La France, terreau d'expérimentation pour Google

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La firme a noué des partenariats avec des chambres de commerce, des universités et Pôle emploi pour dispenser des formations gratuites au numérique.
La firme a noué des partenariats avec des chambres de commerce, des universités et Pôle emploi pour dispenser des formations gratuites au numérique. (Crédits : Reuters)
[OÙ VA GOOGLE ? 3/10] La firme de Mountain View a fait de l'Hexagone un de ses laboratoires, où elle développe et teste des projets spécifiques. À l'image des formations gratuites au numérique, étendues ensuite à d'autres pays, ou de l'application Google Arts & Culture.

Google veut se renforcer en France. L'entreprise américaine, présente dans l'Hexagone depuis quinze ans, l'a promis à Emmanuel Macron en janvier avant le Forum de Davos et est en passe de doubler ses effectifs et et la superficie de son campus parisien d'ici à la fin de l'année. Situés dans le IXe arrondissement de la capitale, les futurs locaux de 20.000 m² accueilleront bientôt 1.000 salariés. La particularité de cette division ? Développer des activités made in France afin de les étendre ensuite en Europe, aux États-Unis et en Afrique.

C'est le cas des formations gratuites au numérique. Proposées dans l'Hexagone depuis 2012, elles ont été étendues en Europe deux ans plus tard, puis en Afrique en 2016 et enfin aux États-Unis, l'année dernière. L'idée est née du constat suivant : si la France dispose d'un large vivier de TPE et de PME, nombre d'entre elles n'ont pas pris le virage du numérique... Ce qui pourrait à terme affecter plus ou moins directement les activités du géant américain.

Une présence renforcée en régions

Pour pallier ce retard, la firme de Mountain View a progressivement noué des partenariats en régions avec des chambres de commerce, une quinzaine d'universités et Pôle emploi. Les cours dispensés sur le terrain vont des compétences basiques, telles que "communiquer par mail" et "développer sa présence en ligne", aux notions plus pointues, comme la "stratégie commerciale sur le Web" ou "la publicité display". La formation est également accessible sur Internet. Au total, Google revendique 250.000 personnes formées en France depuis 2012 - dont 70.000 l'année dernière. Le géant se donne pour objectif de former 100.000 Français par an au numérique.

C'est pourquoi l'entreprise américaine a musclé son dispositif en juin, avec l'ouverture d'un espace dédié à la formation de tous les publics à Rennes. Ce projet pilote doit permettre l'ouverture de trois bureaux similaires d'ici à début 2019. Une spécificité française, permettant à Google de renforcer sa présence en régions.

« Nous souhaitons faciliter l'accès à l'emploi des étudiants, sensibiliser les familles à un usage sécurisé d'Internet, initier les plus jeunes au code informatique, ou encore contribuer au développement en ligne de l'activité commerciale des PME », expliquait dans un communiqué Sundar Pichai, Pdg de Google.

Là encore, si le succès est au rendez-vous, le concept devrait progressivement être déployé à l'étranger.

Le géant américain a aussi choisi la France, et son appétence pour le divertissement, pour y établir Google Arts & Culture. Lancé en 2011, ce département regroupe à Paris une trentaine d'ingénieurs. Une deuxième équipe a ensuite vu le jour à Londres en 2012. Cette équipe fait de la R&D pour l'application Google Arts & Culture, disponible sur Android et iOS. Le projet compte à son actif 200.000 œuvres d'art numérisées en très haute définition, 7 millions de documents consultables (photos, courriers, objets...), ainsi que mille expositions interactives et des centaines de monuments restitués en réalité virtuelle. L'utilisateur peut ainsi se livrer à des visites à 360 degrés, muni d'un cardboard - la visionneuse de réalité virtuelle en carton développée par un Français chez Google.

Cette année, l'application a fait parler d'elle grâce à "Art selfie", une fonction dopée à l'intelligence artificielle et aux techniques de reconnaissance faciale qui permet de trouver son sosie sur une toile de maître. Le département parisien de Google Arts & Culture travaille aujourd'hui avec plus de 1.200 musées, répartis dans 70 pays.

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| Où va Google ? Retrouvez les autres articles de notre Dossier spécial dans La Tribune Hebdo n°260 daté du 14 septembre 2018 :

H260, couv, La Tribune Hebdo,

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Commentaires
a écrit le 18/09/2018 à 15:05 :
La France est un vivier d'idées que Google sait exploiter : Cette société a su générer de juteuses innovations de cette manière. Aux USA, le salarié qui a une idée rentable reçoit un gros chèque et de la reconnaissance. En France, on délocalise même des bureaux d'étude et de développement. Je me demande même si cela n'est pas à la limite du sabotage. voir de la trahison.
Réponse de le 24/09/2018 à 17:21 :
L'état français mange illico les marrons refroidis et épluchés au fur et à mesure que les quidam les déposent dans l'assiette et ce, sans en laisser une miette pour les ceusses qui se sont brûlés les doigts, dans ces conditions aucun intérêt de servir de bête de somme à un état félon de cette sorte.

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