en 2019. Reste que cet électrochoc n'a, jusqu'à présent, pas permis de calmer les marchés.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/11/2017 à 15:56 :
Il n'y a pas de plan B. Il n'y a jamais eu de plan B.

Aujoud'hui Altice France ne peut pas clarifier sa stratégie et sa situation opérationnelle sans marge de manoeuvre financière, pourtant elle reste plus que jamais contrainte à cracher des cash-flows élevés pour rembourser sa dette et celle de son actionnaire.
Drahi a pu faire illusion peu après le rachat de SFR, mais maintenant que l'échec du rachat de Bouygues fait partie de l'histoire, on voit bien qu'il n'y avait pas d'alternative au plan A, celui du retour à 3 opérateurs mobiles, et que le LBO lancé avec si peu de fonds propres était une folie. Pour continuer à s'endetter, restait donc l'option de la diversification, sous différents prétextes, expansion géographique, convergence, synergies, et j'en passe. Il y a eu le plan C, comme Contenu. Après tout, il y a plus de journalistes chez Altice France qu'au New York Times, et la valeur ajoutée du contenu est incomparable: low cost tout azimuts. Il y a le plan F aussi, comme Foot, qui à ce stade de surenchères n'a pas dépassé le niveau footaise. Il y a eu le plan U, comme consolidation et convergence du câble aux USA: sans marge de manoeuvre financière, Altice USA va finir marginalisée dans un paysage en recomposition si elle ne peut prétendre continuer à y prendre part. Le plan P aussi, comme Portugal ou Pereira, qui semble se dérouler avec autant de succès que le plan A. Et ces derniers temps on a eu droit au plan E: comme Esbrouffe ou Embrouille, je t'en mets plein la figure, je vais lancer une banque, je vais fibrer la France rurale et les petites villes de province tout seul comme un grand, et d'ailleurs je m'attaque à l'ARCEP.

Depuis 2014 le paysage télécoms en France a bien changé. Free est devenu un acteur majeur du mobile tâlonnant SFR et Bouygues, tandis qu'Orange conserve son avance. Bouygues s'est redressé dans le mobile, a clarifié sa stratégie, poursuit sa croissance sur le fixe. Le seul qui ne croisse pas et perde des parts de marché c'est SFR. Passé en 3è position derrière Free dans le fixe en nombre de clients. Peut-être bientôt en dernière position dans le mobile si la tendance actuelle se prolonge.
Partant d'un positionnement plutôt haut de gamme dans le fixe avec Numericable et dans le mobile avec SFR, se prenant pour Emirates, Altice a réussi l'exploit de leur offrir une expérience client digne de Ryan Air ou Easy Jet avec les tarifs Air France. Le B2B est un désastre. Ne reste plus qu'une ou deux armes: RED et le Foot.La première rapporte peu, la seconde coûte cher pour l'instant.

Drahi, c'est la finance et le juridique. Le deal-making, l'ingénierie financière, le bluff, et le non-respect à la fois des règlementations et des engagements contractuels. Plus c'est gros plus ça passe: on pousse le bouchon au maximum en espèrant que ça va passer. On n'hésite pas à se mettre en situation de conflit d'intérêt avec ses clients, ses fournisseurs, les autorités, ses salariés, mais également ses actionnaires. Une seule règle: on ne se met pas ses banquiers à dos. Seul engagement respecté le remboursement des dettes. C'est la clé du pouvoir pour l'avenir. Le reste on s'en fout. Quand il n'y a plus de liquidités supplémentaires à portée de mains parce que la confiance s'est volatilisée, on est mal. On n'impressionne plus personne. On devient un nobody. On est à risque de faire une explosion en vol de bouffée de délire mégalomaniaque.

