Depuis des années, Bruxelles souhaite conserver un haut niveau de concurrence dans tous les pays membres, afin de maintenir des prix bas pour le consommateur.
Selon nos informations, les autorités concurrentielles européennes seraient opposées à un retour à trois opérateurs dans l’Hexagone. Cette perspective agite le marché ces derniers mois, notamment depuis que Patrick Drahi s’est montré ouvert à d’éventuels rapprochements concernant son opérateur SFR.
Pour Bruxelles, une consolidation du marché des télécoms en France, c'est « non ». C'est ce que rapporte à La Tribune, sous couvert d'anonymat, un opérateur français qui a récemment sondé la Commission européenne à ce sujet. Cette perspective « est
complètement
inenvisageable
», affirme-t-il
.
Contacté, Bruxelles n'a pas répondu à nos sollicitations.
Cela signifie, concrètement, que la perspective d'une fusion entre SFR avec un de ses rivaux dans l'Hexagone serait, aujourd'hui, impossible. Bruxelles camperait, en clair, sur ses positions - à savoir conserver une forte concurrence dans tous les pays membres, afin de maintenir des prix bas pour le consommateur. Une approche qui fait, depuis bien longtemps, l'objet de vives critiques de la part de nombreux opérateurs européens, qui déplorent l'affaiblissement du secteur tandis que les investissements dans la fibre et la 5G vont crescendo.
Ces derniers mois, la possibilité d'une consolidation en France a pourtant été envisagée. Comme La Tribune l'a indiqué en octobre dernier, les banquiers de Patrick Drahi, le propriétaire d'Altice, la maison-mère de SFR, ont approché Bouygues Telecom et Free pour discuter d'un éventuel rapprochement.
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Patrick Drahi cherche aujourd'hui à vendre des actifs pour diminuer l'énorme dette d'Altice France, qui s'élève à 24 milliards d'euros. Le milliardaire est en quête de 3 milliards d'euros pour la raboter, et redevenir plus fréquentable vis-à-vis des marchés et des investisseurs. En novembre dernier, Altice a déjà vendu 257 de ses data centers à la banque d'affaires américaine Morgan Stanley, contre 530 millions d'euros. Une arrivée de cash bienvenue, mais qui ne suffit pas.
Depuis des semaines, les spéculations vont bon train, dans le petit monde des télécoms, sur les autres actifs qu'Altice France serait disposé à vendre. Il y a SFR en tant qu'opérateur grand public. Si l'opposition de Bruxelles à une consolidation sur le marché de détail interdit, sur le papier, tout mariage avec un Bouygues Telecom ou un Free, rien n'empêche Patrick Drahi de le vendre, ou d'ouvrir son capital, à un acteur extérieur. Il y a aussi la partie dédiée aux télécoms d'entreprises, « laquelle est déjà isolée dans une filiale », souligne un bon connaisseur du secteur. Et il y a également XpFibre, où est logé le réseau de fibre de SFR.