Après l'innovation numérique depuis 2012, les deeptech depuis 2018, place désormais aux startups industrielles. Depuis le début de l'année, l'Etat, via son bras armé Bpifrance, s'est fixé un nouveau défi pour réindustrialiser la France et répondre à ses enjeux de souveraineté et d'emplois : créer dans les territoires 100 nouveaux sites industriels par an d'ici à 2025. L'objectif paraît démesuré, car en 2021, seuls 18 nouveaux sites industriels ont été créés.... Il faudrait donc quadrupler ce nombre en quatre ans. « C'est extrêmement ambitieux, admet Paul-François Fournier, le directeur exécutif de Bpifrance, mais nous avons la conviction que le modèle des startups est un vecteur de réindustrialisation et qu'il ne manque pas grand-chose pour créer un puissant effet de levier et dynamiser l'écosystème des startups industrielles, qui n'en est qu'à ses débuts en France », veut-il croire.
Ce « pas grand-chose », c'est une stratégie visant à la fois à démultiplier le nombre de startups industrielles, permettre aux PME industrielles d'innover plus facilement, et leur faciliter la tâche pour industrialiser leurs innovations en France. L'Etat a chiffré ce plan à 2,3 milliards d'euros, financé en partie via le PIA 4 et France 2030. Mardi 28 juin, Bpifrance, qui se charge, comme pour les autres plans sectoriels de la tech, de son exécution et de sa coordination, en a présenté le détail sous la forme d'un livre.
L'objectif politique est clair : réindustrialiser le pays en partie grâce aux startups, créer de nouvelles filières industrielles innovantes, et retrouver in fine une forme d'autonomie industrielle ainsi que les emplois qui vont avec. Une priorité pour Bercy, comme le montre la nouvelle fiche de poste du ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui se retrouve également chargé de piloter, depuis mai 2022, "la souveraineté industrielle et numérique" de la France.