Lutte contre le cybercrime: pourquoi la collaboration police/secteur privé est essentielle
François Manens
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Les forces de l'ordre ne peuvent pas faire face seules à la cybercriminalité. Ce constat récurrent vient cette fois de la bouche d'un dirigeant d'Interpol, Doug Witschi, interrogé par le site spécialisé The Register. En charge de la réponse aux menaces cyber, il travaille depuis sa prise de poste en 2020 au développement des relations entre les forces de l'ordre internationales et les entreprises de cybersécurité.
D'un côté, les autorités policières ont, avec l'aval des autorités judiciaires, la capacité d'arrêter les instigateurs des cyberattaques, de démonter leurs infrastructures ou encore de saisir leur matériel. Mais elles peinent à faire face aux groupes cybercriminels, qui disposent de moyens financiers et humains toujours plus importants pour mener à bien leurs opérations.
De l'autre, les éditeurs de logiciels récoltent un important flux de données depuis les outils de cybersécurité qu'ils déploient chez des milliers de clients. Ils disposent ainsi d'un panorama sur le paysage des cybermenaces que les autorités publiques n'ont pas, mais ils n'ont pas les prérogatives nécessaires pour contre-attaquer.
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Face à ce constat, Interpol a initié en 2019 le projet Gateway, un portail de communication officiel entre les forces de l'ordre internationales et des entreprises de cybersécurité partenaires. Avant lui, la collaboration entre les deux parties existait, mais elle était seulement ponctuelle. Le portail, déployé en 2021, a permis de pérenniser l'appel à l'aide des pouvoirs publics aux acteurs du privé. Quelques géants du secteur, comme Fortinet, Kaspersky Lab, Palo Alto Networks ou encore Trend Micro se sont ainsi engagés à partager leurs observations sur les cybermenaces à travers Gateway.
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