Google Pay débarque bientôt en France

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Google fait son come-back dans le paiement avec Google Pay, lancé aux Etats-Unis en début d’année puis dans plusieurs pays européens au printemps. La France ne devrait pas tarder. En Inde, sa solution Tez, rebaptisée Google Pay, a déjà 25 millions d'utilisateurs.
Google fait son come-back dans le paiement avec Google Pay, lancé aux Etats-Unis en début d’année puis dans plusieurs pays européens au printemps. La France ne devrait pas tarder. En Inde, sa solution Tez, rebaptisée Google Pay, a déjà 25 millions d'utilisateurs. (Crédits : Google)
[OÙ VA GOOGLE ? 9/10] Le géant du Web relance une application de paiement, Google Pay, qui remplace et associe son portefeuille Google Wallet, qui n’a jamais décollé, et Android Pay, restée confidentielle. Le lancement en France devrait intervenir avant la fin de l'année. Après ces multiples tentatives, celle-ci sera-t-elle la bonne ?

Une nouvelle application a débarqué depuis peu dans la boutique en ligne Google Play Store version française. Elle s'appelle Google Pay et se décrit comme « un moyen simple et rapide de régler vos achats en ligne, en magasin et bien plus encore. » Pour l'instant, elle n'est cependant pas téléchargeable pour le public français et n'est pas disponible officiellement sur le marché français. Aucune banque hexagonale n'apparaît dans les partenaires, l'appli étant présentée avec des cartes Fortis (marque de BNP en Belgique) et KBC.

« Réservez un voyage, prenez un repas, assistez à un spectacle et profitez de nouvelles expériences, le tout sans votre portefeuille. Rien de plus simple pour utiliser ce service sur le Web ou via l'application : ajoutez une carte de paiement, et c'est parti ! » promet Google dans sa présentation.

Ce n'est pas vraiment la première application de paiement de la firme de Mountain View : cela fait près de dix ans que le géant du Web tente de prendre pied sur ce terrain ! En septembre 2011, il avait lancé aux États-Unis Google Wallet, un portefeuille électronique pionnier du paiement mobile sans contact, qui n'a pas été déployé dans d'autres pays et n'a jamais décollé : pas assez de smartphones compatibles, pas assez de terminaux de paiement en magasins, peu de banques partantes, une technologie et un marché pas assez matures.

En 2013, le Wallet est intégré à Gmail et transformé en service gratuit de transfert d'argent par courrier électronique, en concurrence de PayPal. C'est un flop là aussi.

Google Pay carte BNP Fortis

[L'application en version française, pour l'instant pour le marché belge. Crédits : Google]

En France à l'automne

Le nouveau Google Pay version 2018 a été lancé aux États-Unis en début d'année puis dans plusieurs pays européens au printemps.

En France, si aucune banque n'a encore annoncé de lancement de Google Pay, des sources du secteur indiquent que le groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d'Épargne) serait le premier à proposer à l'automne. Il a inauguré en avril dernier le concurrent Samsung Pay, deux ans après avoir été le pionnier d'Apple Pay dans l'Hexagone en juillet 2016. Le lancement se fera en tout état de cause « d'ici à la fin de l'année » confirment plusieurs sources industrielles, en partenariat avec des e-commerçants également.

Ce Google Pay nouvelle mouture, marque ombrelle du géant du Web dans tout ce qui touche au paiement, remplace le Wallet qui a été fusionné avec son successeur, Android Pay. Lancée en 2015, cette appli destinée, comme son nom l'indique, aux smartphones équipés de son système d'exploitation mobile Android compatibles avec la technologie NFC sans contact, n'a pas non plus, semble-t-il, trouvé son public, au-delà d'usages internes à son écosystème tels que l'achat d'applications au sein de la boutique Google Play. Une étude du cabinet de conseil américain spécialisé Auriemma de décembre 2017 a estimé à 4% la proportion de porteurs de carte bancaire aux États-Unis et au Royaume-Uni ayant déjà utilisé Android Pay, trois fois moins qu'Apple Pay pour les Britanniques et deux fois moins pour les Américains.

Précieuses données d'achat

Le problème ne vient pas seulement de Google : les applis de paiement mobile (sauf le transfert entre amis comme Lydia en France ou Venmo/PayPal aux États-Unis) peinent à décoller dans les pays occidentaux et ne parviennent pas à se substituer aux cartes, en particulier sans contact (la carte reste indispensable pour mettre en service ces apps de paiement mobile). A contrario, en Chine, les solutions de wallet et paiement mobile d'Alibaba, Alipay, et de Tencent, WeChat Pay, sont devenues des poids lourds du marché.

Lire aussi : Ant Financial, la banque digitale qui valait 100 milliards

Les banques, incontournables, se montrent souvent réticentes à partager les données avec les GAFA. Ces données de transactions sont de l'or pour le géant de la pub en ligne qu'est Google et ses clients annonceurs. La filiale d'Alphabet aurait d'ailleurs payé « des millions de dollars » à Mastercard pour accéder à ses milliards de données d'achats par carte, selon un accord secret révélé fin août par l'agence Bloomberg : elle a ainsi pu lancer un service de « Store sales measurement » connectant données de navigation web et achats par carte en magasin, pour évaluer l'efficacité des pubs en ligne. « Un produit lancé en bêta, uniquement aux États-Unis, qui ne nous donne accès à aucune donnée personnelle » a relativisé Google. « Mastercard ne fournit pas d'information qui permette de suivre, de diffuser des publicités ou même de mesurer l'efficacité des publicités relatives aux consommateurs individuels » a précisé de son côté le groupe américain de cartes.

C'est en Asie, en Inde, pays natal de son patron Sundar Pinchai, que le géant du Web a essayé de se relancer dans le paiement en septembre dernier. Son application de transferts entre amis et d'achats en magasins, appelée Tez, a été rebaptisée fin août Google Pay. Elle aurait conquis en un an 25 millions d'utilisateurs indiens.

La nouvelle offensive de Google dans le paiement est donc mondiale. Cette nouvelle tentative sera-t-elle la bonne ? Le marché a été évangélisé par Apple, à grand renfort de publicité, et les deux solutions ne sont pas concurrentes puisque compatibles avec les appareils sous iOS pour l'une et Android pour l'autre. En revanche, Google Pay est en rivalité frontale avec Samsung Pay, mais celle-ci n'est disponible que pour les smartphones les plus haut de gamme du constructeur.

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| Où va Google ? Retrouvez les autres articles de notre Dossier spécial dans La Tribune Hebdo n°260 daté du 14 septembre 2018 :

H260, couv, La Tribune Hebdo,

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Commentaires
a écrit le 23/09/2018 à 13:03 :
Enfin la France rattrape son retard dans le domaine des nouvelles technologies de paiement !

Il ne manque plus que le développement massif et la commercialisation des bagues et autres objets ultra connectés permettant de tout faire et la France deviendra le pays leader au monde en terme de nouvelles technologies de domotiques !

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