Numérique : les grands chantiers du président Macron

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Pour développer le financement des startups, le nouveau président veut actionner le levier européen, avec la création d'un Fonds européen de financement en capital-risque, doté de 5 milliards d'euros pour les startups, chargé de repérer et de financer les futures licornes.
Pour développer le financement des startups, le nouveau président veut actionner le levier européen, avec la création d'un Fonds européen de financement en capital-risque, doté de 5 milliards d'euros pour les startups, chargé de repérer et de financer les futures licornes. (Crédits : POOL New)
L'ancien ministre de l'Économie s'est démené à Bercy en faveur du numérique, de l'innovation et des startups. Sera-t-il le président de la transformation digitale?

Financement de l'innovation, imposition des géants du Net, économie des données, protection de la vie privée, régulation du secteur de la culture, éducation, e-santé, réseaux de communication... Le président va se confronter à de nombreux enjeux liés au numérique. L'ancien ministre de l'Économie s'inscrit clairement dans la continuité du quinquennat de François Hollande, dont il partage en partie le bilan numérique.

Ses propositions font ressortir trois grandes priorités : amplifier la dynamique de l'innovation, réformer le fonctionnement de l'État et utiliser le digital dans tous les pans de l'action publique. Emmanuel Macron mise aussi sur l'Europe, notamment en ce qui concerne le financement de l'innovation et pour les enjeux de régulation des grandes plateformes numériques. Bien que peu prolixe sur l'impact économique et sociétal des nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle et la blockchain, le candidat d'En Marche ! a présenté un programme relativement complet, dans lequel le numérique occupe une place transversale.

Très haut débit, innovation, financement...

Le très haut débit sera l'un des sujets clef, qui faisait consensus chez tous les prétendants à l'Élysée. Emmanuel Macron veut poursuivre le Plan France Très haut débit lancé par François Hollande, pour couvrir en fibre l'ensemble du territoire d'ici à 2022. Il souhaite également favoriser le développement de la télémédecine et stimuler l'innovation dans la santé grâce aux startups.

Pour développer le financement des startups, le nouveau président veut actionner le levier européen, avec la création d'un Fonds européen de financement en capital-risque, doté de 5 milliards d'euros pour les startups, chargé de repérer et de financer les futures licornes.

En France, le candidat d'En Marche ! estimait que « stabilité et visibilité » en matière fiscale sont les principales conditions de l'innovation. L'Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) sera remplacé par un impôt sur la fortune immobilière (ISFI). Un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sera appliqué aux revenus du capital mobilier (intérêts, dividendes, plus-values mobilières...). Quant aux dispositifs existants d'aide à l'innovation (CIR, Crédit impôt innovation, dispositif Jeune Entreprises Innovantes), ils seront « sanctuarisés ». Le rôle de Bpifrance sera renforcé pour faciliter la transformation numérique des PME et des TPE.

Droit à l'expérimentation

En ce qui concerne l'usine du futur, Emmanuel Macron entend créer un fonds pour l'industrie et l'innovation de 10 milliards d'euros, financé par la vente d'actions dans des entreprises à participation minoritaire de l'État. Il veut enfin créer un droit à l'expérimentation pour faciliter le test de nouvelles solutions en permettant aux entreprises de déroger provisoirement aux dispositions en vigueur.

Emmanuel Macron veut aussi imposer une taxe européenne sur le chiffre d'affaires réalisé par les multinationales en Europe. Il souhaite aussi créer une agence européenne pour la confiance numérique, chargée de réguler les grandes plateformes numériques « afin d'assurer le respect d'une concurrence équitable et la protection des droits des utilisateurs ».

Emmanuel Macron pense que les logiciels libres jouent un « rôle essentiel » dans la future « stratégie globale d'achat numérique » de l'État... qui reste à définir. Pour protéger les données personnelles, il compte s'appuyer sur la législation européenne et renégocier l'accord Privacy Shield... qui entrera en application en 2018 et qui sera extrêmement difficile à reprendre.

Sur la lutte contre le terrorisme, Emmanuel Macron veut mettre la pression sur les géants du Net, mais son projet reste flou.

Il promeut une mission d'évaluation parlementaire sur la loi Renseignement, votée en 2015. Dans son programme, il soutient officiellement le chiffrement, qu'il veut même généraliser auprès des PME et TPE. Mais il a récemment indiqué qu'il compte prendre, dès l'été, une « initiative majeure et coordonnée » au niveau européen et avec l'Otan, pour imposer un « système de réquisition légale » aux entreprises pratiquant le chiffrement de bout en bout, comme Apple, Facebook sur Messenger ou encore WhatsApp.

Un Etat 100% numérique

Partant du principe que le numérique est un levier pour simplifier les services de l'État et faire des économies de fonctionnement, Emmanuel Macron s'est engagé à investir 10 milliards d'euros, issus de son plan d'investissements de 50 milliards d'euros, pour « redéfinir l'action publique », afin de réaliser en 2022 « 100% des démarches en ligne ».

