CES 2019 : Pour Divacore, le CES a été un accélérateur de croissance

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(Crédits : DR)
LES STARTUPS STARS / GRAND-EST. Spécialisée dans les accessoires audio sans fil, cette jeune entreprise messine a participé en 2017 au Consumer Electronics Show. Elle veut réussir sa troisième levée de fonds avant de repartir l'année prochaine à Las Vegas, pour conquérir cette fois le marché nord-américain.

C'est l'histoire d'une attirance maîtrisée pour le marché nord-américain.

« En 2017, nous étions partis à Las Vegas avec une délégation de la chambre régionale de commerce et d'industrie. C'était un rêve d'enfant », reconnaît Linh Tran, co-fondatrice de Divacore, société messine spécialisée dans la conception et la vente d'écouteurs et d'enceintes connectées sans fil.

Deux ans après sa première participation au Consumer Electronics Show (CES), l'entreprise ne figure plus parmi les 16 startups du Grand Est qui font le déplacement cette semaine sur la plus grande foire mondiale de l'innovation dans l'électronique grand public. Mais Divacore entend bien y retourner, après avoir mûri son projet. "2020 sera une bonne année", prévoit Linh Tran, qui considère le voyage effectué en 2017 comme un "repérage".

Fondée en 2011 par trois Messins passionnés de musique et de technologie, Divacore a établi un projet de croissance séquencé par marchés géographiques. La France a été sa première terre de conquête, avec trois gammes de produits : des écouteurs Bluetooth, des casques audio et des enceintes nomades sans fil.

« Le bureau d'études GFK nous a placés en 2017 parmi les trois premiers acteurs en France sur le marché des écouteurs sans fils », déclare Linh Tran.

Le chiffre d'affaires a doublé chaque année, depuis trois ans, pour s'établir à 2 millions d'euros en 2018. Mais l'export n'a pas encore connu sa véritable montée en puissance.

« La première participation au CES de Las Vegas nous a permis d'établir des contacts aux États-Unis. En 2018, nos produits ont été référencés sur le site de vente en ligne du Moma à New York. Ce référencement correspond à une reconnaissance prestigieuse, mais il ne signifie pas que nos ventes ont décollé. Nous aborderons véritablement le marché américain l'année prochaine, après notre prochaine levée de fonds et après être retournés au CES », détaille Linh Tran.

À la conquête de l'Europe puis des États-Unis

David Grasso, ingénieur et co-fondateur de Divacore, pilote les réflexions et les négociations en vue de cette échéance financière et stratégique. "Il est trop tôt pour définir le montant nécessaire de notre troisième levée de fonds, qui interviendra au deuxième trimestre cette année", annonce-t-il. En 2014, trois ans après la création de la société, un premier appel de fonds avait permis à la Bpifrance d'entrer au capital pour près de 150.000 euros.

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En 2016, des investisseurs institutionnels (le fonds régional Venture numérique lorrain) et 5 M Ventures, spécialisé dans le Media for Equity (échange d'espaces publicitaires contre des parts de capital), avaient apporté un million d'euros supplémentaires.

« Nous avons réussi notre coup sur le marché français. Nous voulons nous développer très vite au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie, en Espagne et dans les pays nordiques, puis aux États-Unis », détaille David Grasso.

« La levée de fonds à venir va nous permettre de suivre le rythme de croissance des équipements audio sans fil, dont les ventes mondiales vont être multipliées par dix dans les cinq prochaines années. On estime l'équipement en téléphones et tablettes à 1,7 milliard d'unités. 1% seulement des utilisateurs disposent d'accessoires audio sans fil. Les propriétaires de smartphones Apple ont été les premiers. La vague des utilisateurs Android va suivre. Dans cinq ans, le taux d'attachement des équipements audio sans fil atteindra 40% », prévoit David Grasso.

Des faux airs de AirPods

Divacore ne mise pas seulement sur le CES pour se faire connaître. La dernière gamme en date d'écouteurs sans fils, baptisée NoMad, a été présentée en 2018 à la Foire internationale d'électronique grand public (IFA) de Berlin. Déjà une infidélité au salon américain ?

« Nous avons accordé la priorité à ce salon berlinois parce que si le matériel qu'on y présente est fonctionnel, on signe immédiatement et on commence à vendre. À Las Vegas, les exposants sont beaucoup plus intéressés par l'innovation », répond Linh Tran.

Chez Divacore, une deuxième gamme d'écouteurs sans fil se nomme AntiPods. Le nom rappelle avec malice les AirPods du concurrent Apple, vendus 179 euros contre 79 euros pour les outsiders français dessinés en Lorraine mais fabriqués en Chine.

« Nos écouteurs sont moins chers que ceux d'Apple parce que nos cycles sont plus courts, et parce que nous appliquons des marges différentes », explique Linh Tran.

« Nous voulons être la marque qui démocratise le savoir-faire du son en France. Nous ne pouvons pas encore nous comparer à d'autres marques françaises plus prestigieuses, comme Devialet. Mais plus tard, pourquoi pas ? Nous aimerions avoir les mêmes actionnaires ! », s'exclame-t-elle.

Chez Devialet, les actionnaires entrés au dernier tour de table se nomment Bernard Arnault (LVMH), Jacques-Antoine Granjon (Vente privée), Xavier Niel (Free) et Marc Simoncini (ex-Meetic). La petite entreprise lorraine leur lance un discret appel du pied.

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Commentaires
a écrit le 10/01/2019 à 9:05 :
Je ne connaissais pas cette marque. Par contre tous les écouteurs sans fil que j'ai essayé à présent, c'était vraiment très très mauvais. Et ça ne donne pas un air très intelligent, si vous voyez ce que je veux dire. Et je trouve malpoli les gens qui vous parlent en gardant leurs écouteurs sur les oreilles. Je reste sur mon casque et mes écouteurs avec fil.

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