Le marché des sutures chirurgicales représente 27 millions d'interventions par an, pour un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros, selon une étude réalisée par Medmarket Diligence. Selon elle, il est détenu à 80% par des sociétés basées aux Etats-Unis, telles B. Braun Melsungen AG, Teleflex Incorporated, Johnson & Johnson, Medtronic PLC, Smith & Nephew PLC. Au global, le marché des produits d'étanchéité - ou colles chirurgicales - représente, lui, 2 milliards d'euros, et là encore, il est exclusivement capté par des firmes américaines. Dans ce contexte de domination économique, la plateforme technologique Cohésives, développée à Dijon, veut répondre à l'appel du retour de la souveraineté de la France dans la fabrication de dispositifs médicaux innovants.
Aussi, les fondateurs de Cohésives ont obtenu un financement d'environ 500.000 euros au travers du plan de relance France 2030 et du concours i-Nov. Mais également un financement de l'Agence Innovation Défense (AID) dans le cadre du dispositif RAPID, qui s'est engagée dans le projet à hauteur de 480.715 euros. « L'armée française s'intéresse à notre technologie pour soigner les plaies traumatiques des soldats sur le champ de bataille ainsi que les brûlures », précise Julien Steinbrunn, directeur R&D et CTO chez Cohésives.
Protégée par 20 brevets, la technologie a été développée par le docteur Bertrand Perrin, président et fondateur de Cohésives. Chirurgien cardiaque de formation, ce dernier a mené sa thèse sur cette problématique d'adhésion des colles chirurgicales aux tissus biologiques lors d'opérations. « En chirurgie cardiaque, on utilise ce qu'on appelle « des colles chirurgicales ». Dans les colles chirurgicales (ndlr : qui coûtent 1.000 euros par intervention), il y a des hémostatiques, mais il y a surtout des « sealant » en anglais, dont le but est de rendre étanche les sutures vasculaires », explique le docteur Bertrand Perrin.