3 ans déjà. Pendant que la concurrence prenait de l'avance, l'infrastructure du groupe s'est détériorée avant que les investissements ne reprennent un rythme un peu plus normal. Altice France ne peut plus faire croire que les CFs vont se maintenir sans croissance du chiffre d'affaires. Et ne peut plus faire croire que le chiffre d'affaires va croître sans investissements tout en poursuivant les réductions de coûts opérationnels. Le plan S, comme social, de 5000 salariés va-t-il passer à la trappe? Qu'est-ce qu'on fait, on se repositionne ou on lâche l'affaire et on vend? On se repositionne comment? On a une image de bandits, et ok, les clients qui sont sensibles aux prix se foutent un peu de notre image. Les footeux ça dépend. On se repositionne sur le low cost? C'est le niveau de notre prestation actuelle, cela serait cohérent, mais pour faire croître la topline va falloir être hyper performant sur le plan commercial, ça va faire mal à l'ARPU, ça va pas trop aller au final. On se repositionne plus haut de gamme? Les clients se barrent va falloir les retenir, et pas sûr que Libé et le foot ce soit leur tasse de thé. Et puis faudrait accélérer sur les investissements et on n'a pas l'argent pour le faire si on veut cracher de la trésorerir. Vendre des actifs non-stratégiques? Va falloir les trouver. Et puis les acheteurs seront méfiants, ils auront en tête l'expérience de la Réunion, on ne va pas en tirer un bon prix. Si en plus c'est pour nous louer derrière l'infrastructure vendue, ils sauront d'avance qu'on n'a pas l'intention de les payer.

On vend Altice France? Personne n'en veut? On va vendre par morceaux. A la casse plutôt. Déjà les marques ne valent plus rien, c'est zéro, et même Altice, qui n'est pas encore lancée, avec tout le bad buzz, on peut la mettre à zéro, comme ça c'est réglé d'avance. Le fonds de commerce? Il a été tellement sabordé que ça ne va pas valoir grand chose. Aujourd'hui on change d'opérateur comme de chemise, portablité du fixe et du portable oblige. Ils n'ont pas besoin de nous racheter nos clients, suffit qu'ils accélèrent le déploiement de la fibre, ou fassent un petit effort commercial qui leur reviendra moins cher. Les infrastructures? Le mobile ça peut intéresser Free, le fixe THD ça peut intéresser Bouygues. Mais ils vont se douter que l'état de notre infrastructure n'est pas top top. Pour la mise en concurrence non plus cela ne va pas être simple. Les salariés? Les salariés performants ont déjà quitté la boîte, restent les loseurs et les autres sont en burn-out, cramés, ça n'intéresse personne. Les boutiques? Bof, un ou deux emplacements pourquoi pas. On peut toujours essayer de leur vendre notre service client, il est incomparable. Cela va être dur de recouper nos pepètes. Une fois la dette remboursée faudrait pas se retrouver en negative equity, ça ne permettrait pas à Drahi et sa clique de poursuivre leurs ambitions, les banques ne suivront pas. La crédibilité c'est tout dans ce business.

Le truc c'est qu'avec la stratégie du silot on peut bien lâcher l'affaire aux US, ça ne va rien changer à la situation en France, et réciproquement. Et si on lâche l'affaire, forcément dans des mauvaises conditions, on est mort pour l'avenir, Drahi ne va quand même pas se contenter de gérer son patrimoine immobilier.

On fait quoi alors? On se fait diluer? Pas sûr que ceux qui apporteront les fonds apprécient la dream team Drahi - Pereira - Goei. On a bien dit que tout était la faute à Paulin, Combes et les autres, et qu'on n'y était pour rien mais cela ne va peut-être pas passer. Et Weil qui est embourbé dans l'affaire jusqu'au cou...

