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Elon Musk dit racheter Twitter au nom de « l'avenir de la civilisation »

latribune.fr

Publié le 27 octobre 2022 à 14:11 - Mis à jour le 27 octobre 2022 à 15:06

musk

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Les deux parties ont jusqu'à demain vendredi 28 octobre pour s'accorder sur les conditions du rachat du réseau social par l'homme le plus riche du monde. Néanmoins, le milliardaire s'exprime sur le réseau social cet après-midi à propos de ce rachat. Si l'affaire n'était pas conclue vendredi, un procès interviendrait en novembre après plusieurs mois de rebondissements. Surtout, Elon Musk semble désormais avoir les mains libres pour refaçonner Twitter à son envie sinon à son image.

[Article publié le jeudi 27.10.2022 à 12:04, mis à jour à 16:11 avec nouveau tweet]

Sans qu'on sache si le rachat est effectif ou non, Elon Musk s'exprimait ce jeudi sur Twitter en affirmant qu'il achetait ce réseau social car il est « important pour l'avenir de la civilisation d'avoir une place publique en ligne où une grande variété d'opinions peuvent débattre de façon saine, sans recourir à la violence ».

Il précisait dans un message adressé aux annonceurs, à la veille de la date limite de la clôture de l'opération :

« Cela dit, Twitter ne peut évidemment pas être un endroit infernal ouvert à tous, où tout peut être dit sans conséquence. »

Dans ce petit billet (de 764 signes - notons-le au passage, bien au-delà de la limite des 140-280 s.) qui accompagne ce tweet, on peut lire :

« Je voulais m'adresser personnellement à vous pour vous faire part de mes motivations dans l'acquisition de Twitter. On a beaucoup spéculé sur les raisons pour lesquelles j'ai acheté Twitter et sur ce que je pense de la publicité. La plupart d'entre elles sont fausses.« La raison pour laquelle j'ai acheté Twitter est qu'il est important pour l'avenir de la civilisation de disposer d'une place publique numérique commune, où un large éventail de croyances peut être débattu de manière saine, sans recourir à la violence. Il existe actuellement un grand danger que les médias sociaux se transforment en support de haines d'extrême droite et d'extrême gauche et divisent notre société.« Dans leur quête incessante de clics, la plupart des médias traditionnels ont alimenté et nourri ces extrêmes polarisés, car ils croient que c'est ce qui rapporte de l'argent, mais, ce faisant, l'opportunité de dialogue se perd. »

Twitter et Elon Musk ont jusqu'à demain pour se mettre d'accord au sujet du rachat du réseau social par le milliardaire. Dans le cas contraire, les deux parties n'échapperaient pas à un procès en novembre, comme l'avait indiqué la juge chargée du contentieux, début octobre, après quelque six mois de rebondissements incessants.

Tout commence fin avril quand Elon Musk fait une offre d'acquisition de Twitter à 44 milliards de dollars, laquelle est acceptée, bien qu'à contrecœur, par la plateforme. Mais, premier coup de théâtre, début juillet, l'homme d'affaires cherche à s'extraire unilatéralement de l'accord et accuse l'entreprise de lui avoir menti. Elon Musk remet en cause la proportion de comptes automatisés et de spams sur la plateforme, communiquée par cette dernière. Ils sont, selon lui, plus nombreux. En réponse, Twitter dépose plainte, le 12 juillet devant la Delaware Court of Chancery, un tribunal spécialisé en droit des affaires, pour le contraindre à honorer son engagement de rachat ou obtenir des indemnités de rupture, estimées à 1 milliard de dollars. De son côté, Elon Musk porte, lui aussi, plainte devant la même juridiction peu de temps après.

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Pour s'extirper de l'accord de rachat, Elon Musk met la pression sur l'ex-patron de Twitter

Rebondissements en chaîne

Début octobre, Elon Musk fait, une énième fois, volte-face, dix jours avant la date initiale d'ouverte du procès : il propose de conclure la transaction au prix initialement convenu. Preuve de sa bonne volonté, le milliardaire américain a informé lundi dernier les banques prêtes à l'aider à financer le rachat du réseau social qu'il entendait boucler l'opération d'ici à vendredi, selon l'agence Bloomberg.

