Pour affronter le monde post-Covid, les notaires passent au cyber
Patrick Cappelli
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Le 1er avril 2020, Sébastien Wolf, notaire à Paris, n'a pas ri. Ce jour là, il s'est aperçu que son étude faisait l'objet d'une cyber attaque par phishing : « un pirate a intercepté un email d'un collaborateur et a pris le contrôle de sa boîte puis a falsifié des mails, des factures et des RIB. Il a réussi à détourner 700.000 euros en dix jours. J'ai découvert cette attaque le premier avril et je n'y ai pas cru, car un de mes collègues a l'habitude de me faire une farce tous les ans à cette date. Le 2 avril, j'ai vraiment compris ce qu'il se passait ». Une arnaque mûrement préparée depuis des mois et amplifiée par le confinement. « Personne n'a remarqué les fautes d'orthographe, ou l'emploi du vouvoiement et du tutoiement dans un même mail. Ce que nous aurions noté si nous avions évoqué le sujet de vive voix à l'étude » ajoute Sébastien Wolf.
Une mésaventure de plus en plus fréquente chez les notaires qui aurait pu avoir des conséquences graves. Le notaire parisien n'est pas chanceux, puisqu'il a cumulé durant l'année 2020 un phishing, une arnaque au président (un fraudeur contacte une entreprise cible en se faisant passer pour le président de la société mère ou du groupe) et un cryptage des données de son ordinateur avec demande de rançon. Heureusement, la Chambre des Notaires de Paris possède une assurance cyber qui permet à ses membres de demander une assistance technique immédiate en cas d'incidents de ce type.
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Il vaut mieux, car, en moyenne, plus d'une étude par semaine déclare un problème important de sécurité informatique selon Damien Greau d'Adnov. Les cinq grands types d'attaques sont les rançongiciels, le phishing, le vol de matériel et de données, l'usurpation d'identité et la mauvaise utilisation des mots de passe. Ces menaces cyber viennent bouleverser le métier de notaire, une profession hybride. En effet, celui-ci est à la fois un officier public, et bénéficie à ce titre d'une délégation de puissance publique, donc de l'État, et un professionnel libéral, rémunéré par ses clients. Un double statut qui lui impose d'être irréprochable lors de la rédaction des actes. Or, l'évolution rapide des technologies numériques bouleverse les procédures classiques.
Patrick Cappelli
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