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Rachat d'Activision Blizzard par Microsoft : il sera toujours possible de jouer à « Call of Duty » sur Playstation (Sony)

latribune.fr

Publié le 17 juillet 2023 à 10:50 - Mis à jour le 17 juillet 2023 à 13:03

Microsoft, et Sony sont parvenus à un accord pour maintenir la célèbre franchise sur les consoles Playstation.

Microsoft, et Sony sont parvenus à un accord pour maintenir la célèbre franchise sur les consoles Playstation.

© Kai Pfaffenbach / Reuters

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Microsoft, qui veut mettre la main sur l'éditeur de jeux vidéo Activision Blizzard, et Sony sont parvenus à un « accord contraignant » pour maintenir la célèbre franchise « Call of Duty » sur les consoles Playstation, a annoncé le géant américain dimanche.

« Nous avons le plaisir d'annoncer que Microsoft et Playstation ont signé un accord contraignant pour conserver "Call of Duty" sur Playstation à la suite de l'acquisition d'Activision Blizzard », a tweeté dimanche Phil Spencer, patron de la division jeux vidéo de Microsoft.

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L'acquisition d'Activision Blizzard (Call of Duty, Candy Crush...) par Microsoft est à nouveau reportée

« Call of Duty » est une des franchises les plus célèbres. Avec plus de 300 millions d'exemplaires écoulés dans le monde en 2019, tous épisodes confondus, elle fait partie des séries de jeux vidéo les plus vendues de l'histoire. D'après Active Player l'année dernière, « Call of Duty : Warzone », la version la plus populaire du jeu de tir en vue subjective (FPS), comptait plus de 50 millions de joueurs mensuels.

Or, le rachat d'Activision Blizzard (le studio derrière la franchise) par Microsoft en 2022, avait fait craindre à de nombreux joueurs d'autres plateformes (Playstation, Nintendo) de ne plus pouvoir accéder aux jeux Activision Blizzard comme « Call of Duty ». Phil Spencer s'est donc montré confiant, dimanche : « Nous avons hâte que se concrétise cet avenir où les joueurs du monde entier auront davantage de choix pour jouer à leurs jeux favoris », a-t-il assuré.

Les régulateurs restent sceptiques

Ce projet de rachat demeure néanmoins dans le collimateur des autorités de la concurrence aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Les régulateurs craignent notamment que cette opération ne permette à Microsoft de verrouiller l'accès aux jeux d'Activision Blizzard (qui incluent également les très lucratifs « World of Warcraft » et « Candy Crush ») sur les plateformes de ses concurrents.

En juin dernier, l'autorité américaine de la concurrence, la FTC, a demandé à un tribunal fédéral de San Francisco de suspendre temporairement l'opération. Elle avait déjà lancé une procédure administrative pour déterminer les risques liés à ce rachat, et une audience est prévue début août. Selon l'autorité, « l'opération proposée permettrait à Microsoft de continuer à prendre le contrôle de jeux vidéo de grande valeur » Et d'ajouter que, « en contrôlant les contenus d'Activision, Microsoft pourrait, et aurait intérêt à retenir ces contenus, ou à en diminuer la qualité d'une façon qui affaiblirait la concurrence, y compris en termes de qualité, de prix et d'innovation ». Néanmoins, des articles de presse ont déjà circulé « suggérant que [Microsoft et Activision, ndlr] envisageaient sérieusement de finaliser l'acquisition » malgré tout.

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De son côté, la Competition and markets authority (CMA), l'autorité de la concurrence britannique, a décidé en avril de bloquer l'opération à 69 milliards de dollars, justifiant sa décision par la crainte de « moins de choix pour les joueurs britanniques au cours des années à venir » si la méga-fusion se faisait. La Commission européenne a, elle, approuvé cette transaction.

Microsoft est confiant

Toutefois, toujours selon Phil Spencer, la fusion serait bénéfique pour des centaines de millions de joueurs, pour les employés américains et pour les actionnaires - y compris les personnes qui dépendent d'un fonds de pension pour leur retraite. Elle « permet à deux entreprises américaines de mieux faire concurrence aux rivaux internationaux qui dominent l'industrie dans le monde », a-t-il précisé.

« Depuis le premier jour de cette acquisition, nous nous sommes employés à répondre aux inquiétudes des régulateurs, des plateformes et des éditeurs de jeux, et des consommateurs », a par ailleurs affirmé dimanche Brad Smith, président de Microsoft, en re-tweetant le message de Phil Spencer.

« Même une fois que nous aurons franchi la ligne d'arrivée avec l'approbation de cette transaction, nous resterons mobilisés pour assurer que "Call of Duty" reste disponible sur davantage de plateformes et pour davantage de consommateurs que jamais auparavant », a-t-il poursuivi. En décembre, Phil Spencer avait indiqué que Microsoft s'était « engagé à fournir "Call of Duty" à Nintendo pendant dix ans » après l'intégration d'Activision. Il avait également précisé à l'agence Bloomberg qu'un accord similaire à celui conclu avec Nintendo avait été proposé à Sony, le fabricant de la PlayStation (console la plus vendue du marché), qui s'est vivement opposé à la transaction Microsoft-Activision au départ.

Microsoft, 3e de l'empire du jeu vidéo

Microsoft se situe à la quatrième place des plus gros éditeurs au monde en chiffre d'affaires, à plus de 10 milliards de dollars de chiffre d'affaires quand Activision Blizzard, est installée à la 6e place de ce classement avec 6 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel. Cette acquisition ferait donc du géant américain le troisième acteur mondial du jeu vidéo en termes de chiffre d'affaires derrière Tencent et Sony, passant ainsi devant Apple.

Ce deal intervient dans une période trouble pour Activision Blizzard. A l'été 2021, le Wall Street Journal a révélé une suite de scandales internes, et notamment des cas de harcèlement sexuel étouffées par le management. En réaction, l'entreprise a licencié des dizaines d'employés, notamment au sein de sa direction. En outre, l'entreprise affiche un retard chronique dans la sortie de ses jeux vidéo les plus attendus comme « Diablo IV » ou « Overwatch 2 ». Résultat : le cours de son action a plongé de 30% sur les 6 derniers mois, de plus de 90 dollars à moins de 60 dollars l'action.

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Néanmoins, Microsoft affirme à Bloomberg que le CEO d'Activision Blizzard Bobby Kotick, en place depuis 30 ans mais extrêmement controversé pour de nombreuses raisons, gardera son poste. Une fois l'opération conclue, la division Activision Blizzard sera rattachée à la division Microsoft Gaming dirigée par Phil Spencer. Ce dernier gère notamment le développement économique de l'écosystème Xbox - une des trois consoles du marché avec la PlayStation (Sony) et la Switch Nintendo - et celui de l'offre d'abonnement du groupe, le Game Pass.

(Avec AFP)

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