Il n'y a pas de plan B. Il n'y a pas de plan B pour la dream team et ceux qui s'engouffrent dans leur sillage. Les mâles alpha finissent souvent assassinés par leur vassaux.
a écrit le 20/11/2017 à 11:15 :
Les nombreux commentateurs et détracteurs oublient une seule chose : c'est dans l'adversité et la tourmente que cette catégorie de chefs d'entreprises se révèlent les meilleurs , ça va tanguer mais il s'en sortira et SFR avec lui !!!
a écrit le 20/11/2017 à 11:14 :
Les nombreux commentateurs et détracteurs oublient une seule chose : c'est dans d'adversité et la tourmente que cette catégorie de chefs d'entreprises se révèlent les meilleurs , ça va tanguer mais il s'en sortira et SFR avec lui !!!
a écrit le 20/11/2017 à 11:13 :
Entre un services deplorable, un reseau de pietre qualite, il est urgent de quitter SFR. En outre Monsieur Drahi ne paye pas d'impots en France, et laissera une ardoise de 50 milliards...
a écrit le 20/11/2017 à 7:23 :
la LBO n'a qu'un temps, il faut à un moment donné payer les factures et quand on n'a plus de trésorerie on fini par faire des augmentations de capital, regarder solocal, c'est la même problématique financière, le titre aujourd'hui avoisine 0.82 € alors qu'il était à près de 430 € il y a 10 ans !
a écrit le 20/11/2017 à 6:53 :
Arriva ce qui devait arriver. Emprunter 50 milliards pour réaliser sa croissance externe sans tenir compte de l’essentiel « LE CLIENT ».
Drahi est le symbole de la finance face à l’économie réelle: celle qui créée de la richesse par le fruit d’effort, de travail et de fidélité des clients. Or, ces prétendus hommes intelligents, par les grandes études qu’ils ont faites, sont aux antipodes du monde réel. Mais c’est tellement plus simple de jouer avant l’argent des autres..... Bye bye Mister Drahi
a écrit le 19/11/2017 à 19:01 :
attention information confidentiel C'est simple, SFR c'est la faillite .... donc dépôt de bilan puis la liquidation judiciaire d'ici la fin de l'année ..... à suivre de près ...
a écrit le 19/11/2017 à 16:16 :
Une surfacturation des services pro.Si SFR ne prend pas garde, c'est toute une flotte de clients d'entreprise qui risque de s'en aller.
a écrit le 19/11/2017 à 16:15 :
Il récolte les fruit de son augmentation en douce sur le dos des clients.Des clients n'ayant pas demandé de services se retrouvent avec des options payantes...
a écrit le 19/11/2017 à 10:40 :
C EST normal qu il fasse fallite avec 50millions de dette et des client qui FUIENT leurs service clientelle est desatreux; j ai quitte numericable pour sfr mais c est quif quif, souvent les images sont broullier et meme parfois on reste sans ecran presque une journee entiere, c est vrais que si leurs bornes de fibre n est pas entretenue cela ne peut pas fonctionnez c est le l histoire de la grenouille qui veut devenir boeuf,? LE PROBLEME EST QUI PRENDRAS SA PLACE CAR IL FAUT AVOIR BEAUCOUP D ARGENT POUR DEVELLOPE LA FIBRE EN FRANCE? S IL VEUT CONTINUEZ A DEVELOPE LA FIBRE EN FRANCE IL VAS FALLOIR L AIDE A S EN SORTIR???
a écrit le 19/11/2017 à 4:03 :
Ca fait longtemps que j'attends de voir Altice se casser la figure.

Ce monsieur n'a jamais rien créé. Aucune innovation, aucun service apporté. Son seul talent est de créer du fric à partir du fric et d'en profiter pour mettre la pression sur les autres.
Se conduire de façon cavalière avec les prestataires de SFR, semer la terreur chez les salariés de SFR, prendre en otage les fans de sports avec les droits qu'il rachète...

