Coulé par la gendarmerie, le site pirate Zone Téléchargement refait surface !

C'est l'habituel jeu du chat et de la souris. Alors qu'hier soir, au terme d'une enquête menée depuis deux ans, les gendarmes ont fermé le premier site de piratage français et embarqué trois protagonistes, le site est réapparu en début d'après-midi.
Nicolas Duvinage, le chef du C3N (le Centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie) qui dispose de 35 enquêteurs dont la mission est une surveillance tous azimuts (web1.0, réseaux sociaux, darkweb, réseaux communautaires de jeux en ligne, peer-to-peer, etc), le dit tout net : Au C3N, nous sommes un peu la BAC d'Internet.
Nicolas Duvinage, le chef du C3N (le Centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie) qui dispose de 35 enquêteurs dont la mission est une surveillance tous azimuts (web1.0, réseaux sociaux, darkweb, réseaux communautaires de jeux en ligne, peer-to-peer, etc), le dit tout net : "Au C3N, nous sommes un peu la BAC d'Internet." (Crédits : reuters.com)

[ Article publié le mardi 29.11.2016 à 13h28, mis à jour à 15h21 ]

Lundi 28 novembre, Zone Téléchargement (zonetéléchargement.com), l'un des premiers sites de téléchargement illégal français, qui proposait gratuitement des films, des jeux et de la musique, a été fermé par la gendarmerie, a annoncé cette dernière via Twitter et Facebook.

L'affaire semblait entendue, mais mardi en début d'après-midi les réseaux sociaux alertaient les internautes que le site était réapparu.

Le site de téléchargement illégal semble de nouveau opérationnel au moins pour le streaming. Et, bravant les forces de l'ordre, la page d'accueil s'orne d'un grand bandeau d'avertissement qui recommande aux internautes d'utiliser un VPN (Virtual Private Network, ou réseau privé virtuel) pour passer sous le radar des autorités.

Comment cela est-il possible ? Le Monde explique notamment que si deux serveurs ont été saisis, l'adresse du site n'a pas été affectée. Et que, de ce fait, d'autres administrateurs du site ont pu relancer le site à partir d'une copie.

Le jeu du chat et de la souris

Pourtant, ce matin l'affaire semblait entendue et la gendarmerie nationale n'avait pas manqué d'utiliser les réseaux sociaux pour claironner sa victoire. Sept personnes avaient été interpellées dont trois placées en garde à vue à la section de recherche SR de Toulouse, selon une source proche de l'enquête, rapporte l'AFP.

L'effet était réussi : la gendarmerie nationale mettait la main sur les auteurs d'un site de téléchargement illégal et, d'un tweet deux coups, faisait savoir à tous les internautes que le numérique n'avait plus de secret pour elle, qu'elle en maîtrisait désormais tous les codes, tous les outils, toutes les dimensions. Ainsi tout le monde était prévenu - geeks et amateurs de films gratuits - le cyberespace, le vaste web, n'est plus une zone de non droit.

D'ailleurs, dans une interview au site RSLN (Regards sur le numérique), Nicolas Duvinage, le chef du C3N (le Centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie) qui dispose de 35 enquêteurs dont la mission est une surveillance tous azimuts (web1.0, réseaux sociaux, darkweb, réseaux communautaires de jeux en ligne, peer-to-peer, etc), le dit tout net :

"Au C3N, nous sommes un peu la BAC d'Internet."

"C'est bien plus grave que l'élection de Trump"

Pour autant cette fermeture suscitait depuis lundi soir de nombreuses réactions de colère ou de tristesse sur les réseaux sociaux, par exemple via le #zonetelechargement. Un autre hashtag, "JeSuisZoneTelechargement", s'inspirant du slogan "Je suis Charlie" qui avait suivi l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, a été lancé sur Twitter où les internautes se sont déchaînés, parfois avec humour.

"La fermeture de zonetéléchargement c'est bien plus grave que l'élection de Trump", aux Etats-Unis, dit l'un. "Ils n'ont pas des terroristes à trouver plutôt que de fermer zonetelechargement ?", dit un autre.

Ou, encore plus en prise avec l'actualité du moment :

Megaupload, KickAss Torrent, les fermetures s'enchaînent

Beaucoup disent s'être à peine remis de la fermeture de Megaupload par la justice américaine en 2012 dans le cadre d'une campagne anti-piratage et certains proposent même d'organiser des manifestations.

     >Lire : Megaupload : la Nouvelle-Zélande autorise l'extradition de Kim Dotcom vers les États-Unis

Fin juillet 2016, les autorités américaines avaient annoncé l'arrestation en Pologne et l'inculpation aux Etats-Unis de l'Ukrainien Artem Vaulin, le patron du site de téléchargement illégal KickAss Torrent (KAT). Le département de la justice des Etats-Unis (DoJ), qui a demandé son extradition, ne plaisante pas : dans sa plainte, il estime que KAT attire plus de 50 millions de visiteurs par mois, ce qui en fait le 69e site internet le plus visité au monde, et chiffre le préjudice à plus de 1 milliard de dollars.

Le préjudice pour les auteurs atteindrait 75 millions d'euros

Le portail Zone Téléchargement, qui comptabilisait tout de même plusieurs millions de connexions par mois, était quant à lui visé de longue date par une enquête du Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) de la gendarmerie, lequel est basé à Toulouse. Il permettait de télécharger de façon totalement gratuite des dizaines de milliers de films, de séries, de morceaux de musique mais également des jeux vidéo.

Le préjudice pour les différentes industries concernées s'élève à environ 75 millions d'euros, selon la gendarmerie, qui a annoncé la fermeture du site lundi soir sur son compte Twitter.

Une plainte avait été déposée en 2014 par l'Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (Alpa) et la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem).

(Avec agences)

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Commentaires 7
à écrit le 29/11/2016 à 17:00
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Il est réouvert mais manque les liens, les gendarmes n'ont ils pas autres choses de plus important que de fermer un site de téléchargement qui ne fait de mal qu'à des privilégiés qui s'en mettent plein les fouilles.

à écrit le 29/11/2016 à 16:45
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Lutte inutile, adaptation lente, que dire... Des pistes ça manque pas, cryptage des fichiers vidéos et renouvellement régulier du cryptage, lecteur unique, bref, la lutte et le marché ça fait deux, ils sont dans un monde qui dépasse leurs capacité...

à écrit le 29/11/2016 à 16:04
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le prejudice est completement fumeux. Les gens qui ont telecharge n auraient JAMAIS achete! D ailleurs le telechargement n implique pas une baisse des achats (cf la frequentation des cinemas en hausse) L etat francais consacre enormement d argent (...

à écrit le 29/11/2016 à 14:36
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Ah bon 3 prisonniers ? Apparemment ils se sont échappés puisque le site est réouvert.

à écrit le 29/11/2016 à 14:03
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J'aime bien la notion de préjudice sur des trucs que personne n'aurait acheté de toute façon. C'est un honneur d'être sur ces sites... Mais bon les ayants droit et le monde réel c'est 2 choses différentes

à écrit le 29/11/2016 à 13:51
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C'est pitoyable, tandis que les vrais et gros voleurs sont protégés on s'acharne sur les petits pirates. Et pour justifier cette société inégale deux poids deux mesures on nous sort des chiffres faramineux qui ne reposent sur rien qui font comme si l...

à écrit le 29/11/2016 à 13:42
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Bonjour, A l'heure même où vous avez publié cet article, le site ZT est déjà de retour ^^.

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