Pourquoi Facebook met son outil de reconnaissance faciale au placard
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Petit séisme dans l'univers de la tech. Meta, le nouveau nom de l'entreprise de Mark Zuckerberg, a annoncé le 2 novembre l'arrêt du système de reconnaissance faciale de Facebook. Pour Jerome Pesenti, le vice-président chargé de l'intelligence artificielle et auteur de l'annonce, c'est même "un des plus grand virage" de l'histoire de la reconnaissance faciale.
De façon plus modérée, le retrait d'un Gafam sur le sujet est vécu comme une nouvelle victoire pour les ONG - comme l'Electronic Frontier Fondation - qui alertent sur les dérives de cette technologie. Pour l'instant, les régulateurs, américains comme français, n'ont pas finalisé l'encadrement de la reconnaissance faciale. Elle apparaît encore comme un far west numérique, entre biais algorithmiques et usages malveillants.
Jusqu'ici, un milliard d'utilisateurs de Facebook autorisaient l'utilisation de l'outil de reconnaissance faciale introduit en décembre 2011 pour être reconnus automatiquement sur les photos et vidéos publiées sur la plateforme. L'intérêt ? Permettre à leurs amis de plus facilement les identifier sur les photos, ou encore être avertis lorsqu'une personne publie une photo d'eux.
Contrairement à d'autres géants de la tech - Microsoft, Amazon, IBM - qui ont arrêté leurs outils de reconnaissance faciale avant lui, Facebook n'a jamais commercialisé sa technologie à un parti tiers. Elle ne venait qu'apporter des fonctionnalités supplémentaires à un de ses produits. Pour rappel, 96% des revenus de Meta proviennent de la publicité, et donc indirectement du temps passé par ses utilisateurs sur Facebook, Instagram et WhatsApp. Si l'entreprise peut remiser la reconnaissance faciale au placard, c'est entre autres parce qu'elle ne lui rapporte pas directement de revenus et qu'elle n'est pas essentielle au fonctionnement de Facebook.
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Concrètement, Facebook va supprimer les "modèles" des utilisateurs, des sortes de formule mathématiques qui résument les propriétés du visage comme l'écartement des yeux, la forme du menton ou l'épaisseur des lèvres... En théorie, DeepFace, l'outil de Facebook, crée un modèle unique pour chaque utilisateur, de sorte à ne jamais confondre deux personnes. Mais en pratique, plusieurs outils du même genre n'ont pas réussi à atteindre ce fonctionnement idéal. Dans le cas du réseau social, identifier la mauvaise personne sur une photo aurait des conséquences négligeables, sauf que des technologies similaires sont utilisées dans des affaires policières, avec pour conséquences de fausses accusations.
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