Sa mégalomanie me rappelle furieusement celle de J2M... J'espère que ça finira pareil.
a écrit le 18/11/2017 à 21:02 :
attention information confidentiel C'est simple, SFR c'est la faillite .... donc dépôt de bilan puis la liquidation judiciaire d'ici la fin de l'année ..... à suivre de près ...
a écrit le 18/11/2017 à 19:14 :
J'ai travaillé plusieurs années au service réseau de Numéricable. En 2003, j'avais demandé des opérations de remplacement de plusieurs armoires séveremment endommagées. Nous sommes en 2017, et je passe toujours régulièrement devant ces mêmes armoires. Rien n'a changé: les connecteurs prennent la pluie, le matériel est exposé aux 4 vents. Les portes, quand elles sont encore présentes, tiennent toujours avec du scotch. Entre temps l'argent des clients est parti jouer en bourse. Rien pour la techno, encore moins pour les clients. J'ai connu l'ère Messier, mais je suis heureux d'avoir quitté cette boite quand Drahi l'a racheté en 2005.
a écrit le 18/11/2017 à 15:36 :
Petit aperçu du suivi SFR pour les clients pro : ma société avait son réseau MPLS (30 sites) chez SFR. Le contrat a été dénoncé par LRAR en juin 2016 pour un arrêt en octobre 2016. Le service est coupé, et le matériel a été retourné dans les temps.
Nous sommes en novembre 2017, et SFR nous facture toujours, en nous menaçant de couper le service puisqu'on ne paye évidemment pas !
A bon entendeur ...
Réponse de le 18/11/2017 à 17:05 :
Je suis un partenaire sfr. C'est effectivement la cata depuis le rachat par Numericable....malheureusement il y a des gens extraordinaires chez SFR qui subissent au quotidien les erreurs stratégiques de la direction.
Paulin était un dirigeant à la hauteur mais il a dit la vérité à Drahi est c est fait virer
Réponse de le 18/11/2017 à 18:48 :
Vas chez vivaction 30% moins cher interlocuteur dédié voix et data sécurisé
a écrit le 18/11/2017 à 14:48 :
ah le retour de bâton est dur.!!!!!!... alors que vous connaissiez la situation en pensant que l on peu terroriser ses employers et prendre les clients pour des vaches a lait... adieu altice service minable
a écrit le 18/11/2017 à 14:06 :
au lieu de speculer qu'il commence par payer ses dettes
et apres c'est la fin
a écrit le 18/11/2017 à 11:32 :
... Où l'on peut... parfois... aussi, comprendre l'agacement dans certains Tweet, comme celui controversé de Gérard Filoche, qui dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Beaucoup, certainement beaucoup plus que nous le pensons. Le "Macronisme" (parenthèse politique anachronique) est le terreau des extrêmes pour les futures élections.
Réponse de le 18/11/2017 à 15:04 :
C'est bien, vous avez bien appris votre leçon. Et rapport avec la chute du titre Altice?
Réponse de le 18/11/2017 à 16:59 :
Quel rapport ?
a écrit le 18/11/2017 à 10:44 :
La banqueroute ou la hausse des impôts des Français, voilà le résultat qui va arriver, tout le monde le sait : les actionnaires vendent, les salariés partent et les clients résilient. Reste les "rois" de la "finance"...
a écrit le 18/11/2017 à 10:20 :
Dès l'annonce du rachat de SFR par Drahi en LBO j'ai souhaité quitter Numericable simplement pour cesser de financer ce genre d'enteprise. Malheureusement, mon immeuble n'étant pas fibré, j'ai dû patienter. J'avais prévenu Orange qui me démarchait régulièrement que le jour où ils fibreraient l'immeuble je considérerai volontiers leur offre.
J'avais connu dans le passé quelques insatisfactions avec Orange mais qui s'étaient réglées sans discussions après envoi d'un courrier recommandé avec accusé de réception et j'avais pu résilier sans difficulté.
Cela faisait plusieurs années que je subissais des problèmes de qualité de service avec Numericable, qui a toujours nié l'existence d'un quelconque problème technique et se contentait d'échanger des Box et de supprimer des répartiteurs sur mon installation pour amplifier le signal. Mais les problèmes subsistaient. Curieusement, le jour où Orange fibré l'immeuble, les problèmes ont disparu. Aux problèmes techniques il faut ajouter les facturations illisibles, fantaisistes, qui augmentent chaque mois au gré des options imposées inutiles, valses de TVA et j'en passe, la nécessité de menacer de résilier pour réussir à modifier son abonnement à la baisse, des interlocuteurs désagréables, incompréhensibles, et qui maîtrisent mal le français .

