Que va faire Apple de ses 268 milliards de dollars de cash en 2018 ?

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Lors de la publication de ses résultats annuels, Apple disposait de 268,9 milliards de dollars de cash pour l'année 2017.
Lors de la publication de ses résultats annuels, Apple disposait de 268,9 milliards de dollars de cash pour l'année 2017. (Crédits : Regis Duvignau)
2017 a été une année juteuse pour Apple. Alors que la réforme fiscale de Trump prévoit d'abaisser l'impôt sur les bénéfices réalisés à l'étranger par les multinationales, Apple pourrait rapatrier une partie de sa trésorerie. Selon plusieurs analystes, le fabricant d'iPhone s'apprêterait à ramener environ 200 milliards de dollars sur le sol américain. De quoi nourrir les spéculations sur de potentielles acquisitions, comme Netflix.

Apple est assis sur une trésorerie impressionnante de 268,9 milliards de dollars... Ne reste plus qu'à savoir comment les dépenser en 2018. Alors qu'une majeure partie de cette somme était jusqu'ici hébergée à l'étranger afin d'échapper au fisc américain, la firme à la pomme devrait se décider à en rapatrier une partie cette année. En effet, la réforme fiscale de Trump prévoit d'abaisser l'impôt sur les sociétés à 21% (contre 35% actuellement). Le taux d'imposition des bénéfices réalisés à l'étranger par les multinationales, et rapatriés sur le sol américain, est également abaissé de 35% à 15,5%. De quoi inciter les entreprises américaines, comme Apple, à retrouver le chemin de la maison.

Les entreprises tech devraient ainsi rapatrier entre 300 à 400 milliards de dollars en 2018 - dont 200 milliards de dollars uniquement apportés par Apple, d'après une note du cabinet d'études GBH Insight, publiée le 4 janvier. Les spéculations vont bon train. Le fabricant d'iPhone, qui verse déjà environ 12 milliards de dollars par an à ses actionnaires sous forme de dividendes, pourrait décider d'en faire profiter encore davantage les investisseurs. En effet, en mai dernier, la firme de Cupertino avait annoncé vouloir consacrer plus de 300 milliards de dollars à son programme de rachat d'actions d'ici 2019 - permettent ainsi de faire monter le cours en Bourse et de favoriser les plus-values.

Vers le rachat de Netflix ?

Autre spéculation tenace : Apple pourrait en profiter pour faire quelques acquisitions, notamment pour muscler sa stratégie vidéo dans un marché déjà très prisé. Toujours dépendant de son iPhone, qui représente plus de 65% de son chiffre d'affaires global, Apple doit s'assurer de nouveaux relais de croissance. Mais en matière de streaming, l'entreprise de Tim Cook arrive sur le tard, bien après Netflix, Amazon, HBO ou encore Hulu. En effet, elle a annoncé vouloir dépenser 1 milliard de dollars dans des contenus originaux en 2018 quand Netflix table entre 7 à 8 milliards sur la même période.

Lire aussi : Streaming vidéo : Apple peut-il s'imposer face à Netflix, Amazon Prime et HBO ?

Depuis début janvier, une rumeur circule : et si Apple mettait la main sur le géant Netflix, valorisé plus de 80 milliards de dollars ? Une note de Citi Research donnait cette acquisition probable à 40%, a dévoilé Business Insider au début du mois. Une telle opération permettrait à Apple de capter les plus de 110 millions d'abonnés de Netflix. Mais cela serait inédit. Historiquement, la culture de l'entreprise mise sur des développements en interne pour diversifier son écosystème - et non sur une fusion-acquisition de grande ampleur. L'année dernière, le PDG Tim Cook laissait pourtant la porte ouverte, expliquant ne pas s'intéresser à la taille d'une entreprise mais à sa "valeur stratégique".

La plus grosse acquisition de l'histoire d'Apple remonte à 2014, où il a mis la main sur les casques Beats pour 3 milliards de dollars. Depuis, les achats de la Pomme se sont fixés pour limite 500 millions de dollars maximum, comme pour Anobit Technologies en 2011. Ce qui est bien loin des sommes déboursées par les autres géants de la tech, comme Microsoft, capable de dépenser 26,2 milliards de dollars pour s'accaparer LinkedIn.

À défaut de concrétiser cette opération, Apple devra être en mesure de rivaliser avec Game of Thrones (HBO), Stranger Things (Netflix) ou encore Le Seigneur des anneaux (Amazon). C'est pourquoi la firme de Cupertino s'est offert en octobre dernier les services de Steven Spielberg pour faire revivre Amazing Stories, série phare des années 80.

Plus d'indépendance vis-à-vis de ses fournisseurs

Au-delà de la vidéo, Apple pourrait aussi continuer de développer son indépendance vis-à-vis de ses fournisseurs. En 2017, il a déjà annoncé travailler sur ses propres puces de gestion de l'énergie, destinées à être intégrées à ses smartphones dès cette année. En avril dernier, Apple avait carrément annoncé, à l'horizon 2018, la fin de sa collaboration avec le fournisseur britannique de puces, Imagination Technologies. La raison ? "Apple travaille indépendamment sur sa propre puce". Mi-novembre, il a également racheté InVisage Technologies, spécialisée dans les capteurs photo.

Lire aussi : iPhone : pourquoi Apple veut couper le cordon avec ses fournisseurs

Si l'année 2017 a été marquée par la sortie de l'iPhone X, avoisinant les 1.000 dollars, 2018 devrait être marquée par la sortie de l'enceinte connectée Apple, baptisée HomePod. Le géant américain arrive, là encore, après Google et Amazon, mais il envoie un premier signal pour son entrée dans l'univers de la maison connectée.

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Commentaires
a écrit le 09/01/2018 à 16:58 :
Apple ne doit pas dépenser ses 268 milliards de dollars de cash. Il va en avoir besoin. Car eux il ne seront pas épargné comme Volkswagen et les moteurs truqués en France.
a écrit le 09/01/2018 à 16:33 :
Tant que les pigeons n'ont pas l'impression de surpayer des produits fabriqués par des ouvriers sous-payés ...
a écrit le 09/01/2018 à 14:02 :
Netflix n'est pas du tout une entreprise qui vaut 80 milliards de dollars c'est du vent. Si Apple veut faire un achat judicieux je dirais Samsung (oui oui ça vaut 200 milliards) ou éventuellement Intel et Nvidia pour leur savoir faire dans les puces, mais certainement pas un achat si éloigné de leur métier. Rappelez vous Vivendi.
Réponse de le 09/01/2018 à 20:48 :
Je parierais davantage sur Intel et Nvidia... Samsung est trop cher et je n'y croie pas du tout... À moins que Apple veuille s'en prendre frontalement à Huawei... là Samsung peut être un beau Cheval de Troie... mais c'est une pure spéculation.

Spotify me semble aussi une belle cible... et certaines entreprises très innovantes en sécurité informatique.

À partir de là... ma boule de cristal commence à s'assombrir. :-)

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