Igyxos lève 7,5 millions d'euros pour développer un médicament contre l'infertilité

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Igyxos veut révolutionner le traitement contre l'infertilité hormonale.
Igyxos veut révolutionner le traitement contre l'infertilité hormonale. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Igyxos développe un médicament capable de résoudre les insuffisances hormonales à l'origine d'infertilité, tant chez la femme que chez l'homme. La startup a levé 7,5 millions d'euros pour financer sa R&D, avec pour objectif d'améliorer son produit et pouvoir le commercialiser dans quatre ou cinq ans.

C'est le début d'un parcours de plusieurs années pour Igyxos, qui veut révolutionner le traitement contre l'infertilité, chez l'homme comme chez la femme. La startup de biotechnologie a annoncé jeudi 21 mars une levée de 7,5 millions d'euros en amorçage, menée par Bpifrance grâce au fonds d'accélération biotechnologie santé, au côté de Go Capital et de Sofimac Innovation. La jeune pousse va consacrer cette somme à sa R&D, afin de passer les tests cliniques nécessaires à sa commercialisation. Ce traitement pourrait profiter à des dizaines de millions de personnes et adresser un marché de plus de 4 milliards d'euros dans le monde.

Igyxos espère révolutionner le traitement actuel de l'infertilité en remplaçant l'injection de nouvelles hormones par la stimulation d'hormones naturelles déjà présentes, grâce aux anticorps qu'elle a identifiés.

« Les anticorps présents dans le médicament vont reconnaître certains types d'hormones, et les rendre hyperactives. Celles-ci vont stimuler aussi bien la maturation des ovocytes et le déclenchement de l'ovulation chez la femme, que la spermatogénèse chez l'homme », vulgarise Marie-Christine Maurel, directrice stratégique de Igyxos.

Ces hormones visées par le médicament de la jeune pousse sont appelées gonadotrophines. Les humains en produisent naturellement grâce à une glande, l'hypophyse.

Le traitement de référence actuel, en place depuis les années 1960, consiste à administrer des gonadotrophines sous forme de médicament. « En moyenne, seulement 50% des couples traités ont un enfant après quatre cycles de traitements hormonaux », explique Pierre-Henry Longeray, tout juste nommé Directeur général de la startup, ancien directeur général de Merck Biopharma France. En plus du risque d'échec, le traitement s'avère exigeant : il comprend plusieurs injections par semaine, et ce pendant une période pouvant aller jusqu'à deux ans chez l'homme.

Sept ans de recherches

À l'heure actuelle, le produit d'Igyxos n'est qu'un candidat-médicament. Ce terme signifie que les chercheurs de la startup ont identifié un anticorps à fort potentiel thérapeutique, puis ont effectué plusieurs cycles d'optimisation jusqu'à leur produit actuel. Désormais, l'équipe doit encore l'affiner, afin qu'il soit en mesure de passer tout un nouveau cycle de tests, jusqu'à l'exigeant test clinique.

« Nous estimons à quatre ou cinq ans la durée avant une éventuelle commercialisation. Puisque nous travaillons sur une biotechnologie, nous devons être extrêmement précis dans le réglage du système de production », expose Pierre-Henry Longeray.

Marie-Christine Maurel, également docteure et professeure en biochimie moléculaire, travaille avec son équipe depuis sept ans sur ce nouveau traitement. La recherche a débuté au sein de ReproPharm, créé en 2009 comme spin-off de l'INRA de Tours. En 2017, l'entreprise s'est scindée en deux, pour séparer la division animale (ReproPharm Vet) et la division adressée à l'humain (Igyxos). La jeune pousse compte aujourd'hui six chercheurs, et ne recrutera qu'en cas de besoin de nouvelles compétences.

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