L'ouverture des données (open data) est aussi une priorité pour Emmanuel Macron, qui veut créer une banque de données numériques réutilisables. Le candidat d'En Marche ! souhaitait aussi développer une véritable stratégie d'inclusion numérique, avec la création d'une plateforme collaborative pour les handicapés (accès aux diplômes facilité, partage des bonnes pratiques locales), d'un réseau d'accompagnement numérique sur tout le territoire pour les populations les plus fragiles. Dans le domaine de la culture, Emmanuel Macron souhaite l'émergence d'un « Netflix européen » et veut soumettre les plateformes de vidéo à la demande (VOD) à un quota de 50 % de diffusion d'oeuvres européennes.

Sur la question des droits d'auteur, il est favorable au maintien de la Hadopi, l'autorité critiquée de lutte contre le piratage. Emmanuel Macron a aussi proposé la mise en place d'un Pass Culture d'une valeur de 500 euros, destiné à tous les jeunes à partir de 18 ans pour leur permettre d'accéder aux activités culturelles de leur choix via une application. Ce Pass sera financé par les distributeurs et les grandes plateformes numériques.

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Commentaires
a écrit le 22/05/2017 à 15:32 :
un libéralisme cela fait plaisir de l'entendre de la bouche d'un président français, surtout le dialogue social dont nous rêvons au Mali aujourd’hui nous ne pouvons que souhaitez un meilleurs devenir de nos populations ,avec le dénouement certain des problèmes du nord Mali,je crois que le pays y compris les forces vives de la paix y ont mis le prix pour que cela cesse d'être un rêve pou le peuple Maliens et les forces armées de la sous région.
a écrit le 17/05/2017 à 14:04 :
Les sujets sont vastes néanmoins il y a quelques petites choses par lesquelles il pourrait commencer pour améliorer la stratégie numérique de la nation :

- Forfait moyen débit plat sans box (10mbps garantit) dans toutes les zones rurales et montagneuses.

- Déploiements de la fibre massivement dans toutes les agglomérations de plus de 9000hab.

- Mettre en place un haut commissariat d'aide à la digitalisation économique au sein duquel des conseillers et ingénieurs aideraient et conseilleraient les TPE/PME dans leur stratégie digitale et sécurité numérique.

- L'accélération du financement des startups innovantes afin de capter des licornes en France et SA et en Chine.

- Accélérer rapidement et définitivement le déploiement de la radio terrestre numérique sur l'ensemble du territoire métropolitain et des DOM-TOM.

- Mettre en place un maillage territorial (surtout en zone de fort chômage) des formations informatique tant en ingénierie qu'en développement et programmation.

- Favoriser un grand plan de sécurisation des infrastructures stratégique de la nation au niveau numérique mais également des entreprises sensibles (industries, matériel militaire, centrales énergétiques, banques, assurances etc ...). Une sorte de "great firewall" à la française qui permette de se prémunir d'une partie des attaques que subissent les infrastructures occidentales depuis quelques années. Et limiter ainsi l'espionnage industriel.

- Permettre les interconnexions téléphonique et surtout la connectivité web/data dans tous les transports (Bus, Tramway, Métro, Rer, Transiliens, TGV, Avions et Ferry). Les technologies existent il n'y a plus qu'à les déployer.

- Améliorer le système d'alerte attentat via des applications smartphone plus sensibles et plus ubiquitaires permettant de prendre des photos, des sons et des vidéos courtes pour rendre compte aux force d'intervention.

- Permettre les dépôts de plainte pour des délits mineurs (vol de téléphone, insultes verbales etc ...) via Internet avec l'assistance temps réel d'un officier de police judiciaire ce qui permettrait de ne plus remplir inutilement les commissariats, de tout de même permettre à chacun de porter plainte et d'avoir un système de visio-conférence directement avec l'officier de police judiciaire comme si on était en direct avec lui. Pour les zones rurales notamment ce serait d'une aide précieuse. Cela permettrait de systématiser les mains-courantes et qu'elles soient automatiquement numérisées dans des bases de données de police au niveau nationale.

- Conforter la neutralité du net au niveau français et européens afin d'éviter l'internet à deux vitesse des USA ou les pauvres auraient un Internet limité et lent et les riches accès à tout.

- Mettre en place une application de constatation des infractions avec possibilité de prise de photo/vidéos/sons pour les forces de l'ordre. On pense ici au dépôts sauvages d'ordures en forêt, au déversement de produits polluants dans les cours d'eau, aux départs de feu en zone à risques etc ... . Cela permettrait aux forces de l'ordre d'avoir un faisceau de preuve au travers des constatations citoyennes quotidiennes qui seraient remontées au sein de BDD nationales.

Il y a d'autres nombreux chantiers qui doivent être menés mais ceux là me semblent prioritaires.
a écrit le 17/05/2017 à 13:52 :
"Un Etat 100% numérique" : il a raison, comme ça quand un virus aura bloqué tout le réseau (pure hypothèse, bien sûr !), on n'aura pas l'air con sans papier ni crayon :-(( !!
a écrit le 17/05/2017 à 11:38 :
- « l'usine du futur », un retard énorme à combler par rapport aux pays voisins (5 fois moins de robots qu’en Allemagne, moins que l’Italie et l’Espagne). Mieux vaut une usine, même avec très peu d’ouvriers que pas d’usine du tout. D’autant plus que l’on dispose déjà du vivier de techniciens et d’ingénieurs. Un marché avec 15 % de croissance par an, qui oserait passer à côté ?

- « stabilité et visibilité fiscale et impôt sur la fortune immobilière logique », il faut orienter les capitaux vers l’investissement productif et non vers l’immobilier ou les obligations.

- LE chantier le plus difficile :
« redéfinir l'action publique, simplifier les services de l'État et faire des économies de fonctionnement » : il serait temps, à 57 % du PIB.
Au lieu de s’acharner sur le secteur privé, qui paye déjà un lourd tribut à la crise économique, à la mondialisation, à la robotisation,… il serait temps de réformer sérieusement les services dépendant de l’Etat. Ce n’est même plus un choix de compétitivité, c’est devenu une question de justice.
Peut-on changer le « système » de l’intérieur ? On va le savoir très rapidement, car comme le titre un journal du mercredi, c’est « l’Enarchie » au pouvoir.
Ayant été formés pour cela, les énarques sont certainement les plus aptes à corriger les dysfonctionnements.
C’est difficile, on ne sait par quel bout prendre ce problème quasi kafkaïen. Par la tête, facile, on a théoriquement à faire à des gens censés, mais ont il les compétences pour engendrer et accompagner le changement ? Et en dehors de la grille hiérarchique, ont-ils une réelle capacité de choix, d’orientations et de méthodologie ?
Les réformes mises en œuvre devraient théoriquement l’être sur la base d’organisations et de processus irréprochables. Ce qui est quasiment impossible, étant donné le passif de complexité engendrée à la fois par les politiques, par le législatif ou par les énarques eux mêmes.
Il y a tellement de pouvoirs et de contrepouvoirs, de procédures et de complexités accumulées que des services sont devenus quasi-incontrôlables (j’exagère à peine). Le complexité est contreproductive et peut rendre toute nouvelle décision inapplicable.
Pour sortir de la caricature du fonctionnaire qui continue de « fonctionner », quoi qu’il arrive et quel que soit l’objectif à atteindre, il faut des capacités de discernement pour amener à des responsabilités et des prises de décision. Ce qui peut aussi présenter des inconvénients, par un excès de zèle ou un usage détourné. D’où l’obligation d’avoir systématiquement des voies de contrôle et de recours, par des services de l’état mais aussi et surtout par des comités externes. Sinon il y a aussi une forme de conflit d’intérêt et on ne peut à la fois prôner la responsabilité et s'en exonérer soi même.

On pourrait partir de la fonction, en réponse au besoin initial, qui est avant tout un besoin de service d’État, mais de service tout de même, avec une notion de qualité/prix.
On touche autant à la philosophie, à la psychologie qu’à l’organisation.
Il y a tout de même un élément qui prime, c’est le droit (la justice) et il devrait s’appliquer de la même manière à tous.

Sur la thématique du numérique : Andrew McAfee, Nicolas Colin et Henri Verdier, études Roland Berger, etc… Pour le benchmarking voir les tableaux comparatifs de l'OCDE : https://data.oecd.org/fr/gouvernement.htm

Ce ne sont ni les idées, ni les propositions qui manquent, tellement diverses et variées que l’on croirait presque que c’est un problème que l’on se traine depuis des décennies.

Énarque, polytechnicien, ENS, Cnam, ou CAP… peu importe, sortez nous de ce bourbier !
a écrit le 17/05/2017 à 11:27 :
À quand Linux dans toutes les écoles , administrations, entreprises... etc !
a écrit le 17/05/2017 à 11:26 :
Le président Macron et son ministre tout deux énarques ne réformeront pas ni l'état et la fonction publique ainsi que territoriale. les serviteurs de l'état pourront continués avec leur semaines de 32 heures de travail, leur absentéisme stratosphérique, leur congés au-dessus du légal, leur rémunération trop élevé par rapport à leur faible productivité, le service rendu médiocre, le m'en foutisme de l'usage contribuable, le naufrage de l'éducation national, sureffectis, etc... avec la complicités des syndicats publiques préfèrant défendre leur égoïsmes, avantages et privilèges quittent à sacrifier les futures générations et mettre en faillite notre pays ! Tellement plus facile de continuer à taper sur le privé !

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