Quand au printemps j'ai souscrit chez Orange, j'ai dans la foulée envoyé un courrier de résiliation recommandé avec accusé de réception à Numericable. Puis je suis allée voir ma banque et j'ai révoqué l'autorisation de prélèvement automatique de Numéricable et j'ai attendu. Attendu qu'on m'indique qu'ils prenaient acte de la résiliation et m'envoient des instructions pour retourner le matériel. Quand plusieurs semaines plus tard Orange vient installer la fibre, je n'ai toujours aucune nouvelle de Numericable. Je les appelle, et là, alors que j'ai en main l'accusé de réception, ils m'expliquent qu'ils n'ont pas reçu mon courrier, qu'il faut que je leur envoie un courrier ordinaire pour leur signaler que je leur ai envoyé un recommandé qu'il ont déjà reçu. Qu'on se moque ainsi de moi me met de méchante humeur. Au bout d'une demi-heure de conversation ils retrouvent trace de mon courrier de résiliation mais repoussent de 48h sa réception. S'ensuivent des considérations compliquées, clauses du contrat à l'appui, sur le timing de la résiliation, avec d'un côté la portabilité du téléphone fixe, et de l'autre la TV, la non-coïncidence des deux résiliations faisant basculer mon abonnement sur un autre contrat pour les derniers jours. On ne peut pas me transmettre par téléphone les instructions de retour du matériel et nous convenons des prochaines étapes.
Evidemment elles ne seront pas respectées. Dès le lendemain je reçois un email qui m'alerte que n'ayant toujours pas retourné le matériel je suis en retard. Bien entendu je n'ai toujours pas reçu les instructions. Un jour je reçois un courrier qui m'indique qu'ils prennent en compte ma demande de résiliation, effective J-16 (J= date d'envoi du courrier). Il faut savoir que chez Numericable on a 15 jours pour retourner le matériel à partir de la date de résiliation. Bien sûr, je n'ai pas reçu le courrier daté J au jour J, mais à J+5. On est donc à 3 semaines de la date qu'ils retiennent pour la résiliation et ne correspond évidemment pas à celle convenue au téléphone. Par construction j'ai déjà une semaine de retard!
En attendant que je renvoie le matériel, ils échouent à prélever mon compte, et ne traînent pas pour m'envoyer un courrier, puis un autre peu après, pour m'annoncer qu'ils ont résilié pour incident de paiement et que n'ayant pas encore renvoyé le matériel, ils vont me retenir des frais de retard.
Renvoyer le matériel n'est pas simple: il faut trouver l'emballage adéquat (carton), puis il faut se rendre dans l'un des rares et obscurs points relais habilités (un supermarché dans mon cas), où comme toute preuve de dépôt une caissière va tamponner votre bout de papier. Après vous pourrez suivre en ligne le parcours du colis mais ne pourrez pas recevoir de preuve de livraison. Au mieux vous pouvez faire une impression de la page internet Chronopost.
Par la suite Numericable ne va pas tenir compte du retour du matériel, continuer à me le réclamer, plus des frais, etc. J'ai patienté jusqu'au jour où j'ai reçu un courrier d'huissier. J'ai consenti à joindre leur service client par téléphone devenu payant (inévitable lorsqu'on n'est plus abonné), au bout d'une demi-heure encore, ils reconnaissent la réception du matériel, leurs erreurs, j'ai droit à des excuses et à l'engagement d'une confirmation écrite sous 72h au maximum. Je n'attends pas 72h pour contacter la DGCCRF sur la partie de leur site dédiée au litiges avec les opérateurs télécoms et leur exposer la situation.
La DGCCRF réagit et transmet ma plainte à la DDPP concernée, qui va me confirmer par email puis par courrier les jours suivants qu'ils vont intervenir.
Entretemps je ne reçois pas de courrier de confirmation de Numericable, mais un nouveau courrier d'huissier qui me réclame encore plusieurs centaines d'euros.
Deux mois plus tard, après examen du dossier transmis par la DDPP au service Numericable concerné, Numericable reconnaît me devoir de l'argent sans détailler le calcul de la somme et m'indique qu'ils soldent mon compte. Dans la foulée je reçois un chèque de remboursement d'un montant un peu supérieur à celui de mon dépôt de garantie initial.

Tout cela pour dire qu'après cette expérience il est bien entendu absolument inenvisageable que je contracte à nouveau auprès du groupe Altice. On peut dire que j'ai été vaccinée à vie, sans besoin du moindre rappel. Il faudrait être masochiste pour redemander à se faire escroquer et prendre pour un imbécile.