D'après cette dernière, les banques qui se sont engagées à financer l'opération ont fini de rédiger les accords de prêt et sont au stade de la signature des documents requis. Selon l'agence Reuters cette fois, les avocats du patron de Tesla ont transmis les documents financiers nécessaires aux fonds d'investissements concernés, dont Sequoia Capital, Binance et Qatar Investment Authority. Autant d'indices qui semblent confirmer qu'Elon Musk entend bien se conformer à l'injonction de la justice américaine.

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Par ailleurs, l'homme le plus riche du monde s'est rendu, mercredi, au siège de Twitter, avec un lavabo dans les bras, pour ensuite publier une vidéo avec un jeu de mots sur le mot anglais "sink", qui peut signifier à la fois "lavabo" et "absorber l'information". Il s'est aussi rebaptisé "Chef Twit" sur son profil - "twit" voulant dire "crétin".

Probables remaniements à venir

Toutefois, s'il menait, finalement, à bien le rachat, Elon Musk entend remanier le réseau social selon ses envies. Le milliardaire a déjà annoncé vouloir sortir Twitter de la Bourse. L'entreprise échapperait alors plus facilement à tout contrôle extérieur. Le 4 octobre, lors d'une conférence sur les innovations chez Tesla, il avait pourtant déclaré qu'il était « essentiel » que son fleuron soit coté à Wall Street, "parce que si le public n'aime pas ce que fait Tesla, le public peut acheter des actions et voter différemment ».

«C'est très important que je ne puisse pas juste faire ce que je veux», avait-il ajouté, hilare.

Par ailleurs, il pourra remplacer immédiatement les membres du conseil d'administration et de la direction du groupe. Étant donné le ton de ses échanges par textos en avril avec Parag Agrawal, l'actuel patron risque de ne pas rester longtemps à son poste.

Et il ne sera sans doute pas le seul à partir. Elon Musk aurait indiqué à des investisseurs qu'il comptait, à terme, licencier quasiment 75% des 7.500 employés de Twitter, selon des informations publiées la semaine dernière par le Washington Post. « Cela a foutu un coup à pas mal de gens », note un employé de Twitter, qui a parlé à l'AFP sous couvert d'anonymat. Il a calculé, d'après les chiffres en interne, que plus de 700 salariés ont quitté le groupe depuis juin. « Ce sont plutôt des départs volontaires, soit pour des raisons éthiques, soit pour des raisons bassement financières, parce qu'une entreprise non cotée, c'est moins intéressant », estime-t-il, précisant que, lui-même, préfère laisser le « bénéfice du doute » à l'homme d'affaires, mais qu'il partira si la plateforme virait à l'extrême-droite.

D'autant qu'Elon Musk a d'ores et déjà affiché son intention d'assouplir la modération des contenus, qu'il juge trop stricte, comme le réclame la droite américaine. Il a aussi affirmé que la rentabilité n'était pas sa priorité, qu'il lutterait mieux contre les spams, et il a aussi fait des allusions cryptiques à "X", sa vision d'une application à tout faire (messagerie, réseau social, services financiers...), comme WeChat en Chine.

Un fardeau pour Tesla et SpaceX

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S'il ne vise pas la rentabilité, il est néanmoins certain que ce rachat est un poids financier lourd pesant sur les épaules de ses autres entreprises. La fortune personnelle d'Elon Musk est estimée à quelque 224 milliards de dollars par le magazine Forbes. Mais une grande partie de cette richesse consiste en ses actions Tesla et SpaceX.

«Nous allons évidemment payer beaucoup trop cher, mais le potentiel (de la plateforme) est largement supérieur à sa valeur actuelle »,a-t-il déclaré récemment à des analystes lors de la conférence sur les résultats de Tesla.

Pour boucler son financement, il a contracté 13 milliards de dollars de prêts bancaires adossés à Twitter et fait appel à des fonds d'investissement.

«C'est une situation brutale pour les actionnaires de Tesla qui doivent supporter ce fardeau, car Musk pourrait avoir besoin de vendre 5 à 10 milliards de dollars supplémentaires d'actions », estime Dan Ives, un analyste de Wedbush Securities.

Réponse demain.

(Avec AFP)

latribune.fr

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