Ruée des investisseurs sur les réseaux sociaux

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LinkedIn a plus que doublé en séance jeudi pour son premier jour de cotation à la Bourse de New York. Le réseau social professionnel avait relevé de 30% sa fourchette de prix d'introduction, face à la forte demande des investisseurs institutionnels, attirés par la nouveauté et la rareté de tels véhicules cotés.

Un vent d'euphorie souffle sur les valeurs technologiques outre-Atlantique. Dernière preuve en date, LinkedIn a plus que doublé en séance jeudi  pour son premier jour de cotation à la Bourse de New York. Déjà le prix avait été fixé à 45 dollars, en haut de la fourchette d'introduction, qui avait relevée de 30% mardi. Le réseau social professionnel a finalement levé 353 millions de dollars. A 106 dollars, LinkedIn est  valorisé autour des 8 milliards de dollars. Au dépôt du premier document d'introduction, fin janvier, LinkedIn espérait lever 175 millions de dollars en Bourse. Sur les marchés secondaires de gré à gré, la société était alors valorisée 2,75 milliards de dollars.

"Cher mais pas absurde"

En 2010, le chiffre d'affaires de LinkedIn a plus que doublé, à 243 millions de dollars, mais la rentabilité de la société, qui est dans une phase massive d'investissement, reste faible, avec une marge d'exploitation de 8 %. Pour autant, il n'y aurait pas de quoi s'alarmer d'une "bulle 2.0". "C'est peut-être cher, mais ce n'est pas absurde. Il faut voir que l'on attend un chiffre d'affaires de 400 à 500 millions de dollars en 2011", estime Jeff Clavier, fondateur de SoftTech Ventures, un fonds d'amorçage installé dans la Silicon Valley. "S'il y a surchauffe, c'est du côté chinois, que la cotation soit en Chine ou aux États-Unis, en raison des perspectives de croissance. On l'a vu avec Renren." Coté sur le Nyse depuis le 4 mai, le Facebook chinois est valorisé 78 fois son chiffre d'affaires 2010 contre 16 fois pour LinkedIn et 400 fois ses profits de 2012 contre 25 fois pour Tencent, mais il est retombé sous son prix d'introduction.

Facebook aurait rencontré des banquiers en vue d'une introduction

Dans les réseaux sociaux, d'autres introductions de grande ampleur sont attendues. A commencer par Facebook, dont la valorisation n'a cessé d'enfler sur les marchés secondaires et atteindrait actuellement 65 milliards de dollars, soit 32 fois ses ventes 2010. Selon CNBC, le réseau social, devenu une affaire très rentable, a commencé à rencontrer les banquiers. Très attendu aussi, le site d'achats groupés Groupon. "C'est le premier à avoir dépassé le milliard de dollars de revenus en deux ou trois ans. La seule question, c'est Twitter", indique Jeff Clavier. Le site de mini-messages est le seul à ne pas encore avoir démontré sa capacité à générer des revenus.

Si les investisseurs sont prêts à payer cher, c'est que les réseaux sociaux sont des nouveaux venus en Bourse. "Tout le monde veut en être. Et pour le moment, même si elle existe, la liquidité est restreinte sur les marchés secondaires", indique Leslie Griffe de Malval, gérant chez IT Asset Management. Depuis deux ou trois ans, le marché secondaire, qui repose sur la cession de titres hors de la Bourse, s'est beaucoup développé, alimenté par les cessions de titres des salariés de groupes de la Silicon Valley tels que Facebook, Twitter ou Groupon. "Le secteur n'est pas hors de prix. Ainsi, Google est valorisé quinze fois ses résultats futurs, Apple treize fois, contre quatorze sur l'indice S&P 500. Or, les taux de croissance de revenus et de bénéfices d'Apple et de Google sont bien plus rapides que sur l'ensemble des entreprises de l'indice", complète le gérant.

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