Toutefois, dans les mois qui ont suivi j'ai reçu des appels commerciaux de SFR qui souhaitait me proposer ses offres. J'ai eu droit au "nous avons changé, ce n'est plus comme avant, c'est beaucoup mieux maintenant". Cela m'a bien fait rire. Je leur ai dit que j'attendais patientemment l'effondrement du groupe. Que comme on le sait "petit minoritaire petit c.o.n", et qu'après avoir carbonisé et racheté à vil prix les actionnaires de SFR, j'attendais le moment où Drahi ferait la même chose avec les nouveaux actionnaires de la filiale américaine. A ce moment-là mon interlocteur au téléphone a cru que j'étais une insider. Absolument pas, ni insider, ni jamais actionnaire, juste une ancienne cliente qui observe de l'extérieur.

A mon humble avis, tout va dépendre du nombre de clients qui, comme moi, ont été vaccinés à vie, et ne retournerons jamais, quel que soit l'appât, chez un opérateur du groupe Altice. Quels que soient les défaillances et manquements de la concurrence, ils ne jouent pas dans la même cour.

Bonne chance aux actionnaires, avec la fin de la TVA à taux réduit sur 50% de l'abonnement, avec la fin des résiliations si profitables (il faudra bien que cela cesse, même à churn constant, avec une base qui se réduit...), avec l'imagination de la concurrence qui va s'en donner à coeur joie à concevoir des offres sexys, je pense qu'on n'a pas vu la fin.

Quant aux apparitions et missives de Drahi, elles sont nécessairement marketing, c'est de la communication externe. On devine bien que dans ce groupe les vraie pratiques ne sont pas avouables et empruntent d'autres canaux de diffusion.
a écrit le 18/11/2017 à 9:34 :
Tout ceci me parait bien tardif pour changer de fusil d"épaule, car le mal est déjà fait !
Et c'est là où apparait toute la différence entre un patron d'entreprise et un patron de la finance....
Lorsque l'on est aveuglé que par le fric, il faut s'attendre un jour ou l'autre à un retour de bâton ! L' exemple de la crise des subprimes de l'été 2007....
Certains n'ont toujours rien compris du passé, et il y a toujours cette cupidité débridée !
a écrit le 18/11/2017 à 6:49 :
Bonjour,

Drahi est le type même du profiteur du système, qui a profité de ses accointances politiques pour réaliser ses opérations.
C'est aussi l'exemple type de dégat causé par les taux ultra bas qui ont permis un endettement massif pour des modèles
économiques dont on voit pas bien qu'ils ne sont pas assez rentables.
ALTICE est un groupe zombie, sans les taux bas, il ne tiendrait pas et ne survivra pas à la remontée des taux si ils les remontent
un jour car il n'est pas impossible que d'autres entreprises basées sur ce modèle d'endettement commencent aussi à craquer.
Je plains sincèrement les salariés car il semble qu'un climat de terreur règne en plus de la menace du chômage.

Cdlt.
a écrit le 17/11/2017 à 22:36 :
Des programmes de sport redondants et sans intérêt,multipliés par 3 sur le câble, des séries datant des années 60, des âneries showbiz à répétition avec des animateurs barbus qui ont le charisme des huitres, des chaines d'info qui donnent dans l'adoration macroniste façon Corée du Nord, et pour finir des films ringards sortis du placard des navets. Pas étonnant dans ces conditions que l'audience baisse et que les clients aillent voir la concurrence, ce que je vais faire le plus vite possible. Drahi a imposé Macron, il perdra son fond.
a écrit le 17/11/2017 à 20:09 :
La lutte finale , selon mélenchon ....
a écrit le 17/11/2017 à 18:47 :
Le forfait à 1 euro ? Le foot et cie, c'est pour les riches ! ;o))))
a écrit le 17/11/2017 à 18:42 :
A 8 euros, on peut acheter ou ça peut encore baisser?
a écrit le 17/11/2017 à 18:31 :
Qui trop embrasse, mal étreint ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :