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Twitter, Google, Facebook : comment le business des réseaux sociaux favorise la polémique dans le débat public

Photo de Sylvain Rolland

Sylvain Rolland

Publié le 02 septembre 2021 à 06:00 - Mis à jour le 03 septembre 2021 à 04:27

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Twitter accuse d'avoir enfreint la loi russe sur les contenus prohibes

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Kacper Pempel

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Selon une nouvelle étude virale d’une université danoise, Internet ne rend pas agressif et ne pousse pas à la polémique, il fournit simplement un mégaphone d’une ampleur inédite aux personnes toxiques dans la vie réelle. Une lecture simpliste des mécanismes algorithmiques de la viralité, qui ignore la responsabilité des plateformes sociales comme Facebook, Twitter et Google dans la propagation des contenus polémiques et leur corollaire, les fake news.

A chaque jour sa polémique : bienvenue en année électorale en France. Énièmes propos racistes d'Eric Zemmour un jour, rumeurs de la dangerosité des vaccins pour les femmes enceintes le lendemain, déferlement de haine anti-migrants afghans le jour suivant, fake news sur l'utilisation de l'allocation de rentrée scolaire ensuite... Considérés comme le pouls de l'opinion publique, les réseaux sociaux sont scrutés comme le lait sur le feu par les médias en quête de sujets chauds pour alimenter leurs directs radio ou TV. Ceux-ci créent ensuite de nouvelles polémiques, qui résonnent à leur tour sur les réseaux sociaux... et le cercle vicieux n'en finit plus. Avec pour victime collatérale la démocratie, c'est-à-dire la bonne tenue d'un débat apaisé, utile et sérieux sur les grands enjeux économiques, climatiques et sociétaux de notre époque.

Pourquoi le débat public tourne-t-il à ce point autour de la polémique, avec pour conséquence une prolifération inédite des fausses informations et une défiance historique envers les institutions ? Depuis des années, des chercheurs, sociologues, politologues, philosophes et économistes travaillent sur cette question cruciale, qui n'est plus sans conséquences sur l'ordre du monde, comme l'a montré, entre autres, l'élection présidentielle américaine de 2016, remportée à la surprise générale par Donald Trump en partie grâce au soutien d'une manipulation politique de grande ampleur sur les réseaux sociaux menée par l'entreprise Cambridge Analytica. La crise du Covid-19 est également un nouveau cas d'école de la toxicité des réseaux sociaux, qui offrent une caisse de résonance dramatique aux théories du complot et fausses informations sur le virus et les vaccins, avec pour conséquence des morts évitables et le ralentissement de la lutte contre la propagation du virus.

La faute à la nature humaine ?

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Ces derniers jours, une étude d'une université danoise, publiée dans l'American Society Review, a fait le buzz sur les réseaux sociaux sur ce sujet. Ses auteurs se sont demandés pourquoi le débat politique en ligne est plus hostile et toxique que les débats "IRL" (in real life). Les chercheurs du Département de sciences politiques de l'Université Aarhus ont donc suivi l'activité de 8.000 Américains et Danois sur Internet pendant un an. Leur conclusion : contrairement à l'idée reçue, Internet ne réveille pas les bas instincts des citoyens et ne transforme pas des personnes saines et mesurées en trolls agressifs. Selon eux, le web offre simplement un mégaphone d'une ampleur inédite aux personnes agressives et promptes à la polémique dans la vraie vie, pour leur permettre de se faire entendre. "Tout le monde n'est pas disposé à l'agression", explique l'étude, qui relève également des raisons psychologiques pour expliquer pourquoi la parole se libère plus facilement en ligne, notamment le fait de ne pas être physiquement dans la même pièce que les autres acteurs du débat.

Sylvain Rolland

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