Après une année 2022 en demi-teinte, la French Tech au défi de sa résilience
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Bonne nouvelle dans la morosité ambiante : en 2022, la French Tech a souffert, certes, mais l'écosystème est en route pour un nouveau record, d'après les projections de plusieurs experts. D'après le site spécialisé Maddyness, qui compile les levées de fonds des startups françaises, 2022 se terminera à au moins 12,6 milliards d'euros levés, ce qui suffit pour battre le record de 11,6 milliards d'euros de 2021.C'est une estimation minimale : pour le cabinet de conseil EY, qui réalise tous les ans l'étude de référence sur le sujet, le montant levé devrait même grimper autour de 14 milliards d'euros, ce qui constituerait une progression de 17% par rapport à 2021, soit plus de 2 milliards d'euros supplémentaires.
La performance paraît d'autant plus remarquable que quasiment partout ailleurs dans le monde, la crise globale des valorisations des entreprises tech, liée aux conditions macroéconomiques (inflation, remontée des taux monétaires, crise d'approvisionnement, chute des valeurs tech en Bourse) et géopolitiques (guerre en Ukraine, crise de l'énergie...) entraîne une chute spectaculaire des levées de fonds des startups.
Aux Etats-Unis, cette baisse devrait avoisiner les 40% en un an. En Asie, elle se situerait même autour de 50%. L'Europe semblerait un peu plus épargnée, avec une chute estimée à 23% en 2022 d'après EY. Avec de fortes disparités : au Royaume-Uni, qui a connu une année extrêmement chaotique avec la valse des Premiers ministres et les conséquences du Brexit, les levées de fonds ont chuté d'environ 40%, même si en valeur totale comme en volume, le pays restera largement devant la France. En revanche, comme en 2020, l'Hexagone devrait à nouveau doubler l'Allemagne, dont les montants levés devraient s'effondrer d'environ 30% sur un an. Autrement dit, le monde de la tech est en crise partout, mais la France s'en sortira un peu mieux que les autres en 2022.
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Comment expliquer cette résilience ? Pour Franck Sebag, associé chez EY, la France bénéficie, comme en 2020 lors de la crise du Covid, d'amortisseurs de crise très efficaces. « Beaucoup de fonds historiques comme Partech ou Sequoia se sont recapitalisés avec succès et beaucoup d'autres sont arrivés en France ces dernières années pour profiter de la qualité de l'entrepreneuriat. Les fonds ont donc de l'argent à dépenser, il n'y a pas de tarissement à la base », explique-t-il.